Jacob Delafon Maroc recycle et robotise
Exclusif. Implanté à Tanger depuis 1980, le fabricant de sanitaires et d’équipements pour le bain Jacob Delafon Maroc (JDM) multiplie les investissements pour recycler et robotiser. Un centre de design est également en cours de mise en place.
Recycler les eaux usées et les déchets issus de ses rebuts de production, JDM fait cela depuis plus de 10 ans. L’usine recycle aujourd’hui ses mauvaises pièces en les broyant et en les réintégrant dans les processus de production.
Depuis une année, les moules en plâtre qui servent à fabriquer les pièces de sanitaires (éviers, lavabos, receveurs de douche, …) sont également récupérés en fin de cycle, les structures en métal retirées et le «vieux plâtre» retourné au fournisseur Lafarge, qui à son tour le réintègre dans son processus de production des ciments. La matière issue des pièces de sanitaires broyées représente 10% du total utilisé.
Ces opérations présentent d’évidents avantages écologiques et financiers pour les différentes parties. «Cela nous a pris trois ans à mettre en place avec Lafarge et en 2014, nous avons abouti», indique le DG de JDM pour le Maroc et le Maghreb, Philippe Cros.
Outre le recyclage des rebuts et des moules en plâtre, la récupération touche les eaux usées. L’usine de Tanger économise par ce biais 3.500 m3 d’eau par mois.
Le site de Tanger, vaste de 10,5 hectares, dont 40.000 m² couverts, abrite une station qui fait l’objet de mises à niveau périodiques. Dans un processus de fabrication qui utilise plusieurs matières premières minérales (argiles, silices, …) et qui ressemble à un immense atelier de poterie, l’eau est un ingrédient incontournable. «Nous visons, à travers nos actions environnementales, à atteindre le niveau de zéro empreinte environnementale en 2035», souligne Philippe Cros.
Des efforts sont également entrepris au niveau de la mise en place de systèmes de récupération de chaleur des fours de cuisson et avec l'usage de l’énergie solaire, le tout permettant de couvrir 20% des besoins de l’usine, qui travaille en 3 X 8 heures, 7 jours sur 7.
L’usine de Tanger a une capacité de production de 1,5 million de pièces de sanitaires, dont 50% destinés à l’export vers le Maghreb, le Moyen-Orient, l’Europe, l’Afrique et la Chine. JDM emploie 545 salariés sur son site de production tangérois, en plus du personnel de ses bureaux commerciaux à Casablanca, Rabat et Marrakech. En 2010, un investissement de 220 MDH a permis de pratiquement doubler les capacités de l’usine.
La nouveauté de l’usine de Tanger, qui sera officiellement présentée en septembre 2015, concerne la mise en place progressive de la robotisation des lignes de production. Sur les trois lignes de production dont dispose l’unité tangéroise, deux sont partiellement robotisées.
Sur l’une d'entre elles, un robot dispose les pièces obtenues par coulage à haute pression sur les supports de manutention, qui réalisent les pièces avant séchage et émaillage. Selon Philippe Cros, «le robot permet de potentiellement augmenter la productivité de 20%».
Sur une deuxième ligne de production, un robot armé d’un pistolet automatique émaille d’un jet régulier les pièces de sanitaires qui lui sont présentées.
Depuis une année également, le groupe Kohler a choisi d’établir un centre de recherche et de design à Tanger. Un responsable a spécialement été recruté pour cela. «La coordination entre le centre de Tanger et ceux de France, des États-Unis ou de laChine ont démarré», indique Philippe Cros. Le projet absorbera une enveloppe de 100 MDH, sur la période 2014-2018.
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