Les résultats du 3e trimestre du groupe OCP présentent de nette amélioration par rapport à l’année précédente.
A.S.
Le 13 décembre 2015 à 16h27
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Modifié 11 avril 2021 à
1h03
Ces performances encouragent le groupe OCP à poursuivre sa stratégie d’investissements, qui porte jusqu’en 2020 et qui lui a permis jusqu’ici de défendre sa position de leadership face aux producteurs émergents, notamment la Chine.
Le chiffre d’affaires augmente de 20% à fin septembre, s’installant à 37 MMDH profitant notamment d’une forte croissance des ventes d’engrais en Afrique (+40% en un an). L’EBITDA progresse de plus de 60%, s’installant à 13 MMDH, jouissant de prix internationaux forts et d’une meilleure maîtrise des coûts.
Nous répondons ci-dessous à 7 points soulevés par les résultats trimestriels, grâce aux éclairages du top management au sein d’OCP.
1- Le chiffre d'affaires progresse de 7 MMDH pour atteindre 37 MMDH en un an. Quels sont les segments qui soutiennent cette croissance? quelle est la décomposition des ventes entre la roche, l'acide et les fertilisants ?
La croissance est soutenue par l'amélioration des prix de vente sur les trois segments, ainsi que l'amélioration des volumes de ventes sur la roche et l'acide, ce qui a compensé la légère baisse des volumes de vente d’engrais. Le total des ventes se décompose comme suit: 42% d’engrais, 26% pour la roche et 23% pour les acides.
2- OCP consacre en 2015, 28% de ses revenus à l’investissement avec un CAPEX de 10MMDH. Comment sont ventilés les investissements?
Plus de 10 MMDH ont été investis au cours des 9 premiers mois par OCP, dont 8 dans le développement industriel. L’OCP poursuit son plan d’investissement, notamment la construction de 4 nouvelles unités de production de fertilisants (2,2 MMDH en 2015).
3- L’amélioration de l'EBITDA va-t-elle entraîner une distribution de dividendes.
Comme à l’accoutumée, le groupe reste très évasif sur la distribution des bénéfices. «L’actionnaire soutenant totalement le plan de développement de l'OCP, la distribution des dividendes à notre actionnaire, qui sera décidée par le conseil d’administration statuant sur les comptes annuels en mars prochain, se fera comme chaque année en cohérence avec notre programme d’investissement».
4- Le communiqué mentionne comme facteur de croissance, la reprise de la demande indienne. Cependant en Inde, OCP n’est pas en première position commerciale, les importations chinoises excédant largement celles de l’OCP. La reprise indienne ne bénéficie-t-elle pas en premier lieu à la Chine, qui demeure de loin le premier exportateur vers l'Inde?
Notre source botte en touche sur cette question, signalant que les exportations marocaines ne se situent pas sur le même segment que la Chine. «Le marché vers l'Inde concerne en grande partie l'export d'acide phosphorique, pour lequel nous avons conclu en 2015 deux contrats, à des prix avantageux. Quant à la Chine, elle exporte principalement du produit fini, à savoir les engrais».
Il est à noter que l’Asie orientale et l’Océanie sont réduits à des parts congrues dans le mix d’exportation de l’OCP, ne représentant que 1% de ses parts de marché, contre 5% l’année précédente. En revanche, la part de l’Asie du Sud et du Moyen-Orient progresse de 7% à 9% en un an, soutenue par la progression de la demande indienne.
5- La croissance des marges de rentabilité n'est-elle pas menacée à moyen terme par le surcroît de production chinoise, ainsi que la montée en puissance de la production irakienne, 2e réserve mondiale avérée de phosphates?
Notre source met ici en exergue les efforts de rentabilité mis en oeuvre par le groupe, dans un contexte où de nouveaux acteurs viennent challenger la position dominante d’OCP. «Notre rentabilité est principalement due à notre accès aux plus importantes réserves mondiales, à la qualité de ces réserves, ainsi qu'aux initiatives entreprises pour l'amélioration des coûts de production, notamment le slurry pipeline, qui a un effet direct sur les coûts de transport et d'énergie. Ces derniers seront en amélioration continue au fur et à mesure de son fonctionnement à pleine capacité d'ici 2017. Par ailleurs, la baisse des prix de nos matières premières prévue sur l'année à venir contribuera de façon significative à notre rentabilité, comme cela a été le cas cette année. Enfin, les retombées de notre programme d'investissement influent également très positivement sur notre profitabilité.»
6- M. Terrab, en septembre, envisageait publiquement l'ouverture de capital à des fonds étrangers. Des fonds souverains sont évoqués. Cette ouverture se concrétise-t-elle? Quels sont les fonds souverains ciblés?
Notre source ne s’aventure ici pas plus, reprenant mot pour mot les déclarations du PDG d’OCP. «M. Mostafa Terrab a déclaré que le groupe considérerait toutes les options pour le financement de son plan d'investissement et que l’ouverture du capital n’était pas un "tabou", bien que le gouvernement aurait toujours le dernier mot. "Il n’y a qu’une seule ligne rouge: l’État marocain maintiendra toujours sa majorité de contrôle", souligne le Dr Terrab, ... Nous sommes ouverts à toutes les options financières qui feront avancer notre stratégie et qui protégeront les intérêts de nos actionnaires.»
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A.S.
Le 13 décembre 2015 à 16h27