Ramadan, vigilance et troubles du sommeil
Le sommeil est le chef de file de tous les rythmes biologiques. Perturber son sommeil, c'est perturber son humeur, ses performances, ses capacités intellectuelles et physiques. Des maladies psychiatriques peuvent survenir ou réapparaître.
Des maladies organiques peuvent se compliquer, en particulier chez les hypertendus et les diabétiques. Et on risque d’assister à une recrudescence des accidents de la circulation. Tous ces comportements et ces complications peuvent apparaître ou s’intensifier pendant le ramadan.
Pendant le ramadan, les habitudes des Marocains changent avec, peut-être, une tendance à dormir plus le jour et moins la nuit, avec des sorties nocturnes, la pratique de la prière de façon plus régulière et l’engouement pour différentes autres activités liées à ce mois sacré. Cela peut gravement perturber le cycle du sommeil durant ce mois car, il est apparu depuis quelques dizaines d'années des habitudes sociales durant le ramadan, qui sont incompatibles avec le rythme biologique normal.
Ce rythme biologique appelé encore chronobiologie est totalement bouleversé lorsque les habitudes du sommeil sont perturbées. Il a été démontré que le sommeil est justement le chef de file de tous les rythmes biologiques et que perturber son sommeil, c'est perturber son humeur, ses performances, ses capacités intellectuelles et physiques.
On parle de perturbations du cycle du sommeil, quand notre horloge biologique interne ou horloge circadienne, qui régule le rythme de notre sommeil, est chamboulée. Elle nous impose de dormir la nuit et d'être actif le jour. Mais il y a une période au milieu de la journée, entre 13h et 15h, où le sommeil est possible et réparateur.
Lorsque le sommeil est inversé, l'horloge biologique se détraque et peut ne pas retrouver un rythme normal. C'est ce qui arrive à certains adolescents qui veillent tard la nuit et qui développent une pathologie du sommeil appelée "syndrome du retard de phase de sommeil".
Ainsi, les perturbations du sommeil pour la santé des jeûneurs comportent plusieurs risques: des troubles cognitifs à type d'irritabilité, de troubles de la concentration, de mauvaise humeur... Tout cela pouvant être à l'origine de mauvais comportements et d'agitation relationnelle.
Des maladies psychiatriques peuvent survenir ou réapparaître. Des maladies organiques peuvent se compliquer, en particulier chez les hypertendus et les diabétiques. Et on risque d’assister à une recrudescence des accidents de la circulation.
Pour prévenir toutes ces complications, il faut tout d'abord préciser que le jeûne n'est absolument pas incriminé dans les troubles du sommeil. C'est un problème comportemental qui est à l'origine de toutes ces anomalies.
Le sommeil est important et doit être respecté, quel que soit la période de l'année. Ainsi, une durée de 7 heures de sommeil par jour est un minimum. C'est à dire pour quelqu'un qui veut faire les "tarawihs" à la mosquée et se lever pour la prière d'el fajr, il doit dormir de minuit à 3h, puis de 4H à 7H et éventuellement l'après-midi de 13H à 14H ou de 14H à 15H. C'est une affaire de discipline.
Sur un autre plan, il faut savoir que tous les sports intenses en fin de soirée peuvent perturber le sommeil, la pratique sportive d’une manière modérée en fin d'après-midi est la plus conseillée.
* Dr. Fouzia Kadiri, présidente de la Société marocaine du sommeil et de la vigilance (SMSV)
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