img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
SOCIETE

Deux déjeuneurs à Zagora condamnés à deux mois de prison avec sursis

Deux jeunes ont écopé de deux mois de prison avec sursis et de 200 DH d'amende pour s'être hydratés en plein jour durant le mois de ramadan à Zagora.

Deux déjeuneurs à Zagora condamnés à deux mois de prison avec sursis
Amine Belghazi
Le 16 juin 2016 à 16h53 | Modifié 16 juin 2016 à 16h53
Agés de 18 et 20 ans, Abderazzak et Ayoub travaillent au souk hebdomadaire de Zagora.
Dimanche dernier, ils ont été arrêtés après avoir consommé de l'eau en plein jour pendant le mois de ramadan. Les deux prévenus ont comparu devant le juge en début de semaine. Ce dernier les a condamnés à 2 mois de prison avec sursis et à 200 DH d'amende, conformément aux dispositions de l'article 222 du code pénal qui stipule: "Celui qui, notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du ramadan, sans motif admis par cette religion, est puni de l'emprisonnement d'un à six mois et d'une amende de 200 à 500 dirhams."
Hammou Zerrah, président de la section locale de la Ligue marocaine de défense des droits de l'homme raconte les circonstances des faits: "les deux jeunes étaient obligés de s'hydrater à cause de la chaleur accablante qui règne dans la ville de Zagora à l'approche de l'été. Leur but n'était pas de provoquer les gens autours d'eux. D'ailleurs, ils ont déclaré, une fois transférés au poste, qu'ils ne font partie d'aucun organisme ni mouvement qui incite à la rupture publique du jeûne pendant le mois de ramadan."
Notre source poursuit: "Dès que nous avons appris la nouvelle, l'avocat Me Belaid Elabdellaoui, proche de la LMDDH s'est proposé de les représenter."
Il est à rappeler que l'article 222 fait partie des articles du code pénal marocain les plus contestés par les associations de protection des droits de l'homme. Cet article porte atteinte de manière flagrante aux libertés individuelles. Les sanctions qu'il comporte sont injustifiables, tant elles sont déconnectées des référentiels.
En islam, le déjeûneur doit expier sa faute en affranchissant un esclave, en jeûnant pendant soixante jours ou en nourrissant 60 pauvres. De plus, l'article 222 ne permet pas de garantir l'ordre public. Pire, il conforte la grande majorité dans son acharnement contre les non jeûneurs.
Dans une ville comme Zagora où la température maximale moyenne dépasse les 40°C pendant le mois de juin, la consommation d'eau en journée peut devenir un besoin. Faut-il maintenir le jeûne, au péril de sa vie, ou s'hydrater pour la sauver? Dans son article 20, la Constitution marocaine a tranché:"le droit à la vie est le droit premier de tout être humain. La loi protège ce droit"... encore faut-il le prouver!
Même si elle est assortie, la sanction paraît venir d'un autre âge.
Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Amine Belghazi
Le 16 juin 2016 à 16h53

à lire aussi

Bourse de Casablanca : les minières sauvent un semestre marqué par la correction du marché (bilan)
Actus

Article : Bourse de Casablanca : les minières sauvent un semestre marqué par la correction du marché (bilan)

Après un semestre marqué par une correction du marché, quelles valeurs ont résisté ? Quels secteurs ont tiré leur épingle du jeu ? Et où les investisseurs ont-ils concentré leurs échanges ? Voici le bilan des six premiers mois de 2026 à la Bourse de Casablanca à travers les principales performances de la cote.

Textile : le déficit de main-d’œuvre dans la confection pèse sur les exportations
Textiles

Article : Textile : le déficit de main-d’œuvre dans la confection pèse sur les exportations

Les exportations textiles reculent de 9,1% à fin mai 2026, une baisse que les perturbations logistiques du premier trimestre ne suffisent plus à expliquer. L’aggravation de la baisse en avril et mai montre que le problème dépasse désormais le seul facteur logistique. La cause principale est aujourd’hui le déficit de main-d’œuvre, qui pèse directement sur la production, les délais de livraison et la capacité des entreprises à honorer leurs commandes.

Traitement de l'eau. Le britannique Hydro Industries s'implante au Maroc avec Hydro Services Morocco
BUSINESS

Article : Traitement de l'eau. Le britannique Hydro Industries s'implante au Maroc avec Hydro Services Morocco

Le britannique Hydro Industries Limited s’implante au Maroc avec la création de Hydro Services Morocco, une SAS au capital de 1 MDH dédiée aux métiers du traitement de l’eau, de l’assainissement et du dessalement.

Le Maroc face au choix du Rafale : les clés d'un arbitrage géopolitique contre le tout-américain
Defense

Article : Le Maroc face au choix du Rafale : les clés d'un arbitrage géopolitique contre le tout-américain

Si la volonté d'éviter une dépendance exclusive envers les États-Unis est réelle, l'équation budgétaire et le défi du nombre face à la flotte d'Alger imposent un examen attentif des réalités du terrain.

Maroc-Chine : en attendant le Sahara, la relation bilatérale économique s'accélère
NATION

Article : Maroc-Chine : en attendant le Sahara, la relation bilatérale économique s'accélère

Dix ans après l'établissement d’un partenariat stratégique entre Rabat et Pékin au cours de la visite royale en Chine en 2016, l’ambassadrice chinoise au Maroc a célébré cet événement en déclarant que les relations économiques bilatérales ont connu une progression exceptionnelle. Si les perspectives industrielles et touristiques apparaissent plus que prometteuses, la question d'une éventuelle reconnaissance chinoise de la marocanité du Sahara au Conseil de sécurité de l'ONU demeure toujours entourée de précautions diplomatiques. Explications.

IDE : le flux net progresse de 41,8% à fin mai 2026
Quoi de neuf

Article : IDE : le flux net progresse de 41,8% à fin mai 2026

Les investissements directs étrangers (IDE) au Maroc poursuivent leur progression à fin mai 2026. Porté par une hausse des recettes et un recul des dépenses, leur flux net atteint 23.319 MDH, en hausse de 41,8% par rapport à la même période de 2025. Dans le même temps, les investissements directs marocains à l’étranger (IDME) enregistrent également une nette progression.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité