Lancement de l’écosystème moteurs et transmission, l’industrie automobile franchit un palier
C’est celui qu’on attendait. Celui qui concerne la partie la plus noble, le cœur de l’industrie automobile. Celui qui rapprochera le Maroc du taux d’intégration de 80%.
Après les écosystèmes “câblage automobile“, “intérieur véhicule & sièges“, “métal/emboutissage“ et “batteries automobiles“, voici le Powertrain ou l’écosystème “moteur et transmission“. Celui qui permettra de produire au Maroc des pièces nouvelles concernant les châssis et transmission, moteur et boîte de vitesse.
L’écosystème «moteurs et transmission» a donc été lancé, mardi 23 février, à Rabat, lors d’une cérémonie présidée par Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique et Mohammed Boussaid, ministre de l’Economie et des finances, en présence de Mamoune Bouhdoud, ministre délégué chargé des petites entreprises et de l'intégration du secteur informel.
Un contrat de performance pour accompagner le déploiement de l’écosystème «moteurs et transmission» a été signé à cette occasion par Moulay Hafid El Alamy, Mohammed Boussaid et Hakim Abdelmoumen, président du l'Association marocaine pour l'industrie et le commerce de l'automobile (AMICA).
L’écosystème «moteurs et transmission» concerne les métiers de la fonderie fonte, la fonderie aluminium, l’injection d’aluminium sous pression, l’affinage d’aluminium et l’usinage moteur. Son déploiement favorisera un développement plus accéléré de la filière à travers l’émergence de métiers pionniers, l’intégration de la filière et l’attraction de nouveaux investissements.
Cet écosystème contribuera, à terme, à créer 10.000 nouveaux emplois industriels directs à forte valeur ajoutée, générer un chiffre d’affaires additionnel de plus de 6,5 milliards de dirhams et un investissement total de près de 6,5 milliards de dirhams, ainsi qu’à augmenter le taux d’intégration de la filière «Powertrain Automobile» de 25 points, via le développement du sourcing local.
M. Elalamy a noté que la mise en place de l’écosystème «moteurs et transmission» permettra de contribuer à la réalisation de l’objectif d’atteindre un taux d’intégration de 80% et de compléter la chaîne de valeur automobile, à travers l’émergence de nouveaux métiers, à forte valeur ajoutée et la fabrication de nouvelles pièces (châssis et transmission, moteur et boîte à vitesses), ainsi que le développement de nouvelles technologies (aluminium par coulée ou injection sous pression, fonte depuis chutes de ferraille).
Interrogé par Médias 24, le ministre de l'Insdutrie a confirmé que le taux d’intégration actuel qui est de 40%, atteindra 80% dès 2020.
«Entre les chaînes de la SOMACA d’antan et le virage que nous prenons actuellement en matière industrielle automobile, le Maroc passera à une autre dimension qui, hormis l'Afrique du Sud, est complètement inédite sur notre continent et dans la région MENA. Notre parcours en matière automobile est exceptionnel et on peut même parler de saga ou de success-story. Tout comme la Corée du sud ou la Turquie, le Maroc va passer en moins de 14 ans d’une industrie de montage automobile à celle de fabrication intégrée de voitures. A terme, nous ferons partie des 46 pays (sur les 197 reconnus par l’ONU) assembleurs d’automobiles et surtout du cercle restreint des 31 en mesure de les fabriquer».
C’est une avancée remarquable pour l’industrie automobile nationale, a noté le ministre, soulignant que le déploiement de cet écosystème constitue un véritable levier de relance et d’industrialisation pour le secteur, permettant à la destination Maroc de s’ancrer davantage dans l’industrie automobile mondiale.
Il poursuit, disant qu’un important potentiel s’offre à la filière «moteurs et transmission» avec, notamment, l’arrivée de PSA, qui produira 200.000 moteurs par an et l’attraction dans son sillage de nouveaux fournisseurs des composants automobiles et l’existence d’une forte demande dans la péninsule ibérique, où 2,3 millions de voitures sont produites chaque année.
Pour accompagner le développement de cette filière, un soutien adapté sera porté aux entreprises, à travers l'appui à l'investissement, via le Fonds de développement industriel et d’investissements (FDII), pouvant atteindre jusqu’à 30% du montant global d’investissement, un accès plus aisé au foncier (15 ha de foncier locatif destinés à la filière) et l’appui à la compétitivité des TPME et auto-entrepreneurs.
L’accompagnement comprendra également la mise en place d’un plan de formation intégré et adapté aux besoins du secteur, un soutien financier aux laboratoires moteur et un appui au déploiement du statut d'auto-entrepreneur dans la collecte de ferraille.
Les industriels de la filière s’engagent à réaliser les objectifs précités, en vertu des contrats de performance conclus.
>Le secteur automobile, c’est:
- le 1er secteur exportateur, ave 50 milliards de dirhams de CA à l’export en 2015.
- 36.500 nouveaux emplois créés entre 2009 et 2014 (+12,4% en moyenne annuellement).
- Le premier exportateur en Afrique du Nord et deuxième du continent.
- Des majors mondiaux ont fait confiance à la destination Maroc: Renault, PSA Peugeot, Delphi, Yazaki, Leoni, Valeo, Lear…
- Avec le démarrage du projet PSA Peugeot, le Maroc assure son entrée dans le cercle fermé des fabricants et exportateurs de moteurs dans le monde.
>Des objectifs ambitieux pour le secteur à l’horizon 2020:
- 100 milliards de dirhams de C.A à l’export.
- 80% de taux d’intégration.
- Construction et assemblage de 800.000 véhicules.
- 4 écosystèmes ont été lancés dans le secteur automobile en 2014. Ils concernent les filières du «câblage automobile», de «l’intérieur véhicule et sièges», du «métal/emboutissage» et des «batteries automobiles». Ces quatre premiers écosystèmes contribueront d’ici 2020, à créer 56.000 nouveaux emplois, à multiplier par 2 ,5 le C.A. à l’export et à augmenter le taux d’intégration locale de 20 points.
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