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Causerie religieuse animée par la juriste Azizah Al-Hibri

Causerie religieuse animée par la juriste Azizah Al-Hibri
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Le 3 juillet 2016 à 9h10 | Modifié 3 juillet 2016 à 9h10

Cela est désormais devenu une tradition de voir l’une des causeries religieuses du mois de ramadan, présidées par le Souverain, animée par une femme.

Cette fois-ci, pour la 5e causerie de Ramadan 2016, tenue le samedi 2 juillet au palais royal d Casablanca, il s’agissait de Mme Azizah Al-Hibri, qui a été professeur de droit à l’université de Richmond aux USA et qui a soulevé le thème: “Le vice de l'orgueil dans ses manifestations modernes", s'inspirant du verset coranique : "Et lorsque Nous demandâmes aux Anges de se prosterner devant Adam, ils se prosternèrent, à l'exception d'Iblis qui refusa, s'enfla d'orgueil et fut parmi les infidèles“.

Mme Al-Hibri s’intéresse toujours dans ses exposés, au dialogue des civilisations. Elle a souvent rappelé que la Charte de Médine, conçue et signée par le Prophète de l’islam, fut le fondement le plus ancien de la citoyenneté.

Cette fois-ci, elle estime que ce document a fondé le fédéralisme et n’exclut pas que le président américain Jefferson s’en soit inspiré.
Après avoir fait observer que le Coran met en garde dans des dizaines de sourates contre l’orgueil, non pas en tant que comportement individuel, mais comme un agissement collectif qui influe sur la politique, elle a noté que l’orgueil politique se manifeste actuellement sous de nouvelles formes et que ses victimes sont les personnes les plus faibles de la société.
La conférencière a articulé son intervention sur trois grands axes, à savoir le danger de l’orgueil, les raisons de son interdiction et son bannissement, ainsi que ses conséquences, la situation des musulmans au sein de la société de l’information qui a chamboulé toutes les équations et fait émerger de nouveaux défis qui requièrent une pensée clairvoyante qui tienne compte de la mise en garde par le Très-Haut contre l’orgueil et la nécessité de s’ouvrir sur autrui tout en préservant les valeurs de la Oumma.
Rappelant qu’à l’aube de l’islam, les musulmans avaient puisé dans les civilisations grecque et romaine, en dépit des différences religieuses et des conflits armés répétés, pour construire une grande civilisation qui a marqué l’histoire et que les pays européens et d’autres régions du monde avaient également tiré profit de la civilisation islamique, elle a indiqué que plusieurs travaux de recherche évoquent l’apport positif de la civilisation islamique à l’Europe, ce qui n’est pas le cas pour l’histoire des relations civilisationnelles et politiques des Etats-Unis avec les pays musulmans et la pensée islamique.
Elle a relevé que même si au 18è siècle, le tempérament populaire a été influencé par les idées d’orientalistes erronées sur l’islam, certains pères fondateurs des Etats-Unis ont veillé à approfondir leurs connaissances de l’islam et de la civilisation islamique, citant en exemple le troisième président américain Thomas Jefferson dont la bibliothèque comprenait au moins une copie du Saint Coran et plusieurs ouvrages sur les anciennes civilisations y compris islamique. Cela montre, a-t-elle ajouté, qu’il était conscient de l’importance de s’ouvrir sur ces civilisations et de s'en inspirer, pour développer le modèle de gouvernance américain.
Jefferson, qui a commencé à s’intéresser à l’islam alors qu’il était étudiant, avait une copie du "Coran Sale", un ouvrage en deux tomes du britannique George Sale, paru en 1734 et traitant de l’histoire de la civilisation islamique et de la traduction du Coran.
Elle a fait observer que Sale a soulevé, dans son ouvrage, un point essentiel qui aurait probablement inspiré la pensée et les écrits de Thomas Jefferson, en l’occurrence le Hadith du prophète qui a indiqué qu’"il est venu pour annoncer aux Hommes la bonne nouvelle et les mettre en garde" sans toutefois obliger quiconque à embrasser l’islam.
Jefferson a exprimé un point de vue similaire dans ses écrits sur la liberté de culte, a-t-elle dit, se demandant si le troisième président des Etats-Unis, à l’origine de la loi sur la liberté de culte en Virginie, n’a pas été inspiré par le Coran pour formuler sa position sur la liberté religieuse.
Evoquant le concept du fédéralisme dans la Constitution américaine, elle a fait savoir qu’une brève comparaison avec la Charte de Médine, qui représente le plus ancien mode de gouvernance fédéral, révèle des similitudes intellectuelles et juridiques fondamentales. Elle a, par ailleurs, indiqué que la position arrogante et rejetant les autres civilisations ignore l'histoire de la Constitution américaine et le principe de l'alternance des civilisations.
Abordant le troisième axe de son intervention, elle a indiqué que le monde évolue à l’ère de la troisième révolution technologique, qui a changé nos modes de réflexion, notre vision du monde et l’accès à l’information, soulignant que les jeunes ont abordé cette nouvelle ère, sans qu’ils soient préparés et sans garde-fous intellectuels, à même de les prémunir contre toute manipulation faisant d’eux des proies faciles aux pièges d’Iblis.
Par la suite, le ministre des Habous et des affaires islamiques, Ahmed Toufiq, a remis au Roi une copie du Saint Coran (Al Moshaf Al Mohammadi), enrichi d’enluminures originales.
La commission scientifique de la Fondation Mohammed VI pour l’édition du Saint Coran a supervisé l’édition, la vérification et la correction de cette copie, qui se caractérise par des touches inventives dans les couleurs.

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Le 3 juillet 2016 à 9h10

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