A Tanger, démonstration de force de Benkirane qui adoucit ses attaques contre ses adversaires
Le huitième meeting électoral présidé par Abdelilah Benkirane au cours de cette campagne l’a mené à Tanger ce mercredi 2 septembre. 20.000 à 25.000 personnes l’y attendaient près de la gare de Moghogha.
Dès ses premières phrases, Benkirane lance: «On ne peut pas cacher le soleil avec le tamis. C’est le plus grand meeting tenu au Maroc durant cette campagne. Ceci est un peuple. Le PJD est le fils du peuple».
La foule exulte et répond par des «Vive le Roi», et «Benkirane sois tranquille, nous sommes là pour prendre le relais».
La foule apprécie que Benkirane a gardé le «meilleur» pour la fin: après Oujda, Fès, Meknès, Agadir, Tiznit et Tétouan le voici à Tanger. Ici, la compétition avec le PAM et le RNI est rude.
Entouré des candidats PJD aux élections régionales et locales de ce 4 septembre, il rappelle quelques points de son bilan gouvernemental:
-contribution à la sécurité et à la stabilité du pays;
-des fondamentaux économiques maîtrisés;
-le retour de la justice;
-la fin des grèves sauvages en tous genres;
-la bonne tenue des investissements étrangers;
-les bourses et l’assurance-santé aux étudiants;
-les augmentations de salaires des fonctionnaires... .
Des youyous fusent et la foule reprend quelques chants sur la nécessité de voter, de lutter contre la corruption, un parti qui ne paie ni des jeunes pour remplir des salles ou qui donne de l’argent pour acheter des voix.
“Ce sont des bandits“
Benkirane enchaîne: «Celui qui vous vole un objet ne vous vole qu’un simple objet. Mais celui qui achète des voix ou veut acheter des voix vous vole votre pays, votre école, vos droits et ceux de vos enfants. Celui-là est le pire».
«Le peuple veut le gouvernement Benkirane» scande la foule sur le rythme des chants du mouvement du 20 Février. Benkirane en profite, mais pour dire à la foule sur le ton de l’anecdote : «A Fès, la foule demandait la chute de Chabat».
Mais Benkirane veut aussi expliquer, donner quelques clés sur les «coulisses» de la politique. Il explique que son gouvernement a augmenté les tarifs de l’eau et de l’électricité «pour financer les investissements nécessaires» et que «la réforme de la caisse de compensation sert les équilibres du budget». «Mais cela, enchaîne-t-il, l’opposition ne l’a pas compris». La transition est toute faite.
A Tanger mercredi soir et contrairement au meeting de Fès 48 heures auparavant, Benkirane ne veut pas trop accabler le PAM et Chabat de l’Istiqlal. Il le dit à la foule: «On ne va pas accabler nos adversaires aujourd’hui».
Mais la foule n’est pas d’accord. Benkirane critique alors le PAM et Chabat. Il enclenche sur l’argent de la drogue et la politique selon Chabat et Ilyas El Omari. «Ce sont des bandits, dit-il, pour que les choses soient claires» sans jamais citer le nom du parti de l’Istiqlal mais toujours et seulement celui de Hamid Chabat le maire de Fès et secrétaire générale du parti d’Allal El Fassi.
Le pays, Dieu, la lampe et «surtout pas le tracteur»
Puis se tournant vers le PAM, il redemande à Mustapha Bakkoury de s’éloigner d’El Omari, fait une allusion au meeting raté du PAM à Casablanca dimanche dernier et glisse: «On a dit “we can“ et il nous a répondu “we Pam“; il aurait dû dire “we Pschiit“. La foule suit. Benkirane surprend et marque un point. Youyous et chants encore.
Abdelilah Benkirane maîtrise son discours et a son audience de son côté. Ce qui avait commencé par un accueil chaleureux, des mères qui lui tendent leur enfant pour un baiser et une photo-souvenir, s’achève par un appel politique en bonne et due forme.
«Le 4 septembre allez voter. C’est votre responsabilité vis-à-vis de votre pays et vis-à-vis de Dieu. Bien sûr, nous vous appelons à voter pour le parti de la lampe; mais votez ce que vous voulez sauf le parti du tracteur».
Votre pays, Dieu, la lampe et surtout pas le tracteur. C’est un peu la philosophie du PJD résumée. C’est simple et direct et ça pourrait rapporter gros.
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