“Pourquoi devez-vous voter pour moi?” 8 partis répondent
A l’approche des élections, cette question trotte dans la tête de tous les Marocains qui s’apprêtent à voter. Des dirigeants des 8 plus grands partis ont apporté leur réponse à Médias 24.
Devant la multiplicité des listes partisanes, certains électeurs ou abstentionnistes doutant encore de leur choix électoral aimeraient être fixés pour prendre la bonne décision devant les urnes. Notre rédaction a donc interrogé les 4 partis de la majorité et les 4 constituant l’opposition la plus active.
Nabil Benabdellah, secrétaire général du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS)
Didactique, le patron du parti du livre préfère faire court pour exposer les avantages à voter pour les candidats du PPS aux élections locales et régionales. Dans une réponse sans équivoque, Nabil Benbdellah oppose l'intégrité de ses candidats à la vénalité de certains adversaires politiques.
«Contrairement à d’autres partis, nous sommes dans la continuité de notre engagement basé sur la fidélité à nos principes. Notre principale différence avec nos adversaires réside dans la probité et la compétence. Nous avons veillé à ce que ce soit le cas de tous nos candidats qui se présentent à travers le territoire national.
«Pour faire court, notre parti se distingue par l’utilisation unique et inédite de la notion de Maakoul (sérieux). Pour ceux qui seraient tentés de penser que nous venons de mettre en œuvre ce slogan, je tiens à rappeler qu’il date maintenant d’une douzaine d’années».
Driss Lachgar et Habib El Malki numéros 1 et 2 de l’USFP
Pour le premier secrétaire du parti de la rose, l’équation est simple car le vote à venir des électeurs devra trancher entre le choix de la modernité incarnée par son parti et par les candidats du passé.
«Nos candidats sont louables et porteurs de valeurs modernes. L’USFP n’oblige personne à voter pour ses candidats car le choix se fait avant tout avec le cœur.
Je dois cependant ajouter qu’hormis les sentiments, la raison doit l’emporter au moment de déposer son bulletin dans les urnes. Chacun fera ses comptes et devra être en mesure de différencier les programmes de chaque liste sur des bases objectives ».
Pour Habib El Malki, la principale qualité des candidats de son parti est avant tout la responsabilité.
«Ces élections sont extrêmement importantes car ce sont les premières depuis l’adoption de la nouvelle Constitution qui ouvrent en plus la voie au grand chantier de la régionalisation avancée.
«La question du choix entre nos candidats et ceux de partis dont la culture politique est l’utilisation massive d’argent ne devrait même pas se poser. Nous sommes pour le respect de la dignité de nos citoyens car la persistance de pratiques d’achat de voix est une menace pour la stabilité du pays".
Optimiste sur les résultats de son parti aux prochains scrutins, le professeur El Malki affirme que l’opinion publique n’est pas dupe et qu’elle saura faire la part des choses entre les candidatures.
Salaheddine Mezouar, président du RNI
Nous sommes un parti qui n’entre pas dans les querelles au détriment du citoyen comme on l’a vu a longueur d’années précédentes.
Le RNI a engrangé des résultats probants que ce soit au niveau des communes ou du gouvernement car je vous rappelle que c’est grâce à nous que la crise gouvernementale a été surmontée.
Nous sommes un parti de stabilité qui privilégie l’entente au service du citoyen et qui œuvre pour le renouveau grâce à une nouvelle génération d’hommes et de femmes sur les listes.
J’invite donc les électeurs à comparer la crédibilité des candidats et s’il y a des candidats meilleurs et plus compétents que ceux du RNI, il ne faut pas hésiter à voter pour eux.
Mustapha El Khalfi, membre du bureau politique du Parti de la Justice et du Développement (PJD)
Mustapha El Khalfi liste les avantages à voter pour les candidats PJD.
Il met d’abord en avant la bonne gestion de ses élus sortants avant de dénoncer le bilan municipal ou régional de ses adversaires.
«Notre bilan est positif et nous l’avons d’ailleurs publié sur notre site, sur les réseaux sociaux et sur notre chaîne Youtube. Les transformations en termes d’infrastructures ont été radicales De plus nous avons multiplié les recettes des communes jusqu’à 5 fois ce qu’elles étaient à notre arrivée».
Le porte-parole du gouvernement poursuit que ses candidats sont les mieux outillés car la reddition des comptes a été demandée à tous les élus sortants (avant et après). Ceux qui n’ont pas été en mesure de rendre des comptes feront pour lui l’objet d’un vote sanction.
Pour illustrer sa pensée, il tient à donner un exemple précis:
«Lors de mes tournées, si je me dirige vers une commune gérée par le PJD, les lampadaires fonctionnent mais il suffit que je passe à une autre pour qu’il n’y ait plus d’électricité".
Le dernier point développé concerne les bénéfices qu’entrainera la régionalisation avancée.
«Grâce à elle, les recettes vont exploser et pour schématiser, c’est comme si le pilote d’une région qui roulait en mobylette va se retrouver au volant d’une Ferrari. Il convient donc de choisir avec soin ceux qui seront aux commandes des communes et des régions».
Taoufik Hjira, député du parti de l’Istiqlal (PI)
Sans hésiter, le président du conseil national du PI répond en utilisant une de ces métaphores dont il a le secret.
«Notre parti qui est le plus ancien du Maroc peut être assimilé à la maison familiale des grands parents. Je rappelle que tous les partis politiques sont les enfants de l’Istiqlal qui fête ses 80 ans.
«Ceux qui sont partis pour voter ailleurs finissent toujours par rentrer à la maison familiale. Qu’ils se soient brouillés avec nous ou perdus en chemin, ils font toujours partie de la famille de l’Istiqlal".
Taoufik Hjira poursuit que l’offre politique de son parti à l’horizon 2021 pour les élections du vendredi 4 septembre est basée sur la solidarité, les valeurs de proximité et sur l’authenticité.
Le député conseille aux électeurs qui considèrent que l’Istiqlal ne présente pas les meilleurs candidats de bien étudier le «package (programme, réalisations, profils)» proposé par leurs adversaires avant de se décider à voter.
Lahcen Haddad, coordinateur de la campagne électorale du Mouvement Populaire (MP)
M. HAddad nous affirme que de tous ses concurrents, seul son parti a présenté des programmes chiffrés et crédibles qui sauront faire la différence au moment des votes.
«Pour y arriver, nous avons accrédité des personnes proches des préoccupations des populations locales et régionales. Ce sont des gens de grande qualité qui incarnent la pluralité marocaine».
Mehdi Bensaïd, député du parti Authenticité et Modernité (PAM)
Le président de la commission des affaires étrangères met en avant les programmes électoraux concoctés sur la base d’une enquête auprès de 2.000 personnes qui permettra de répondre aux problématiques des citoyens.
«Nos candidats sont proches des citoyens car ils sont concernés par les villes et régions dans lesquels ils habitent. Personne n’a été parachuté et nous avons pris le soin d’injecter du sang neuf pour gérer les communes et les régions. Nous avons mis en avant une proportion importante de jeunes et de femmes qui sauront faire leurs preuves le moment venu».
Anouar Zyne, Secrétaire général de la jeunesse de l’Union Constitutionnelle (UC)
Cette étoile montante du parti avance que la stratégie électorale de l’UC repose avant toute chose sur la probité vérifiée de ses ressources humaines.
«Nous avons préféré sélectionner uniquement des candidats capables et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous n’avons couvert que 25% des communes et des régions.
«De plus, nous avons une méthodologie de travail qui a fait ses preuves dans plusieurs grandes villes (Casablanca, Meknès …) grâce à la mise en place de projets structurants".
Anouar Zyne avance qu’il est utopique de présenter des programmes bourrés de promesses que les partis ne pourront pas tenir.
«C’est une hérésie de s’engager sur des promesses sachant que les scrutins de listes ne permettent à aucun parti de dégager une vraie majorité. Les programmes adoptés seront le résultat de l’alliance hétéroclite de partis qui devront trouver un consensus sur les priorités locales ou régionales».
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