Interdiction d’un festival de musique à Khouribga: les versions des deux parties
Une conseillère PJD de la ville est accusée d’avoir interdit le festival "Droubna" et d'avoir envoyé un bulldozer pour déplacer l'estrade.
L’édition du festival de musique "Droubna" de cette année ne s’est pas déroulée comme prévu. Programmé à partir du 26 novembre, le festival a connu pour sa 6e édition ce qui ressemble à un retournement de situation de dernière minute ayant fait capoter l’ouverture du rendez-vous musical.
Un bulldozer, sur décision de la conseillère municipale Rabia Tnainchi, a mis à l’écart la scène du festival sur la place Massira, au centre ville, lieu qui "devait", selon les organisateurs de l’événement, abriter la manifestation. En cause: "l’absence d’autorisation", indique l’élue PJDiste.
"Elle nous a donné l’impression qu’elle est contre la musique"
Joint par Médias 24, Youssef Bennajjar, président de l’association Droubna organisatrice de l’événement, s’indigne. Il n’imaginait pas qu’on en arriverait à ce point. Voici sa version des faits:
"Comme chaque année depuis 6 ans maintenant, nous organisons le festival sur la place Massira. Nous avons obtenu le feu vert du président du conseil municipal le 17 novembre, mais Mme Tnaitchi n’a pas répondu à notre demande d’autorisation. Elle a attendu le jour de l’ouverture, le 26 novembre, pour nous annoncer que la place avait été réservée par une société privée pour y installer des jeux d’enfants. Elle a ramené un bulldozer pour interdire le festival. Je ne m’attendais pas du tout à cela."

Suite à l’absence de retour de la part de la conseillère deux jours après l’envoi de la demande d’autorisation, et puisque le temps pressait, le président de l’association affirme que les organisateurs de l’événement se sont déplacés trois fois au bureau de la conseillère, en vue d’avoir rapidement une réponse de la part de l’élue locale, mais en vain.
"A chaque fois qu’on se déplaçait à son bureau, on nous disait qu’elle était à Rabat. Elle nous a dit par la suite qu’elle nous avait adressé une réponse orale, mais nous avions besoin d’une réponse écrite. Au lieu de nous aider, elle a essayé de nous mettre des bâtons dans les roues. Elle nous a donné l’impression qu’elle est contre la musique", explique M. Bennajjar.
"Je ne suis ni contre la musique, ni contre le festival"
Interrogée par notre rédaction, la conseillère municipale et vice-présidente du conseil municipal, Rabia Tnaitchi, a été on peut plus claire: le festival n’a pas eu l’autorisation de se produire sur la place Massira.
"Le festival n’a pas été autorisé à se produire sur la place Massira. Je n’ai pas interdit à l’association d’organiser le festival Droubna. C’est l’association qui a défié la loi en montant l’estrade de la scène sans aucune autorisation, alors que ce permis relève de mes fonctions. J’ai alors adressé un message écrit aux autorités locales et régionales qui se sont rendues sur place."
Selon Mme Tnaitchi, il n’a jamais été question d’interdire le festival. Elle ajoute que les autorités locales n’ont pas hésité à proposer des solutions alternatives à l’association. "La demande d’autorisation n’a pas été acceptée car le lieu était occupé par une société privée de jeux pour enfants. Nous avons alors informé, oralement, l’association. Nous lui avons proposé deux endroits: le stade municipal ou la place Bir Anzarane."
Quant à l’histoire du bulldozer, l’élue du parti de la lampe affirme que "l’engin n’a pas été utilisé", et que "les autorités ont fini par trouver un terrain d’entente avec l’association qui a finalement choisi la place Moulay Youssef pour son festival".
Bon gré mal gré, le festival s’est tenu sur la place Moulay Youssef, "sous la pression du préfet et du pacha". Une édition qui, malgré tout, a "cartonné avec plus de 10.000 spectateurs chaque jour [photos]. Nous n’avons jamais connu une telle affluence", se félicite M. Bennajjar.


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