FIDH et 10 ONG marocaines: “Le Maroc doit garantir l'égalité femmes-hommes en matière d'héritage”
La Fédération internationale des lignes des droits de l’homme ainsi que 10 associations marocaines (dont deux membres de la FIDH et 8 ONG partenaires) soutiennent la recommandation du CNDH au sujet d’une égalité totale hommes-femmes dans le domaine de l'héritage.
En plus de la FIDH, les 10 associations signataires sont:
l'Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM);
l'Organisation marocaine des droits humains (OMDH);
l'Association marocaine des droits humains (AMDH);
la Fédération nationale des associations Amazigh au Maroc;
le Forum des Alternatives Maroc (FMAS);
l'Observatoire Marocain des Libertés Publiques;
le Collectif Démocratie et Modernité;
le Mouvement ANFASS démocratique Maroc;
le Groupe antiraciste d'accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM);
l'Association ADALA.
Voici le texte intégral du communiqué.
"Le Conseil national des droits de l'homme (CNDH) du Maroc a récemment recommandé aux autorités d'amender les dispositions du Code de la famille relatives à l'héritage afin d'accorder aux femmes les mêmes droits que les hommes. Nos organisations soutiennent pleinement cette recommandation et appellent le Maroc à l'appliquer sans délai.
"Les dispositions du Code de la famille relatives à l'héritage sont discriminatoires et particulièrement défavorables d'une part aux enfants de sexe féminin et d'autre part au conjoint survivant. L'homme reçoit le double de la part reçue par une femme.
"Dans son rapport sur l'état de l'égalité et de la parité au Maroc du 20 octobre 2015, le CNDH a pris acte du caractère inégalitaire de ces règles, qui selon lui «participent à augmenter la vulnérabilité des filles et des femmes à la pauvreté». Il a constaté que «Dépourvues de capacités sociales, de nombreuses femmes cèdent leur part de la succession à un parent de sexe masculin sous prétexte de conserver la propriété au sein de la famille, ou sont victimes de certaines pratiques coutumières visant à les déposséder de leur héritage ou de la terre».
"Malgré la réforme du Code de la famille en 2004 qui a touché un seul point dans le système successoral, plusieurs autres dispositions demeurent inégalitaires, notamment la succession entre un musulman et un non-musulman, et ce en violation de la Constitution marocaine et des textes internationaux ratifiés par le Maroc, dont la Convention des Nations Unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes."
"Afin que le Maroc se conforme enfin à ses obligations constitutionnelles et internationales, le CNDH a donc recommandé aux autorités de réviser la législation successorale pour que l’égalité et l’équité soient rétablies en faveur du veuf/veuve et des descendants des deux sexes."
"La recommandation du CNDH relative à l'héritage constitue une nouvelle avancée dans la lutte pour l'égalité et la parité. Les autorités marocaines doivent saisir cette occasion pour consolider les acquis des femmes marocaines", a déclaré Karim Lahidji, Président de la FIDH.
"Le parti islamiste* au pouvoir depuis 2011, le PJD, a déjà exprimé son opposition à cette recommandation.
"Lors d'un rassemblement organisé en octobre sous la présidence d’Abdelilah Benkirane, le parti a qualifié les recommandations du CNDH d'irresponsables. «La position exprimée par le CNDH constitue un signe de progrès pour toutes les Marocaines et tous les Marocains. Se pencher sur la mise en œuvre de la recommandation constituera une autre étape dans la conquête de l'égalité et de la parité», s'est exclamée Amina Bouayach, Secrétaire générale de la FIDH."
*Médias 24 publie le texte intégral du communiqué mais exprime ses réserves et attire l’attention de ses lecteurs sur l’utilisation du qualificatif "islamiste" accolé au PJD et qui peut dénoter d’une volonté de stigmatisation ou d’un parti pris. La vision essentialiste n’aidera pas au débat. De plus, s’il s’était agi d’un autre parti, la FIDH aurait-elle précisé "parti de gauche" ou parti "libéral"? La FIDH n’a pas à se préoccuper des étiquettes mais du fond des questions soulevées.
à lire aussi
Article : Le Maroc face au risque d’une inflation alimentaire diffuse et composite
Alors que les instances internationales s'inquiètent d'un nouveau choc systémique mondial lié aux tensions géopolitiques, le Maroc navigue entre une campagne agricole prometteuse et des goulots d'étranglement logistiques nationaux. Si le blé tendre reste sous protection, les filières animale, sucrière et oléagineuse demeurent exposées à une inflation de second rang et à une saturation portuaire qui grignote les marges de manœuvre. Analyse.
Article : Pourquoi le taux d’inflation ne reflète pas toujours le vécu des ménages
Au Maroc, l’inflation ralentit, mais les ménages continuent de ressentir la hausse des prix et la pression sur leur pouvoir d’achat. Cet écart vient surtout d’une lecture incomplète du taux d’inflation, ainsi que de la nature même du panier représentatif utilisé pour mesurer l’évolution des prix.
Article : Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice
Le 28 avril, les deux cofondateurs du groupe, Karim Bernoussi et Youssef El Oufir, doivent finaliser le rachat des 65% du capital détenus par le groupe Altice, dont ils n'avaient conservé que 35% lors de l'entrée du partenaire français en 2016. Une opération qui redonne à ce fleuron de l'économie marocaine sa pleine liberté de manœuvre, au moment précis où son secteur est traversé par la déferlante de l'intelligence artificielle. Karim Bernoussi, PDG du groupe, était l'invité du 12/13 de Médias24.
Article : L’Oukaïmeden, station d’hiver et espace culte de transhumance
Alors que l’Oukaïmeden est appelé à devenir une station touristique quatre saisons à l’horizon 2027, l’anthropologue Mohamed Mahdi rappelle que ce territoire ne peut être réduit à un site de loisirs. Agdal pastoral, espace de transhumance, réservoir de biodiversité et patrimoine culturel amazigh, l’Oukaïmeden impose une approche de développement intégrée, capable de concilier tourisme, pastoralisme et préservation des équilibres sociaux et écologiques.
Article : La météo pour le lundi 27 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 27 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.
Article : Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar
L'aménagement de la lagune de Marchica s’apprête à un nouveau chapitre. Au-delà des avancées de la première phase, il dessine une nouvelle transformation urbaine et touristique d'ampleur, de Nador à Beni Ensar, jusqu'au village d'Arkman. L’enquête publique s’est achevée vendredi.