Marche des enseignants-stagiaires: 40.000 manifestants attendus ce dimanche
La Coordination nationale des enseignants-stagiaires prévoit la participation de 40.000 personnes dans la marche nationale du 20 mars à Casablanca. Les stagiaires espèrent faire de cette marche la plus grande manifestation depuis octobre 2015.
Contacté par notre rédaction, Chakib El Asri, coordinateur régional des professeurs-stagiaires de Casablanca, affirme la participation des syndicats, des professeurs titulaires et formateurs, d'Al Adl wal Ihssan, des associations des diplômés-chômeurs, des coordinations de soutien aux enseignants-stagiaires, ainsi que celle des membres de l'Initiative nationale pour résoudre la crise des enseignants de demain.
La coordination a arrêté son choix temporairement sur la place Maréchal comme lieu de départ de la marche. Toutefois, le lieu pourrait changer pour des considérations sécuritaires. A l'heure où nous mettions en ligne, le Conseil national des enseignants stagiaires tenait sa réunion pour régler les derniers détails organisationnels tels que l'itinéraire de la marche et la possibilité de mener une grève continue.
En parallèle, la coordination a lancé un appel à solidarité et notamment après l'intervention "musclée" des forces de l'ordre, qui a fait plusieurs blessés à Kénitra.
"Nous sommes tous conscients, que les deux circulaires s'inscrivent dans le cadre d'une politique de privatisation de l'enseignement. Elles visent à porter atteinte à la gratuité de l'école publique. Le gouvernement préfère brandir la menace des mesures disciplinaires, au lieu d'annuler ces deux décrets'', peut-on lire dans l'appel à solidarité.
Crise de confiance
Chakib El Asri montre également du doigt la rupture du dialogue avec le gouvernement. "Seules quelques initiatives partisanes sortent du lot et montrent un intérêt à l'égard du dossier des enseignants stagiaires", souligne-t-il. Il donne pour exemple la rencontre organisée dernièrement par le PAM, durant laquelle Ilyas El Omari avait appelé le gouvernement à mener un dialogue sincère, mettant fin à la crise de confiance entre les deux parties.
Les enseignants-stagiaires craignent un sort similaire à celui du PV du 20 juillet 2011 signé par Abbas El Fassi vers la fin de son mandat et selon lequel il s'engageait à engager, sans concours, 4000 diplômés-chômeurs dans la fonction publique, engagement balayé d'un revers de main par son successeur, Abdelilah Benkirane.
Rappelons que la dernière proposition du gouvernement consiste à recruter 10.000 enseignants stagiaires en deux vagues: 8.500 en septembre 2016 et 1.500 en janvier 2017, offre refusée catégoriquement par les enseignants stagiaires, qui revendiquent un recrutement en une seule et unique tranche ou au moins des ''garanties véridiques et juridiquement fondées'' pour accepter toute proposition gouvernementale.
La grève des enseignants-stagiaires a commencé en octobre 2015, suite à l'adoption par le gouvernement de deux décrets, le 23 juillet 2015. Les décrets 2-15-588 et 2-15-589, ont eu pour effet de modifier le système des concours pour l'accès à la fonction publique et la réduction de la bourse, de 2.450 à 1.250 DH.
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