Tourisme/Maroc: Marrakech limite la casse après les attentats de Bruxelles
Il y a 15 jours, les opérateurs se frottaient les mains, la tendance laissait augurer une belle embellie en termes d’activité touristique. Les attentats belges ont freiné ce trend haussier, mais n'ont pas provoqué la sinistrose qui frappe d’autres destinations.
A chaque fois que les opérateurs touristiques de la ville ocre pensent sortir la tête de l’eau, les amalgames découlant des attentats à l’étranger plombent leurs velléités de sortie de crise.
Les attentats belges ont en effet entraîné un ralentissement de l'activité printanière qui s’annonçait exceptionnelle, avec un regain d'activité inédit des structures hôtelières de la ville.
Les professionnels et le ministre du Tourisme, interrogés par Médias 24, affirment cependant que la situation est beaucoup moins catastrophique qu’au lendemain des attentats du 13 novembre à Paris.
Si les Français, Espagnols et Italiens sont moins nombreux que prévu dans les hôtels classés de la ville, les marchés allemand, anglais et nationaux ont permis de limiter l’effet de la désaffection hexagonale, qui constitue le 1er marché émetteur du Maroc.
Selon un institutionnel de Marrakech, requérant l’anonymat, la situation n’est pas catastrophique, grâce aux arrivées des Marocains qui ont crû de 20% en ce début de mois d’avril, qui constitue la haute saison touristique.
La concomitance d’événements médiatiques comme la 20e édition du show de mode Caftan, le Trophée des Gazelles et le Grand Prix de Marrakech ont aussi aidé à stabiliser la destination phare du Maroc.
Pour notre interlocuteur, les raisons de la désaffection des touristes étrangers pour venir au Maroc sont le manque de nouvelles lignes aériennes et les prix excessifs pratiqués par certains hôteliers.
Un propriétaire étranger de plusieurs maisons d’hôtes à Marrakech nous affirme quant à lui, que son activité n’a pas été impactée par les tragiques événements belges et qu’il ne connaît pas la crise.
Il consent tout juste à reconnaître avoir perdu 5% de clients au lendemain des attentats belges, mais que ses quatre maisons d’hôtes connaissent un taux de remplissage de 80% jusqu’à au moins fin juin.
«Nous avons perdu 30% de clients français, mais les autres nationalités viennent et surtout reviennent quand la qualité des prestations est là et quand ils ne se sentent pas arnaqués par des prix disproportionnés. Les attentats dans le monde n’expliquent pas à eux-seuls la désaffection des étrangers car d'une part, le Maroc n’a pas été touché depuis cinq ans et d'autre part, après un flottement, ils oublient.»
Moins optimiste qu’à l’accoutumée, le ministre du Tourisme, Lahcen Haddad, déclare que la ville connaissait un boom d’activité sans précédent, qui s’est malheureusement essoufflé avec les attentats belges.
«On commençait à reprendre espoir pour un printemps et un été exceptionnels, mais les réservations ont chuté, même si ce n’est pas la catastrophe, car Marrakech et même Agadir tiennent bien le coup.»
L’inauguration imminente de grands hôtels semble aussi démentir la crise, car deux établissements de grand luxe et cinq hôtels 4 à 5 étoiles ouvriront leurs portes à Marrakech avant la fin de l’année 2016.
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