Papeterie: Med Paper répond aux critiques des imprimeurs et des importateurs
Suite à la récente sortie médiatique des professionnels de l'imprimerie et de l'importation du papier et du carton, contre la nouvelle mesure de sauvegarde sur l'importation du papier en bobines et en rames, le management de Med Paper, compagnie à l'origine de cette mesure, réagit et s'explique, auprès de Médias 24. Selon lui, la part de marché de Med Paper est passée de 52% à 2%, à cause des importations massives.
Le conflit persiste dans le secteur de la papeterie. Mohsine Sefrioui, PDG de Med Paper, s’indigne à son tour contre les différentes allégations des professionnels de l’imprimerie et de l’importation de papier et de carton à l’encontre de sa compagnie.
Des allégations liées, selon lui, à la nouvelle mesure de sauvegarde portant sur la taxation de 25% ad valorem des importations de produits papiers: «Med Paper a entamé la démarche d’obtention de cette mesure depuis plus de deux ans, durant lesquelles les professionnels de l’imprimerie et de l’importation ne se sont jamais montrés pour dénoncer quoi que ce soit», souligne-t-il.
Pour rappel, l’Association professionnelle marocaine des imprimeurs, avec l’Association marocaine des importateurs de papier et de carton, ont critiqué, dans une récente sortie médiatique, cette nouvelle mesure de sauvegarde, en indiquant que les problèmes de Med Paper vont au-delà des importations massives à l'origine de la nouvelle imposition. Ils avancent que la compagnie reste défaillante en matière de qualité des produits et des services qu'elle offre.
Ce à quoi M.Sefrioui répond: «Nos clients ne se sont jamais plaints lorsque Med Paper était encore leur principal fournisseur. Ces accusations ne sont qu’un prétexte pour bénéficier d’un prix défiant toute concurrence de la part des fournisseurs fournisseurs européens, qui liquident leurs surplus de production".
Il ajoute: «Il est légitime de chercher les prix les moins chers. De notre part, nous avons également fourni des efforts en suivant cette tendance de baisse des prix, pour l’aligner sur le coût de revient à un certain moment et même en vendant à perte. C'est un rythme sur lequel nous ne pouvions plus continuer».
Ces efforts, notre interlocuteur les qualifie de "sacrifices". Des sacrifices réalisés pour s’adapter à une baisse des prix "conjoncturelle" et "passagère". Le choix d’importer au lieu de se fournir localement a fait que la part de marché de Med Paper a dégringolé, pour passer de 52% en 2013 à 2% actuellement.
Le PDG de Med Paper ajoute que des négociations ont eu lieu entre les deux parties pour tenter de résoudre les différends: "La mesure de sauvegarde est là, mais nous pouvons envisager d’autres solutions, comme la vente à des prix spéciaux ou la possibilité de se fournir en partie chez nous et à l’import pour l’autre partie", nous affirme-t-il.
Il ajoute: «Nous voulons sauver Med Paper, qui est la dernière société marocaine de production de papier, afin d’éviter d’être totalement dépendants de l’importation. Ce serait inadmissible. Mais nous ne voulons rien imposer et nous ne voulons pas sauver notre entreprise au détriment d’autres industries».
Par ailleurs, M. Sefrioui insiste pour apporter une réponse à toutes les critiques émises à l’égard de Med Paper, qui ne sont, selon lui, que des prétextes pour justifier le recours à la concurrence déloyale des produits importés. Sur les délais de livraison, par exemple, il réplique que celle-ci se fait dans les 24 heures suivant les commandes et qu’en plus, Med paper a l’avantage de la proximité, puisqu’elle dispose de centres de dépôt à travers tout le Royaume, ainsi que d’une flotte de camions prêts à desservir toutes les destinations.
Il ajoute que même si Med Paper opère sur les deux activités, la production et la transformation de papier (en cahiers, agendas, etc.); cela n’implique en rien une concurrence déloyale vis-à-vis des autres entreprises opérant uniquement sur la transformation de papier: «Nous vendons au prix du marché, parce que nous respectons celui-ci. D’ailleurs, le papier produit par l’unité production de notre usine est vendu à l’unité de transformation. Nous ne pouvons concurrencer nos clients».
En outre, Med Paper estime que l’importation de la totalité de sa pâte à papier, matière première vitale pour sa production, ne contribue aucunement à sa situation actuelle et ne représente pas une entrave à son développement: «Nous n’avons pas assez de forêts au Maroc pour fabriquer de la pâte localement. Qui plus est, il y a plusieurs gros producteurs de papier, comme la Chine, qui importent leur pâte», estime M.Sefrioui. Il rappelle à cet effet l’exemple de Cellulose du Maroc, qui produisait de la pâte à papier, mais qui a dû fermer ses portes en 2013 après plusieurs déficits cumulés.
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