Casablanca. Une association saisit la justice pour la suppression des horodateurs
L'Association marocaine de protection des deniers publics part en croisade contre les sociétés chargées de la gestion des stationnements urbains, et appelle à poursuivre les fonctionnaires responsables des abus. L'affaire est entre les mains de la justice.
Une nouvelle affaire portée en justice par la section régionale de l'Association marocaine de protection des deniers publics de Casablanca, représentée par l'ancien bâtonnier Abderrahmane Benamrou, contre la société Pag Parking, gestionnaire des horodateurs et des parcmètres, le Conseil de la ville de Casablanca et toute personne responsable ou complice des immobilisations des véhicules par la pose de sabots.
La partie plaignante demande l'ouverture d'une enquête par la police judiciaire, afin d'identifier les responsables du maintien de cette pratique illégale, qui porte atteinte à la liberté de circulation, des atteintes punies en vertu de plusieurs articles du code pénal.
La plainte déposée par l'ancien bâtonnier se base sur le non respect par les autorités publiques d'un ensemble de textes relevant de différents codes marocains. Ainsi, selon les dispositions de la loi de finances de l'année 2015, il n'est permis d'astreindre des personnes physiques ou morales au paiement d'une somme d'argent que dans les cas stipulés par la loi.
Concrètement, le Conseil de la ville de Casablanca a délégué à la société Pag Parking Sarl le pouvoir de collecter les montants relatifs au parking dans la métropole, mais également des amendes en cas de non paiement de ces frais, tout en lui accordant le droit d'immobiliser les véhicules jusqu'au règlement de l'amende.
Le bâtonnier note dans le contenu de sa plainte qu'aucune disposition légale n'accorde le droit aux conseils communaux de fixer les tarifs de parking de voitures, ni le droit d'immobiliser les véhicules en cas de non paiement, ni celui de collecter les amendes.
D'ailleurs, plusieurs tribunaux administratifs (Casablanca, Rabat et Marrakech) ont déjà unanimement tranché sur cet abus en donnant raison aux propriétaires des véhicules. D'ailleurs, dans un jugement rendu par la cour d'appel à Rabat datant du 30 mars 2015, le juge a bel et bien confirmé la décision rendue en première instance.
Les éléments contenus dans la plainte déposée par la section régionale de l'Association marocaine de protection des deniers publics vise également le personnel de la commune. En effet, selon les dispositions de l'article 243 du code pénal : "Est coupable de concussion et puni d'un emprisonnement de deux à cinq ans et d'une amende de 5.000 à 10.000 DH tout magistrat ou fonctionnaire public qui sollicite, reçoit, exige ou ordonne de percevoir ce qu'il sait n'être pas dû, ou excéder ce qui est dû, soit à l'administration, soit aux parties pour le compte desquelles il perçoit, soit à lui-même."
L'article suivant dispose, dans son premier alinéa, qu' "Est puni des peines prévues à l'article précédent, tout détenteur de l'autorité publique qui ordonne la perception de contributions directes ou indirectes autres que celles prévues par la loi, ainsi que tout fonctionnaire public qui en établit les rôles ou en fait le recouvrement."
Les conséquences des charges retenues vont au delà des peines d'amende ou d'emprisonnement. Elles impliquent, dans le cas où la responsabilité des agents de l'autorité publiques est avérée, un retrait des droits civiques. À cet égard, la plainte déposée par Me Abderrahmane Benamrou invoque l'article 225 du code pénal, qui prévoit que "Tout magistrat, tout fonctionnaire public, tout agent ou préposé de l'autorité ou de la force publique qui ordonne ou fait quelque acte arbitraire, attentatoire soit à la liberté individuelle, soit aux droits civiques d'un ou plusieurs citoyens, est puni de la dégradation civique." Comprenez par là une atteinte aux libertés garanties par la Constitution marocaine qui consacre, dans son article 24, la liberté de circulation.
à lire aussi
Article : Le Maroc face au risque d’une inflation alimentaire diffuse et composite
Alors que les instances internationales s'inquiètent d'un nouveau choc systémique mondial lié aux tensions géopolitiques, le Maroc navigue entre une campagne agricole prometteuse et des goulots d'étranglement logistiques nationaux. Si le blé tendre reste sous protection, les filières animale, sucrière et oléagineuse demeurent exposées à une inflation de second rang et à une saturation portuaire qui grignote les marges de manœuvre. Analyse.
Article : Pourquoi le taux d’inflation ne reflète pas toujours le vécu des ménages
Au Maroc, l’inflation ralentit, mais les ménages continuent de ressentir la hausse des prix et la pression sur leur pouvoir d’achat. Cet écart vient surtout d’une lecture incomplète du taux d’inflation, ainsi que de la nature même du panier représentatif utilisé pour mesurer l’évolution des prix.
Article : Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice
Le 28 avril, les deux cofondateurs du groupe, Karim Bernoussi et Youssef El Oufir, doivent finaliser le rachat des 65% du capital détenus par le groupe Altice, dont ils n'avaient conservé que 35% lors de l'entrée du partenaire français en 2016. Une opération qui redonne à ce fleuron de l'économie marocaine sa pleine liberté de manœuvre, au moment précis où son secteur est traversé par la déferlante de l'intelligence artificielle. Karim Bernoussi, PDG du groupe, était l'invité du 12/13 de Médias24.
Article : L’Oukaïmeden, station d’hiver et espace culte de transhumance
Alors que l’Oukaïmeden est appelé à devenir une station touristique quatre saisons à l’horizon 2027, l’anthropologue Mohamed Mahdi rappelle que ce territoire ne peut être réduit à un site de loisirs. Agdal pastoral, espace de transhumance, réservoir de biodiversité et patrimoine culturel amazigh, l’Oukaïmeden impose une approche de développement intégrée, capable de concilier tourisme, pastoralisme et préservation des équilibres sociaux et écologiques.
Article : La météo pour le lundi 27 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 27 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.
Article : Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar
L'aménagement de la lagune de Marchica s’apprête à un nouveau chapitre. Au-delà des avancées de la première phase, il dessine une nouvelle transformation urbaine et touristique d'ampleur, de Nador à Beni Ensar, jusqu'au village d'Arkman. L’enquête publique s’est achevée vendredi.