img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
BUSINESS

Ambiance délétère et scénarios judiciaires à la Samir

Après la demande de règlement à l'amiable (article 550 du code de commerce) déposée par l'actionnaire de référence, une nouvelle voie est envisagée par une autre partie.

Ambiance délétère et scénarios judiciaires à la Samir
Khalid Tritki
Le 8 décembre 2015 à 19h17 | Modifié 8 décembre 2015 à 19h17

La situation est floue et anxiogène. Les salariés sont très inquiets.

Après le défilé organisé dans la ville de Mohammédia le 28 novembre par le Front local de suivi de la crise de la Samir, ce dernier a entamé une série de rencontres avec des partis politiques et des organisations de droits humains. Citons parmi les parties rencontrées ou programmées, le PAM, l’Istiqlal (Hamid Chabat), l’USFP (Driss Lachguar), le PSU (Nabila Mounib), l’AMDH et Annahj.

À l’intérieur, il y a une multiplication de rumeurs et la société a du mal à faire face au paiement des charges courantes, comme celle des dépenses d’eau ou d’électricité.

Au sommet de la hiérarchie, des clans se constituent. Au moins l'un d’entre eux, puissant, évalue la possibilité d’un lâchage d’Al-Amoudi, par voie juridique.

Il faut rappeler qu’Al-Amoudi a opté pour l’article 550 du code de commerce, celui du règlement amiable au profit d’une entreprise qui “n’est pas en cessation de paiement“.

Le président du tribunal a reçu la requête comme l’a révélé Médias24 en exclusivité, puis a reçu le directeur général de l’entreprise, accompagné de ses conseils juridiques et du représentant de l’actionnaire de référence.

Il rendra sa décision le 12 décembre. S’il considère qu’un règlement amiable est possible, il nommera un conciliateur, chargé de trouver un compromis avec les créanciers.

Une deuxième possibilité existe, car la loi fait obligation aux dirigeants ou aux commissaires aux comptes de signaler les difficultés d’une entreprise, surtout lorsqu’elle se trouve en cessation de paiement.

Cette hypothèse signifie que le management actuel de la Samir (hors Al-Amoudi) décide de saisir le tribunal de commerce, en constatant le non-paiement de la quote-part de Corral et de déclarer que la société est en cessation de paiement.

Une entreprise est en état de cessation de paiement lorsqu'elle se trouve dans l'impossibilité de faire face à ses exigibilités avec son actif liquide ou mobilisable à court terme.

Un grand cabinet d’avocat de la place, qui représente un créancier international, estime dans une déclaration à Médias 24 que la Samir est effectivement en cessation de paiement.

Si c’est le cas, l’article 550 du code de commerce n’est plus applicable.

L’hypothèse devient donc la suivante: le management actuel saisit le tribunal en déposant un dossier déclarant la cessation de paiement, avec tout ce qui peut étayer cette affirmation.

Cette déclaration est même obligatoire dans les quinze jours suivant le constat d’une cessation de paiement, sinon le chef d’entreprise peut subir une déchéance commerciale par le tribunal.

Si le management de la Samir décide de sauter le pas, le tribunal de commerce aura le choix, après étude, entre le redressement judiciaire ou la liquidation. Dans le cadre d’un redressement, une cession partielle ou totale peut être envisagée.

Règlement amiable ou redressement judiciaire? Les prochains jours nous le diront. Dans les états-majors des banques créancières, on estime que l’hypothèse d’un redressement judiciaire est désormais très plausible.

Extraits du code de commerce

Article 550: La procédure de règlement amiable est ouverte à toute entreprise commerciale ou artisanale qui, sans être en cessation de paiement, éprouve une difficulté juridique, économique ou financière ou des besoins ne pouvant être couverts par un financement adapté aux possibilités de l'entreprise.

Le président du tribunal est saisi par une requête du chef de l'entreprise, qui expose sa situation financière, économique et sociale, les besoins de financement,ainsi que les moyens d' y faire face.

Titre II : Les procédures de traitement des difficultés de l'entreprise

Sous-titre premier : conditions d' ouverture

Article 560: Les procédures de traitement des difficultés de l'entreprise sont applicables à tout commerçant, à tout artisan et à toute société commerciale, qui n'est pas en mesure de payer à l'échéance ses dettes exigibles, y compris celles qui sont nées de ses engagements conclus dans le cadre de l' accord amiable prévu à l' article 556 ci-dessus.

