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Tariq Kabbage: “Pourquoi nous avons perdu Agadir et les élections“

Le chef de file d’Alternative Démocratique revient pour Médias 24 sur les raisons de l’échec électoral de son parti.

Tariq Kabbage: “Pourquoi nous avons perdu Agadir et les élections“
Samir El Ouardighi
Le 10 septembre 2015 à 16h34 | Modifié 10 septembre 2015 à 16h34

Tout en assumant la responsabilité, Tariq Kabbage ne se prive pas de donner des coups de griffe à ses adversaires politiques tenus responsables de l’abstentionnisme galopant.

Médias24: Comment expliquez-vous le score décevant de votre nouveau parti aux dernières élections?

Tariq Kabbage: Ma réponse s’inscrira dans le contexte général qui a présidé à la création de notre parti. N’ayant pas organisé à temps le congrès constitutif d’Alternative démocratique, nous avons dû nous présenter sous l’étiquette sans appartenance politique (SAP).

Nous avons perdu beaucoup de temps en faisant preuve d’indécision car certains de nos soutiens qui se disaient partisans d’un nouveau parti n’ont pas cessé de faire un pas en avant et deux pas en arrière.

Ces gens issus de l’USFP ont hésité pour des raisons que j’ignore, peut-être leur a-t-on fait des promesses, je ne le sais pas mais la question mérite d’être posée. Cette valse hésitation s’est poursuivie entre janvier et mars de l’année en cours.

Si quelqu’un a été prudent pour créer ce parti, c’est bien moi mais une fois la décision prise, il fallait avoir le courage de ses opinions et aller de l’avant ce qui n’a pas été le cas de tout le monde.

L’autre erreur a été d’essayer de convaincre des personnes ayant gelé leur activité à l’USFP. Je ne veux citer personne mais les concernés se reconnaîtront dans mes propos. Même si nous étions peu nombreux, nous aurions du lancer la création du parti plus tôt.

De plus, certains de nos éventuels électeurs ont confondu nos candidats avec ceux de l’USFP. L’illettrisme a fait que de nombreux sympathisants ont voté pour le symbole de la rose croyant à tort que c’était notre logo.

-Qu’en est-il de la ville d’Agadir dont vous avez perdu la mairie?

-Tous les éléments que je vous ai exposés font que nous avons eu le résultat que vous connaissez.

Notre défaite s’explique aussi par le fait qu’il y a eu une alliance gouvernementale du PJD avec le RNI que nous avons chassé de la mairie en 2009 et qui était connu pour ses pratiques immorales.

La présence de ce parti au sein de la future équipe municipale pose des questions sur le PJD qui se présente comme un parti propre. Cette alliance est inquiétante car l’expérience de ce parti aux affaires à Agadir entre 2003 et 2009 n’a pas laissé un souvenir de bonne gouvernance.

Nous sommes très tristes d’avoir perdu Agadir mais nous continuerons le combat au sein du conseil communal car nous avons beaucoup donné à cette ville et initié de nombreux projets innovants.

Nous lutterons pour que la bonne gouvernance, que nous avons engagée, se perpétue et pour que nos projets se réalisent.

-Quelle est votre analyse des scores des autres partis ?

-Au vu des résultats, l’ensemble des partis traditionnels apparaît déconsidéré aux yeux des électeurs.

Les scores sont le fruit des partis qui ferment des portes en refusant l’ouverture et en préférant rester entre eux. C’est un phénomène qui se retrouve dans tous les partis du mouvement national.

Concernant les partis de l’administration ou ceux qui ont été créés récemment, nous ne devons pas attendre grand-chose de leur part car ils ont utilisé l’argent de manière éhontée pour se faire élire.

Ces éléments font qu’une grande partie de la population refuse de se rendre aux urnes. Ce phénomène de désaffection s’est produit dans plusieurs grandes villes et Agadir n’y a pas échappé avec seulement 36% de votants. La majorité a préféré rester chez soi à attendre que ça se passe.

-Pensez-vous qu’il y a eu un raz-de-marée électoral des candidats du PJD?

-Au regard des chiffres de participation, je réfute ce terme car le seul vainqueur de ces élections régionales et communales, est l’abstentionnisme.

Dans la plupart des grandes villes, le taux de participation des électeurs s’est établi entre 20 et 35%.

Cela veut dire que même le parti qui s’est classé en 1e position n’a obtenu au final que 10 à 20% des voix du corps électoral. Il faut donc relativiser les chiffres car cela reste peu.

L’enseignement principal est que les Marocains ne croient plus en la politique et c’est ça le vrai danger qui nous guette. Je regrette que les gens n’aient pas entendu le message royal qui avait été très clair.

-Omar Balafrej et la FGD vont-ils réussir à mobiliser davantage les électeurs ?

-Notre combat continuera avec Omar Balafrej et avec tous ceux qui ont quitté les rangs de l’USFP. 

C’est le moment de nous asseoir ensemble et de nous poser la question suivante: l’idée d’une gauche progressiste doit-elle se perpétuer ou chacun va-t-il s’entêter à attendre seul dans sa tour d’ivoire?

-Au vu de ses résultats décevants, votre parti représente-t-il toujours une alternative à l’USFP?

-Nous ne sommes pas une alternative à un corbillard, ce n’est ni notre vocation ni notre ambition. C’est malheureux mais ce parti est devenu le fossoyeur de la gauche naguère flamboyante.

Celui qui tient ses rênes est un fossoyeur qui conduit le parti de la rose à sa dernière demeure.

-A l’horizon des législatives de 2016, pensez-vous améliorer votre score?

-Je ne suis pas en mesure de répondre à cette question car les projections peuvent s’avérer dangereuses. Tout ce que je peux dire, c’est que nous sommes à la fois sereins et très tristes pour notre pays.

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Samir El Ouardighi
Le 10 septembre 2015 à 16h34

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