Nabil Ayouch: J'ai confiance quant à la diffusion de mon film au Maroc
Dans deux interviews à des médias français, Nabil Ayouch parle de son film avec des accents de sincérité extrêmement touchants. Il se battra pour sa diffusion au Maroc.
On peut ne pas aimer le film. On peut le stigmatiser, comme beaucoup le font. Mais il faut reconnaître une chose: Nabil Ayouch trouve des mots touchants pour parler de ces filles; il les humanise, et il a raisond e le faire, car ce sont d’abord des êtres humains.
Dans une interview à Fance 24 (vidéo), il se déclare confiant quant à la diffusion du film au Maroc. “Jai confiance“, affirme-t-il, “ce film est une partie de notre réalité. Je ferai le maximum pour qu’il soit autorisé“. Pour Ayouch, le Maroc est un pays exemplaire en matière de liberté, du moins dans la sphère arabo-muusulmane et il conçoit donc que dans d’autres pays, ce film serait interdit.
Car le film a choqué d’abord par la vulgarité des propos, tenus –Ô transgression-, par des femmes. “Je n’ai pas à les faire parler comme des poètes. Il faut arrêter l’hypocrisie. Les Arabes ne viennent pas d’une autre planète. Si l’on fait un film sur les banquiers, on montre bien les banques…“. Oui Nabil, sauf que les banques sont montrables, alors que là, vous avez osé l’indicible, le caché, le tu.
Et la pornographie, interroge la journaliste? Il n’y a pas de pornographie dans le film, répond Nabil. Il y a eu une seule scène audacieuse et sincère et certains à Cannes ont trouvé le film trop pudique, pour un film consacré à la prostitution. “Il est normal de doner la parole au sexe“, Ayouch dixit.
Il explique que les actrices ne sont pas des filles de nuit mais sont proches de sont milieu. La prostitution était déjà présente à la périphérie de précédentes œuvres de Nabil. Ce dernier a fini par se forger une opinion sur la question et “son point de vue s’est exprimé à travers cette fiction“. C’est un “discours humain par excellence“.
Projeté le mardi 19 mai, il a été suivi par une standing ovation dans la salle.
Dans une interview à Allociné, Nabil Ayouch trouve des mots très touchants pour parler de son intention. Des mots qui arrivent à convaincre de la sincérité de sa démarche.
La découverte du sujet: “ J'ai passé deux jours avec elles et ce qu'elles m'ont dit, m'a totalement bouleversé, blessé et donné suffisamment envie de retourner les voir et de rencontrer d'autres filles. Pendant un an et demi, j'ai fait un travail d'enquête, j'ai rencontré des centaines de filles, écouté des destins, des souffrances, des solitudes“.
La révolte de Nabil: “Ces femmes font vivre des centaines de familles et n'ont en retour que du mépris“... “Quand l'une d'entre elles me dit que le seul amour qui lui manque, c'est celui de ses parents, qui la considèrent comme un portefeuille, un guichet automatique, ça me fait mal. C'est ce que j'ai envie de crier le plus fort“. Ayouch a voulu montrer tout cela ainsi que la beauté cachée de ces femmes, d’où le titre “zine elli fik“.
Malgré le rejet compréhensible du langage et des attitudes par une grande partie du public, Nabil a réalisé un travail qui fera date. Culturellement parlant, cette œuvre sera la première reconnaissance de l’humanité de celles qui ne sont traitées dans le discours ambiant que de débauchées, catins, putes et dans le meilleur des cas, de travailleuses du sexe. Elles sont des êtres humains avant tout. Il y aura un avant et un après Much Loved.
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