Conférence. Les droits des femmes déchaînent les passions
Intéressante conférence débat organisée, jeudi 4 février, par HEM Casablanca, sur le thème des atteintes aux droits des femmes dans la société marocaine.
Il est difficile de recenser l'intégralité des atteintes aux droits des femmes au Maroc. Ce jeudi, lors d'une rencontre organisée par HEM Casablanca, quelques thématiques représentatives de cette discrimination ont été abordées. L'héritage et l'avortement se sont taillés la part du lion lors de ce débat.
La tendance générale, comme l'a souligné Rabia Naciri, fondatrice de l'Association démocratique des femmes du Maroc et membre du CNDH, tend vers l'accroissement de l'écart entre l'homme et la femme en matière de droits.
Les derniers chiffres du recensement national montrent que l'âge moyen du premier mariage chez la femme marocaine a baissé. Cet indicateur évolue à contresens de l'évolution normale des pays en développement. Et pour cause, le Maroc a dégringolé de manière vertigineuse en matière de parité homme-femme.
A ce propos, Rabia Naciri rappelle que le Maroc occupait la 129e place au niveau mondial en 2012, et qu'il a reculé de 10 positions, en l'espace de 3 ans, jusqu'à occuper la 139e place sur 145 pays au titre de l'année 2015.
Pour elle, "le PJD assume sa part de responsabilité. Le parti au pouvoir qui est un parti conservateur et qui n'a rien d'islamiste, veut saper les efforts et les acquis de la société marocaine en matière de justice et de parité.", ce que la parlementaire Nouzha Skalli soutient. "La Moudawana et la Constitution 2011 vont dans le sens du progrès, de la modernité et des valeurs universelles. De nombreuses dispositions n'ont pas encore été concrétisées par l'adoption de lois organiques", estime-t-elle.
Ce n'est pas tout, la femme marocaine souffre d'une discrimination économique: "Les conditions de travail, l'accès à l'éducation, le salaire ...etc.", comme le rappelle Saïd Saadi, économiste et ancien secrétaire d'Etat pour la famille et l'enfant, qui ajoute qu'il faut lutter activement contre les stéréotypes répandus et proposer une éducation qui comporte dans ses axes la lutte contre toutes les formes d'inégalité.
S'agissant de l'avortement, le Dr Chafik Chraibi, président de l'association marocaine de lutte contre l'avortement clandestin, déplore le retard du législateur en matière de légalisation de l'avortement.
Il y a un an environ, le roi Mohammed VI avait demandé l'avis d'une commission tripartite composée du ministère de la Justice, du ministère des Affaires islamiques et du CNDH sur la question.
La conclusion de leur rapport recommandait la légalisation de l'avortement dans des cas de viol, d'inceste ou de malformation fœtale. Ces conclusions ne se sont toujours pas traduites en textes législatifs.
La question de l'égalité successorale a, quant à elle, déchaîné les passions. Dans le public, quelques voix -féminines de surcroît- se sont élevées pour dénoncer un détournement de la "parole divine".
Pour Rabia Naciri et Saïd Saadi, il ne s'agit que d'une certaine lecture des textes religieux. L'économiste et ancien secrétaire d'Etat ajoute que de nombreux savants musulmans, se basant sur sept versets coraniques, hiérarchisent, en plaçant le testament comme principal mode de partage des biens entre les héritiers.
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