Libertés individuelles, thème de la première rencontre des “jeudis de l'UC”
L'Union constitutionnelle lance son cycle des jeudis de l'UC. Une plateforme de rencontre où seront débattus, chaque mois, des sujets en relation avec l'actualité. Une première rencontre a été organisée le jeudi 28 avril, sur les libertés individuelles.
Le thème retenu pour la première édition des jeudis de l'UC n'est pas anodin. En effet, l'opinion publique marocaine et internationale a été secouée récemment par plusieurs affaires en relation avec les libertés individuelles. La dernière en date, celle des deux homosexuels de Béni Mellal, n'a pas manqué de susciter l'inquiétude d'une large frange de la population.
Le panel proposé lors de ce premier rendez-vous, composé de personnalités influentes de divers horizons, s'est exprimé sur différents volets, en relation avec la question des libertés individuelles au Maroc.
Mohamed Sebbar, secrétaire général du Conseil national des droits de l'homme et invité d'honneur de ce premier jeudi de l'UC, a estimé que les droits de l'individu sont pris dans l'étau de la spécificité. "Les détracteurs des libertés individuelles opposent régulièrement l'universalité des droits humains aux particularités des populations", a-t-il avancé.
Ainsi, il est socialement acceptable, par exemple, d'exercer plusieurs formes de discrimination à l'égard des femmes, même si, au niveau des principes, cette pratique est rejetée. C'est pourquoi, "il est nécessaire d'agir sur les paramètres socio-culturels pour développer l'ouverture et cultiver les différences", estime le secrétaire général du CNDH.
Mohamed Sebbar a également confirmé une information que Médias 24 avait dévoilée en primeur: le CNDH est actuellement en train de finaliser un rapport thématique sue l'état des libertés individuelles. Ce rapport contient des recommandations , parmi lesquelles: la suppression des articles et dispositions de lois qui consacrent toute forme de discrimination à l'égard d'un ou plusieurs groupes d'individus, l'atteinte publique à la pudeur ou encore le blasphème.
Concernant ce dernier point, le juriste Mohamed Oulkhouir, relève que la Constitution marocaine contient un vice fondamental. "Tant que la Constitution ne garantit pas clairement la liberté de conscience, tous les projets de loi qui seront élaborés contiendront des dispositions restrictives de libertés", tance d'emblée le juriste.
Pour lui, "on ne peut bâtir une société sur la base d'une religion, car le salut est propre à chaque individu (...) Il n'y a pas de jugement divin collectif. Ce n'est pas la population marocaine qui sera jugée le jour du jugement dernier, mais chaque individu", a lancé Mohamed Oulkhouir, lors de son intervention.
Sur un plan légal et "après l'adoption du texte qui permettra le recours pour non conformité d'une loi à la Constitution, il ne sera pas possible de contester les décisions liberticides en relation avec les convictions personnelles des individus incriminés, car la Constitution ne garantit pas la liberté de conscience", analyse la même source.
Au final, le juriste estime qu'il est nécessaire de ramener la religion à la sphère strictement privée et l'abandonner en tant qu'élément d'arbitrage entre les individus.
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