img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
BUSINESS

Biscuiterie. Mondelez malmenée par les marques d'Excelo

Le marché du biscuit est marqué par une inexorable convergence des parts du géant international Mondelez avec le petit poucet marocain Excelo. Eclairage.

Biscuiterie. Mondelez malmenée par les marques d'Excelo
Nabila Fathi
Le 20 juillet 2016 à 12h35 | Modifié 20 juillet 2016 à 12h35

Excelo, filiale du groupe Anouar Invest et Mondelez continuent de se livrer bataille sur le marché de la biscuiterie, une bataille où le paramètre prix est essentiel.

La courbe l’évolution des parts de marché des principaux opérateurs de la biscuiterie au Maroc est éloquente. Jusqu’à fin avril 2016, les chiffres globaux du cabinet Nielsen qui nous ont été communiqués par des intervenants du secteur montrent clairement que les deux courbes, celle d’Excelo et celle de Mondelez continuent de se rapprocher fortement. En trois ans, la différence de parts de marché qui était de 20 points n’est plus que de 5 points.

Sur une période de trois années, d’avril 2013 à avril 2016, Mondelez Maroc (Tango, Merendina, Tagger, Tonik, Okey, Diafy, Oréo… ) est passé de 38% à 31% de part de marché. Pendant la même période, son challenger Excelo (Top Cookies,  Eyo’o, Momo, Crak’s, Choc’up, Petit Blé, Sergio, Genova, Silivia, Biggy…) a amélioré sa position en passant de 18% à 26%.  

A fin avril 2016, Henry’s détenait 8% de parts de marché, Alimani 5%, Bipan 5%, Redafood 2% et les autres petites marques 23%. Ces autres, ce sont des petits producteurs qui constituent une offre atomisée en plus des distributeurs locaux de produits importés.

Précisons que pour ce qui est de la période d’avant octobre 2014, date de la fusion Kraft-Bimo donnant naissance à Mondelez Maroc, les chiffres que nous rapportons prennent en considération le cumul des parts des deux opérateurs.

Une fusion sur laquelle le top management de l’entreprise plaçait beaucoup d’espoirs. A l’époque, l’opérateur détenant 37% de parts de marché avait explicitement affiché l’ambition de renforcer davantage sa position en profitant du savoir-faire de la maison-mère Mondelez, leader mondial de la biscuiterie. Sauf qu’une année plus tard, la baisse devenait palpable.

Excelo très agressif

A sa création en 2004, Excelo avait le statut de simple importateur de biscuits, entre autres produits. Ce n’est qu’à partir de 2008, que l’entreprise devient producteur, en investissant dans trois usines (acquisition de Biscolux en 2008 et de Cahimsa et Fapasa en 2009). 3 millions d’unités y sont produites par jour sous 13 marques englobant biscuits, génoises, gaufrettes et madeleines.

Dès le début, Excelo a pratiqué une politique commerciale agressive. Quand la concurrence vend le biscuit à 2 DH, il propose le sien, dans la même gamme, à 1 DH.  

L’exemple Oréo est édifiant. Le célèbre biscuit ayant fait un tabac dans le monde entier, doit composer avec un redoutable rival qui répond au nom d’Eyo’o, un produit lancé par Excelo en 2014.  Mondelez savait à quoi s’attendre.

En mars 2015, ce dernier cherche à frapper un grand coup en réduisant le prix d’Oréo de 3 DH, passant ainsi de 5 à 2 DH seulement. Pour y arriver, Mondelez Maroc s’est appuyé sur la fabrication locale au niveau de sa nouvelle usine de Aïn Sebaa à Casablanca, dans laquelle le biscuitier a investi 105 MDH, pour une capacité de production de 900 millions d’unités par an.

Un effort contrecarré par la présence d’Eyo’o, un produit qui se veut semblable aussi bien au niveau du goût, de l’aspect général qu’au niveau de l’emballage, mais proposé à 1 DH. “Nous nous sommes démarqués de ce qui existait sur le marché, le consommateur nous a adoptés, au grand dam des offres historiques ou génériques“, selon une source d'Excelo.

Outre Eyo’o, le biscuit Momo, concurrent direct de Tango (Mondelez) sort du lot. Il est présenté par Excelo comme étant le produit phare de l’enseigne et le 1er sur le plan national en termes de consommation.

Interrogé sur les raisons d’une perte de vitesse avérée et sur sa stratégie pour monter en puissance, Mondelez Maroc n’a pas donné suite à nos questions, adressées au service de la communication 15 jours avant la publication de cet article. 

 

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Nabila Fathi
Le 20 juillet 2016 à 12h35

à lire aussi

Tunnel de l’Ourika. Pourquoi ce projet à 10 milliards de DH peut changer le destin de tout le Sud-Est du Royaume
SOCIETE

Article : Tunnel de l’Ourika. Pourquoi ce projet à 10 milliards de DH peut changer le destin de tout le Sud-Est du Royaume

Reliant Marrakech à Ouarzazate, le tunnel de l’Ourika figure parmi les projets d’infrastructure les plus stratégiques du Maroc contemporain. Mais malgré les nombreuses relances, aucun calendrier de réalisation clair n’a encore vu le jour, alors que les études de faisabilité restent suspendues au creusement d’une galerie de reconnaissance. Le point sur un chantier à 10 milliards de DH, au croisement d’enjeux techniques, économiques et territoriaux.

Le Maroc en retard sur le Nouveau Modèle de développement, la trajectoire actuelle est insuffisante (BM)
ECONOMIE

Article : Le Maroc en retard sur le Nouveau Modèle de développement, la trajectoire actuelle est insuffisante (BM)

Cinq ans après le lancement du Nouveau Modèle de développement (NMD), le Maroc avance, mais pas encore au rythme requis. Les réformes engagées améliorent la trajectoire, sans suffire à atteindre les objectifs fixés pour 2035. Pour rattraper cette échéance, le pays doit combiner des marchés plus efficaces, des entreprises plus dynamiques et un investissement public mieux ciblé. Il doit aussi mieux intégrer les femmes et les jeunes au marché du travail.

Un droit de réponse de Setrat à Médias24
Quoi de neuf

Article : Un droit de réponse de Setrat à Médias24

À la suite de notre article du 2 avril 2026 sur le redressement judiciaire de Setrat, la société nous a adressé un droit de réponse que nous publions ci-dessous.

Élection CGEM. Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri dévoilent leur programme avant l'AG élective du 14 mai 2026
ECONOMIE

Article : Élection CGEM. Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri dévoilent leur programme avant l'AG élective du 14 mai 2026

À quelques jours de l'assemblée générale élective, les deux candidats à la présidence et à la vice-présidence générale de la CGEM ont présenté un programme articulé autour de l'environnement des affaires, de la souveraineté productive, de l'innovation, du rayonnement international et des synergies internes. Ils portent l'ambition de faire passer la Confédération d'un rôle de plaidoyer à celui de la réalisation et de l'impact.

Coupe du monde 2026. Soufiane Benjdida, un sacré candidat
Football

Article : Coupe du monde 2026. Soufiane Benjdida, un sacré candidat

Meilleur buteur de la Botola Pro, l’attaquant du Maghreb Association Sportive de Fès est impliqué dans plus de la moitié des réalisations de son équipe. Grâce à un ratio qui frise le but par match, l’attaquant met toutes les chances de son côté afin de participer au Mondial 2026. D’autant que ses concurrents ne sont pas dans la forme de leur vie.

Élections 2026 : la FGD et le PSU feront front commun
Elections 2026

Article : Élections 2026 : la FGD et le PSU feront front commun

Réunis séparément le dimanche 10 mai à Casablanca et à Mohammédia, les deux conseils nationaux ont validé des candidatures communes et une répartition des circonscriptions, quatre ans après les divisions de 2021.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité