Casablanca. Four Seasons privé de son autorisation d’alcool à cause de sa proximité avec une mosquée
Ce palace situé sur la corniche casablancaise aura-t-il sa licence d’alcool? Difficile de répondre à cette question, où entre en jeu un facteur de taille: l’établissement se situe quasiment en face d'une mosquée.
Ouvert fin janvier 2016, l’hôtel Four Seasons peine à avoir la licence d’alcool pour ses restaurants et bars. C'edst un manque à gagner considérable pour cet hôtel, qui a mobilisé un investissement d’1 milliard de DH et qui ambitionne de réaliser un chiffre d’affaires de 260 MDH au titre de sa première année d’existence.
La raison de ce blocage? Sa proximité d’un lieu de culte, la mosquée Al Saoud en l’occurrence.
Selon un arrêté du 17 juillet 1967, toujours en vigueur, «sans préjudice des droits acquis, il est interdit d'exploiter un débit de boissons dans le voisinage des édifices religieux, des cimetières, des établissements militaires, hospitaliers ou scolaires, dans un immeuble habous et, en général, à proximité de tout endroit où le respect el la décence doivent être observés».
Café, bar, restaurant, hôtel, cabaret, où sont servies et consommées sur place, à titre principal ou accessoire, des boissons alcoolisées sont concernés par cette loi.
Contactés par Médias 24, les responsables de l’hôtel n’ont pas souhaité s’attarder sur la question. «Cette information ne nous est pas parvenue et par conséquent nous ne sommes pas en mesure de la commenter. Concernant la procédure en question, elle est simplement en cours d'instruction», nous répond laconiquement une source autorisée à Four Seasons.
Qu’en est-il de la distance précise à respecter? «La distance minimale à prendre en considération sera déterminée par arrêté de l'autorité administrative locale», selon l’arrêté de 1967.
Direction donc les autorités locales.
Contactés à ce sujet, les services de la wilaya ainsi que ceux de la commune de Casablanca ne nous ont pas aidés à en savoir plus: la wilaya a préféré nous orienter vers le gouverneur de Casa Anfa, Najib Gourani qui, malgré nos multiples appels, n’a pas accepté de nous répondre.
Quant à la commune, elle nie toute responsabilité et nous renvoie encore une fois à la wilaya, peu encline à communiquer quand le sujet fâche.
Des licences au cas par cas
Il faut savoir qu’en matière de commerce d’alcool, deux cas de figure existent:
-le commerce de boissons alcoolisées à titre d’activité principale: bar par exemple.
-l’activité est exercée à titre accessoire. Cas notamment d’unités d’hébergement et de restauration.
Dans ce dernier cas, une commission composée de représentants de l’autorité locale, des services de police, de départements ministériels… notamment celui du Tourisme se réunit, pour statuer sur la demande d’autorisation d’alcool.
Si en règle générale, la distance à respecter est de 300 m, selon une source proche du dossier, «pour ce qui est des restaurants et hôtels classés, des dérogations peuvent être accordées», nous confie un membre de la commission.
Ce dernier plaide pour qu’un arrêté soit publié, afin que toutes les demandes soient traitées équitablement et que l’investisseur sache dès le départ quelles sont les règles du jeu.
Ce qui est sûr, c’est que la piste de la dérogation reste l’unique issue pour que Four Seasons obtienne sa licence.
On verra bien!
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