Samir. Première vente judiciaire après saisie
Elle concernera les meubles du raffineur, mobilier, informatique… Les créanciers sont nombreux, les saisies aussi. Les procédures auprès des tribunaux du Maroc proviennent également de créanciers étrangers.
Le 12 janvier prochain à 11h00, aura lieu une vente judiciaire de mobilier de la Samir, à la demande d’un petit créancier. Il s’agira de bureaux (247), armoires (129), chaises (416), ordis (environ 250), imprimantes, scanners, coffre forts, et même du matériel de cuisine, des fours (dont deux fours à pizza), un lave-vaisselle….
La vente est programmée au siège de la Samir. Il va sans dire que la Samir va essayer d’éviter la vente de ses meubles, en présentant une requête de sursis à exécution ou de report de l’exécution, arguant de la procédure de règlement amiable qu’elle essaie de mettre sur les rails, dans le cadre de la requête qu’elle a déposée au tribunal de commerce de Casa.
Il y a tellement de créanciers et il y a tellement de procédures que l’affaire Samir peut à tout moment échapper à tout contrôle. Il suffirait que des tribunaux valident des demandes de ventes judiciaires pour créer un mouvement de dépeçage de l’entreprise.
En effet, vue par les créanciers, la situation se résume à essayer de garantir sa créance et à la récupérer au plus vite et autant que possible dans sa totalité.
Mais les créanciers sont très nombreux, au Maroc et à l’étranger et les procédures judiciaires nombreuses. Les dettes exigibles sont nettement supérieures à l’actif liquide.
De plus, il y a une hiérarchie des créances et des créanciers. L’Etat est censé passer en premier, ainsi que les organismes sociaux comme la CNSS. Un créancier qui dispose d’une garantie réelle (cas de la BP qui dispose d’une hypothèque sur le foncier du siège de la Samir) passera avant celui qui n’en a aucune.
De ce fait, et c’est normal, les initiatives des créanciers ne sont pas toujours coordonnées. Chacun a peur de voir un autre créancier se servir avant lui.
La douane a émis mi aout dernier un ATD, avis à tiers détenteur, qu’elle a adressé notamment aux distributeurs, clients de la Samir.
Mais la Samir mobilisait les créances nées sur ses clients pétroliers en passant par le factoring. Les sociétés de factoring avaient pris l’habitude, selon les contrats qui les liaient à la Samir, de payer le raffineur puis de recouvrer les montants correspondants auprès des clients.
Les distributeurs, qui avaient reçu des ATD, devaient-ils payer les montants correspondants à la douane ou bien aux sociétés de factoring?
Il y a eu un débat discret entre professionnels. Les sociétés de factoring ont porté l’affaire çà un niveau gouvernemental, car si les sociétés de factoring ne récupérent pas une partie importante de leurs créances, c’est tout ce secteur qui risquerait le pire.
Selon une source professionnelle informée, le montant global des factures à recouvrer par les sociétés de factoring s’élevait début aout, à 1 milliard de DH.
Des réunions avec la douane et des responsables gouvernementaux ont permis de trouver une solution: les distributeurs de pétrole ont été autorisés à payer les factures aux sociétés de factoring. Ces dernières ont ainsi récupéré environ 570 MDH selon nos sources.
La vente n’aura pas forcément lieu, car elle peut être suspendue à la dernière minute par décision judiciaire. Mais quoi qu’il en soit, l’affaire Samir se trouve engagée dans une course contre la montre, entre d’un côté les créanciers et les décisions de justice et de l’autre la volonté affichée par la Samir de gagner du temps ou de trouver une issue. Tout cela revient une nouvelle fois à une seule et unique clé: les garanties que peut présenter l’actionnariat.
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