Fragments de vie de Abbès Saladi, auteur de la toile à 5 millions de DH
"L'offrande" est le nom que porte la peinture adjugée, en ce début de mois, à plus de 466.000 euros. Son auteur, Abbès Saladi, n'a pourtant pas connu la gloire de son vivant. Retour sur l'oeuvre et le parcours d'un artiste avant-gardiste.
"En réalité, lorsque je peins, je le fais pour moi-même, absolument pour moi-même et je ne soutiens aucune obédience à travers mon oeuvre. Je suis indépendant et n'appartiens à aucune école" avait déclaré Abbès Saladi à l'occasion d'un entretien réalisé par Jaafar Kansoussi à Marrakech en juin 1991, un an avant son décès.
Ses créations s'inspirent largement des descriptions mystiques de l'au-delà, mais également de la logique péripatéticienne d'Aristote. D'ailleurs, la représentation régulière d'humains à tête d'oiseau ou dotés d'un museau n'est que la manifestation de la définition donnée par Aristote: "tout homme est animal."
Le désir du peintre est de concrétiser ce qu'il appelle "l'absolue beauté". C'est donc tout naturellement que le thème récurrent de ses œuvres se rapporte au paradis.
A cet idéalisme, s'ajoute sa fascination pour la ville qui l'a vu naître, ainsi Abbès Saladi affectionnait tout particulièrement la Ménara de Marrakech, qu'il considérait comme un muse. "Je me suis rendu une fois à la Ménara. Du tableau que j'ai réalisé sur place, une série entière a vu le jour", déclarait-il.
La place mythique de la ville ocre a contribué également pour beaucoup à la formation de l'esprit artistique de autodidacte. "On allait à Jemaa' El-Fna comme on rentrait à l'université. Là, tu trouvais la Halqa de celui-ci qui raconte quelques épisodes de la vie du prophète, un autre la geste de Sayyiduna Ali; plus loin celui qui conte l'épopée de Antara; un autre encore dispensait une leçon de médecine, et puis peut-être tu voyais également un magicien, et pourquoi pas, à l'occasion, un devin... Mais maintenant, ce n'est plus qu'un champ clos de petits restaurateurs. Il n'y a plus de Jema' El-Fna" racontait-il en juin 1991.
Depuis son plus jeune âge, Abbès Saladi avait pour habitude de dessiner sur l'esplanade de Zaouiat Sidi Bel Abbès avec du charbon. Les croquis qu'il dessinait représentaient Hercule, la mosquée ou encore les aveugles...etc. se souvient sa soeur H'lima.
"Il a commencé à peindre plus tard, à l'âge adulte, lors de son séjour à l'hôpital psychiatrique Er-razi de Salé. Les tableaux réalisés pendant cette période représentent une série de bateaux de différents calibres. Toutes ses peintures ont été bien réussies ce qui a poussé la direction à les accrocher dans l'enceinte du bâtiment" a raconté la soeur d'Abbès Saladi, des propos recueillis et traduits par Abderrazzak El Qarouini, en 1993.
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