Emploi, émigration, éducation…ce qu’en pense la jeunesse marocaine.
Le Cesem a enquêté de décembre 2015 à mars 2016 auprès de 2.000 jeunes Marocains âgés de 15 à 29 ans.1.200 vivaient en milieu urbain et 800 en milieu rural. Premiers résultats.
En dehors de quelques effets d’annonce, la forte attention médiatique dont font l’objet les jeunes depuis le printemps arabe n’a pas eu son équivalent en stratégies d’inclusion, constate d’emblée le centre de recherche Cesem, affilié au groupe HEM.
Les premiers résultats de l’enquête réalisée par questionnaire et publiés sur Economia portent sur l’éducation, l’emploi, l’insertion sur le marché du travail et les mobilités des jeunes. Ceux relatifs à la culture, à l’engagement politique, au genre et aux occupations des jeunes seront dévoilés ultérieurement.
Une forte dépendance des structures familiales, mais…
82% des personnes sondées vivent encore avec au moins un des deux parents, et 45,1% ne possèdent pas leur propre chambre.
Toutefois, l’enquête révèle que les jeunes disposent de plus en plus de nouveaux "gadgets" technologiques, leur donnant un sentiment de liberté et d’indépendance: lecteurs DVD (45,2%), smartphones (65,4%), ordinateurs portables (37,1%), MP3/iPod (18,4%), jeux vidéo (12%). 22,2% d’entre eux disposent d’une connexion Internet.
L’éloignement de l’école et le manque de transport montrés du doigt
Les jeunes enquêtés sont environ 6,2% en milieu urbain à n’avoir jamais été scolarisés, un pourcentage qui augmente à 15,5% en milieu rural, contre 22% à avoir atteint un niveau d’enseignement supérieur.
Parmi les jeunes ayant quitté leurs études avant la fin, 9,5% montrent du doigt l’éloignement de l’école, 5,3% le manque de transport et 11,5% la nécessité de travailler pour aider leurs familles.
L’emploi précaire domine
Selon l’enquête, 30,6% des interviewés ont travaillé pour la première fois alors qu’ils n'étaient âgés que de 11 à 15 ans et 44% ont débuté entre 16 et 20 ans. Ceux qui n’ont accédé au premier emploi qu’après l'âge de 25 ans, ne représentent que 3,7%.
184 jeunes sont des travailleurs indépendants ou des employeurs. L’aide de la famille a participé à hauteur de 60,9% à la création de leurs structures. Les dispositifs gouvernementaux d’aide à l’emploi interviennent à hauteur de 21,2% et les crédits bancaires à hauteur de 18,5%.
Seuls 16% des actifs disposent d’un contrat à durée indéterminée, alors qu’environ 74% travaillent dans la précarité. Plus de 79% ne sont pas affiliés à la CNSS.
Par ailleurs, une majorité de 82% des jeunes enquêtés sont inactifs. 44,8% des jeunes à la recherche d’emploi sont indifférents à sa nature et ne mentionnent aucune préférence dans le futur emploi.
Les petits salaires sont majoritaires
70% des actifs ayant répondu à la question sur le revenu gagnent un salaire mensuel égal ou inférieur à 2.500 DH; seulement cinq jeunes ont gagné plus de 5.000 DH en un mois dans la période précédant l’enquête. Précisons tout de même que 202 enquêtés ont refusé d’indiquer leurs revenus alors que 1.493 n’ont pas répondu à cette question.
Le piston a la peau dure
Les relations personnelles (33,3%) et familiales (29,8%) sont considérées comme importantes pour les jeunes actuellement en activité. D’ailleurs, 28% de ceux qui sont au chômage pensent qu’ils le sont à cause du favoritisme dans le recrutement. 9% seulement estiment manquer de compétences appropriées pour accéder au marché de l’emploi.
L’émigration ne fait plus rêver les jeunes?
84,5% des enquêtés ne souhaitent pas émigrer ou reproduire l’expérience de l’émigration et 7,3% sont indécis. Ils ne sont que 8,3% à envisager l’émigration. Dans l’échantillon de l’enquête, 15 jeunes avaient effectivement eu une expérience internationale, souligne l'enquête
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