img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
SOCIETE

Le projet de loi sur les “petites bonnes” voté en commission parlementaire

La commission des secteurs sociaux a voté, ce lundi, le projet de loi sur les travailleurs domestiques. L'âge minimal d'exercice est maintenu à 16 ans.

Le projet de loi sur les “petites bonnes” voté en commission parlementaire
Par
Le 9 mai 2016 à 16h47 | Modifié 9 mai 2016 à 16h47

Le projet de loi 19-12 sur les travailleurs domestiques a franchi une nouvelle étape vers son adoption. Contesté de toutes parts, ce texte a été amendé par la Majorité, qui a fixé l'âge minimal à 16 ans. La version initiale de ce projet de loi fixait à 15 ans l'âge plancher d'exercice du travail domestique.
Adil Tchikitou, membre du groupe istiqlalien siégeant à la commission des secteurs sociaux, rapporte à Médias 24 le récit des échanges de ce lundi.

"L'opposition a formulé plusieurs remarques, spécialement contre l'article 6 du projet de loi qui fixe l'âge minimum pour le travail domestique. Nous avons adopté la même position que les associations des droits humains, soit celle de relever l'âge minimal à 18 ans", déclare Adil Tchikitou.
Son intervention lors des débats s'est articulée autour de plusieurs points. "La décision de maintenir l'âge d'exercice des travaux domestiques à 16 ans s'oppose aux dispositions de la Constitution marocaine, qui garantissent la primauté des engagements internationaux sur les lois internes. Les engagements internationaux du Maroc, notamment en ce qui concerne les droits de l'enfant et la déclaration universelle des droits de l'homme, ne sont pas respectés dans ce cas précis", rapporte le parlementaire istiqlalien.
Par ailleurs, la pratique confirme un triste constat. "Il existe de nombreux cas de violences et de viols sur les mineures qui sont employées en tant que petites bonnes. A travers ce projet de loi, le gouvernement se désengage de sa responsabilité de protection de l'enfance contre les abus", estime Adil Tchikitou.
Ce triste constat est confirmé par trois associations de médecins, qui ont joint leurs voix à celle du collectif associatif Insaf, qui milite pour la protection contre l'exploitation des filles mineures. Il s'agit de l'Association casablancaise des pédiatres privés (ACPP), l'Association marocaine des psychiatres d'exercice privé (AMPEP) et l'Observatoire marocain de l'enfant et de l'adolescent des deux rives (OMEADR).
Elles témoignent, dans un communiqué conjoint datant du 10 mars 2016, de la gravité du phénomène. En voici un extrait poignant: "En tant que pédiatres, psychiatres, pédopsychiatres, psychologues, pédagogues, enseignants, travailleurs sociaux, nous avons trop souvent rencontré dans l'exercice de nos métiers des jeunes filles, des adolescentes, des jeunes femmes adultes même, brisées physiquement et/ou psychiquement par une vie de travail en tant que domestiques, commencée trop tôt; jamais choisie, imposée pour diverses raisons. Outre la maltraitance physique (depuis les privations et carences alimentaires, le manque de sommeil, l'absence de repos), les abus sexuels fréquemment constatés (avec des avortements à répétition, parfois dans des conditions inimaginables), nous avons eu à prendre en charge des névroses traumatiques sévères, des dépressions résistantes, des épisodes psychotiques aigus, des conduites addictives, des tentatives de suicide à répétition, chez des jeunes filles ayant perdu l'estime d'elles-mêmes et surtout perdu confiance dans les adultes (leurs parents qui les ont mis entre les mains des familles "exploitatrices"), et pire, dans les institutions supposées les défendre."
Tout porte à croire que le gouvernement se lance seul, contre vent et marrées, pour faire aboutir ce texte.

Le Conseil national des droits de l'homme, le Conseil économique, social et environnemental et l'UNICEF ont émis des avis contraires aux dispositions contenues dans le projet de loi 19-12.
C'est le cas même au sein de la majorité. En effet, Adil Tchikitou constate que "ce projet crée des divisions même au sein du parti au pouvoir. D'ailleurs, certains membres de la commission des secteurs sociaux appartenant au PJD ont préféré s'absenter des travaux pour ne pas avoir à voter contre leur parti."

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 9 mai 2016 à 16h47

à lire aussi

Le Maroc pour la première fois aux Young Lions Competitions de Cannes
Communication d'entreprise

Article : Le Maroc pour la première fois aux Young Lions Competitions de Cannes

L’Union des agences conseil en communication (UACC) a conduit la première délégation marocaine aux Young Lions Competitions 2026, organisées dans le cadre du Festival international des Cannes Lions. Le Royaume était représenté dans trois catégories de cette compétition internationale.

Alerte météo : vague de chaleur jusqu’à 46 °C et orages ce mercredi 1er juillet
Quoi de neuf

Article : Alerte météo : vague de chaleur jusqu’à 46 °C et orages ce mercredi 1er juillet

Les températures les plus élevées concerneront notamment Zagora, Tata, Assa-Zag, Boujdour, Es-Semara, Aousserd et Oued Ed-Dahab. Des averses localement fortes, avec risque de grêle et rafales sous orages, sont attendues dans quatre provinces de 14 h à 23 h.

Sahara : première visite à Laâyoune pour le nouvel ambassadeur de France au Maroc
DIPLOMATIE

Article : Sahara : première visite à Laâyoune pour le nouvel ambassadeur de France au Maroc

À peine installé, Philippe Lalliot s’est rendu dans les provinces du Sud, où il a été reçu par la commune de Laâyoune.

Viande : face aux prix qui flambent, le gouvernement envisage de réactiver les exonérations sur les ovins importés
ECONOMIE

Article : Viande : face aux prix qui flambent, le gouvernement envisage de réactiver les exonérations sur les ovins importés

Interrompu en septembre 2025 après le recensement du cheptel, le dispositif revient sur la table alors que l’ovin atteint jusqu’à 140 DH/kg au marché de gros de Casablanca et autour de 180 DH chez les bouchers. Une mesure de court terme, déjà testée sans effet durable, dans une filière toujours minée par les intermédiaires.

Marchés de gros de Casablanca : légère baisse des prix de la viande ovine au 1er juillet 2026
ECONOMIE

Article : Marchés de gros de Casablanca : légère baisse des prix de la viande ovine au 1er juillet 2026

Au 1er juillet 2026, les prix relevés au marché de gros de Casablanca restent globalement stables. La viande ovine recule de 2 DH/kg, s'établissant à 138-140 DH/kg, tandis que la viande bovine enregistre une légère hausse de 1 DH/kg sur son prix minimum, s'affichant désormais entre 85 et 110 DH/kg.

Code de la famille : Ahmed Assid et le cheikh égyptien Mahmoud Amer au cœur d’un vif débat sur l’héritage
SOCIETE

Article : Code de la famille : Ahmed Assid et le cheikh égyptien Mahmoud Amer au cœur d’un vif débat sur l’héritage

Dans un échange tendu, le penseur marocain a plaidé pour une relecture des règles successorales au nom des droits économiques des femmes, tandis que son contradicteur a défendu leur caractère intangible. Une controverse à l’ancienne où il a été question de Constitution, d’ijtihad, de takfir et de la place du religieux dans l’État moderne.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité