Laurent-Graciet: les révélations du JDD
Après BFM tv qui a publié un fac similé de l'arrangement conclu par Laurent et Graciet, voici que le JDD publie de succulents extraits des enregistrements des réunions effectués sous le contrôle de la police et du parquet de Paris. Absolument accablant.
La démarche est claire. Et ce n'est pas celle de journalistes. Les journalistes sont censés enquêter pour trouver la vérité, ils sont censés recouper. Ils ne sont pas censés contacter une personne objet d'un livre à charge pour discuter avec lui d'un "deal financier" selon leurs propres termes.
Le JDD, (Le Journal du Dimanche), apporte ce 30 août 2015 de nouvelles révélations sur l'affaire de chantage et d'extorsion de fonds. Il reprend d'ailleurs, pour la première fois dans un journal français, la qualification "d'association de malfaiteurs" demandée par le Maroc et révélée à Médias 24 par Me Eric Dupond-Moretti.
Dans un long article, le JDD reconstitue les principales étapes de l'enquête et révélève des extraits des enregistrements dont la plupart ont été effectués sous le contrôle de la police française ainsi qu'un extrait de la fameuse lettre-contrat manuscrite signée par les deux courageux journalistes d'investigation. Me Eric Dupond-Moretti a déclaré à Médias 24 que les deux dernières réunions ont été filmées par la police.
Les protagonistes sont trois: l'avocat marocain, dont le nom n'est pas révélé; Eric Laurent; Catherine Graciet. En coulisse, dont le procureur de Paris François Molin, trois juges d’instruction dont Isabelle Rich-Flament.
Trois réunions seront tenues au total avec Eric Laurent, la dernière en présence de Catherine Graciet, très méfiante et qui exigera un changement de lieu de la réunion… ce qui n’empêchera pas l’enregistrement.
La dernière réunion dure jusqu’à 16H. L’avocat marocain s’absente 50 mn, il demande à la police française l’autorisation de remettre l’argent (en coupures de 100 euros) préalablement préparé et revient avec deux enveloppes de 40.000 euros chacune.
Les mots échangés, sont sans ambiguité aucune. Un journaliste n’appelle une personne qui sera l’objet d’un article ou d’un livre, que pour confronter ses données et donner à la personne mise en cause l’occasion de corriger ou de livrer sa version.
Ici, nous sommes dans un “deal financier“ reconnu par l’auteur en raison “d’un contexte personnel difficile“, selon l’expression de Me William Bourdon, son avocat. Mais avoir besoin d’argent ne peut en aucun constituer une circonstance atténuante pour exercer un chantage. Ou pour être instrumentalisé pour tenter de déstabiliser un pays.
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