Article 561: Le chef de l'entreprise doit demander l' ouverture d' une procédure de traitement au plus tard dans les quinze jours qui suivent la cessation de ses paiements.

Article 562: Le chef de l'entreprise dépose sa demande au greffe du tribunal. Sa déclaration énonce les causes de la cessation de paiement et doit être accompagnée des documents suivants:

1) les états de synthèse du dernier exercice comptable;

2) l'énumération et l'évaluation de tous les biens mobiliers et immobiliers de l'entreprise;

3) la liste des créanciers et des débiteurs avec l'indication de leur résidence, le montant de leurs droits, créances et garanties à la date de cessation des paiements;

4) le tableau des charges

Les documents présentés doivent être datés, signés et certifiés par le chef d'entreprise. Dans le cas où l'un de ces documents ne peut être fourni ou ne peut l'être qu'incomplètement, la déclaration doit contenir l'indication des motifs qui empêchent cette production.

Le greffier atteste de la réception de ces documents

Article 563: La procédure peut être ouverte sur l'assignation d'un créancier, quelle que soit la nature de sa créance.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Khalid Tritki
Le 8 décembre 2015 à 19h17

à lire aussi

Santé numérique : ce que le projet de loi prévoit de changer dans votre parcours de soins
Santé

Article : Santé numérique : ce que le projet de loi prévoit de changer dans votre parcours de soins

Le projet de loi 52.26 adopté en Conseil du gouvernement pose les bases de la santé numérique au Maroc. Dossier médical partagé, identifiant sanitaire unique, plateforme nationale et agence dédiée… Il encadre l’accès aux données, fixe les droits des patients et prévoit des sanctions. Détails.

Déficit budgétaire 2026 : le Maroc peut-il tenir les 3% ?
ECONOMIE

Article : Déficit budgétaire 2026 : le Maroc peut-il tenir les 3% ?

Malgré le choc énergétique, la hausse des dépenses sociales et salariales et l’accélération de l’investissement public, le gouvernement maintient son objectif de ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB en 2026. La cible est comptablement atteignable. Reste à savoir si cet ajustement repose sur des bases solides et durables.

Gazoduc Nigeria-Maroc : qui paiera et quand le gaz arrivera
Energie

Article : Gazoduc Nigeria-Maroc : qui paiera et quand le gaz arrivera

De Casablanca à Abuja, la signature de l’accord intergouvernemental le 19 juillet marque un tournant pour ce projet destiné à acheminer le gaz ouest-africain jusqu’au Maroc et à l’Europe, soutenu par d’immenses réserves gazières au Nigeria, au Sénégal et en Mauritanie. Qui doit le financer, comment il sera construit au Maroc et pourquoi le premier gaz n’est attendu qu’en 2031 : tour d’horizon.

Aviculture : prix toujours bas, jusqu'à 3 DH de pertes par kg pour les éleveurs
ECONOMIE

Article : Aviculture : prix toujours bas, jusqu'à 3 DH de pertes par kg pour les éleveurs

Les prix du poulet continuent de reculer au Maroc, creusant les pertes des éleveurs. Le secteur espère toutefois une remontée progressive des prix à partir de septembre, portée par une baisse attendue de l'offre et un léger rebond de la demande. Détails.

Settat : l’ONEE renforce l’alimentation en eau avec un projet de 210 MDH
Quoi de neuf

Article : Settat : l’ONEE renforce l’alimentation en eau avec un projet de 210 MDH

L’Office national de l’électricité et de l’eau potable a mis en service la première tranche d’un projet de 210 millions de dirhams destiné à renforcer et sécuriser l’alimentation en eau potable de Settat et des localités voisines. Cette première phase permet de doubler le débit d’alimentation de la ville.

La fondation CDG distingue six projets d’innovation sociale digitale
Quoi de neuf

Article : La fondation CDG distingue six projets d’innovation sociale digitale

La fondation CDG a clôturé la 2e édition de DIGIT@CTION, un programme dédié à l’innovation sociale digitale. Six projets portés par des associations ont été retenus et bénéficieront d’un financement, ainsi que d’un accompagnement pour soutenir leur déploiement.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité