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CULTURE

Ayoub Qanir et le “premier marocain dans l'espace”

C’est un pari que lance Ayoub Qanir, écrivain et réalisateur: amener la jeunesse du pays à se passionner pour l’exploration et la conquête spatiales. 

Ayoub Qanir et le “premier marocain dans l'espace”
Patrick Marescaux
Le 13 décembre 2015 à 9h56 | Modifié 11 avril 2021 à 1h03

A travers plusieurs projets qui verront le jour les uns après les autres: un roman graphique, puis un jeu vidéo et enfin un long métrage, au titre évocateur "Le premier marocain dans l’espace".

Le tournage n’a certes pas encore commencé, mais les acteurs sont déjà dans les starting-blocks, qu’il s’agisse d’Assaad Bouab qui rêvait, enfant, de devenir astronaute; de Hafid Sittou; de David Bailie, acteur anglais qui s’est fait remarquer notamment dans "Les pirates des Caraïbes"; ou encore de Holt McCallany. Ils étaient tous là, jeudi 10 décembre au Es Saadi Palace de Marrakech pour défendre avec passion ce film en devenir.

Ayoub Qanir et le “premier marocain dans l'espace”

De gauche à droite: Duran Fulton Brown, acteur, Assaad Bouab, acteur, Ayoub Qanir, réalisateur, Hafid Sittou, acteur, David Bailie, acteur, Holt McCallany, acteur 

L’occasion pour Médias24 de s’entretenir en aparté avec Ayoub Qanir et de lui demander d’expliquer les grandes lignes de son projet.

-Médias24: Comment pouvez-vous définir votre projet et comment l’idée vous est-elle venue?

-Ayoub Qanir: C’est un projet ambitieux qui vient de mon attrait pour l’exploration spatiale et de mon désir de le faire partager à un pays tout entier, le mien, c’est-à-dire le Maroc. J’ai voulu le faire, dans un premier temps, avec un langage simple, accessible à toute la jeunesse marocaine: le roman graphique. L’idée du premier marocain dans l’espace est une idée qui peut surprendre.

Mais si on ne rêve pas en grand, on ne va pas loin. Ne dit-on pas que le rêve est la nourriture de l’esprit? Le projet va se décliner en 3 phases: le roman graphique pour commencer, puis un jeu vidéo et enfin un long métrage.

C'est une formule très hollywoodienne qui a fait ses preuves: on commence avec un concept graphique, afin d’installer les personnages et d’introduire l’idée maîtresse et aussi mobiliser des fans et sensibiliser des gens pouvant soutenir un tel projet.

-Tout cela pour faire passer un message…

-Exactement. Le message est le suivant: il faut rêver sans limite. Il y a des traditions bien ancrées dans certains pays, qui font que les jeunes croient qu’ils sont limités dans leurs projets, dans leurs ambitions, juste parce qu’ils sont nés dans une certaine culture.

Notre objectif est de casser ces traditions mentales, qui font qu’un jeune Marocain pense qu’il ne pourra jamais aller dans l’espace, juste parce qu’il est Marocain! La vraie responsabilité de ma profession, l’industrie cinématographique, que j’appelle l’industrie de l’espoir, c’est de casser les plafonds intellectuels et de déchirer, autant que faire se peut, ces mentalités trop traditionnelles.

-Vous dites que ce que vous voulez faire s’apparente à une grande réalisation américaine, avec un budget colossal… Je suppose que vous avez besoin d’argent?

-Ce n’est pas moi qui ai besoin d’argent, c’est le projet! Je reprends la formule américaine: on annonce le projet, on avance par étapes successives et on attend des soutiens… Aujourd’hui, on est prêts pour livrer le roman graphique. Le grand soutien final, qui permettra de faire le grand film, bien sûr qu’on ne l’a pas encore, mais, en faisant rêver les gens, on y arrivera. On ne donne aucune date: on va laisser l’histoire évoluer….

-Comment vous perçoivent les pouvoirs publics marocains?

-Comme vous avez pu le remarquer, la salle de la conférence de presse était pleine de journalistes, mais pas uniquement: je sens vraiment que des conversations très intéressantes vont démarrer rapidement. Et je suis certain de pouvoir compter sur le soutien de notre royaume.

-Concrètement, quelles vont être les étapes?

-Le roman graphique sortira en août prochain, à l’occasion de la fête de la Jeunesse, une date à laquelle je tiens, car elle est très symbolique.

Deuxième étape, ce sera le jeu vidéo, qui est déjà en développement avec une société américaine installée en Floride, mais je ne veux pas donner une date de sortie, pour ne pas risquer de me déjuger s’il prend un peu de retard.

Quant au film, soyons patients: n’oubliez pas que de grands films américains ont mis 5 ou 6 ans à voir le jour! Alors, en attendant, regardons les étoiles… Et laissons-nous aller au rêve!

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Patrick Marescaux
Le 13 décembre 2015 à 9h56

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