Ouverture du festival de Fès des musiques sacrées
La Princesse Lalla Salma a présidé, vendredi soir à Fès, la cérémonie d'ouverture du 21-ème festival de Fès des musiques sacrées du monde, organisé autour du thème: "Fès au miroir de l'Afrique".
Le concert inaugural du festival consistait en une grande fresque musicale intitulée "Fès, à la quête de l'Afrique", qui a évoqué l'âme d'une Afrique aux héritages multiples. De la description de l'Afrique d'Hassan Wazzan (1490-1550, dit Léon l'Africain ou Yuhanna Al-Assad en arabe) jusqu'à la présence de la confrérie Tijani, Fès et sa médina, ont été le lien entre Andalousie et Afrique, rendant ainsi hommage à ces grands voyageurs nomades ou mystiques qui ont tissé des liens historiques entre le Maroc et l'Afrique.
Ce spectacle inaugural a remémoré les souvenirs de la vie de Hassan Wazzan, ses périples africains en tant qu'ambassadeur du Royaume de Fès, sa rencontre avec une Afrique aux paysages hallucinant alors qu'un conteur africain parle de la sagesse et de la mémoire africaine. Ainsi, cinq siècles après la description de l'Afrique, le spectacle a engendré une succession de tableaux musicaux et à la grande confrérie Tijania chorégraphiques qui se concluront par un hommage à la grande confrérie Tijania.
Cette saga, imaginée et mise en scène par Alain Weber, a été illustrée par les chants, rythmes et danses d'artistes de renom du Maroc, du Mali, de Mauritanie et du Sénégal et s'est achevée en apothéose par un enchainement de tableaux, mêlant musique, chants et figures chorégraphiques, évoquant la confrérie Tijania et son maître tutélaire Sidi Ahmed Tijani, inhumé à Fès (1737-1815) .
Cette fresque musicale présentée avec des technologies multimédia les plus innovantes a connu la participation des artistes représentant le Royaume du Maroc, la Mauritanie, le Mali, le Sénégal, le Burkina-Faso, la France et les Etats-Unis. La soirée a été également rehaussée par la brillante prestation de Said Thagmaoui dans le rôle de Hassan Wazzan (Léon l'Africain) et de Bakary Sangaré dans le rôle du pèlerin africain.
A l'issue de cette cérémonie, la princesse Lalla Salma a été saluée par certains artistes qui ont animé ce spectacle inaugural.
En sa vingtième et unième édition, étape de sa chronologie, le festival de Fès des musiques sacrées du monde célèbre l'Afrique, que la ville de Fès irradie de ses spiritualités et dont elle s'est constamment nourrie, par la foisonnante richesse des relations qu'elle a entretenues, tout le long de son histoire avec cette terre de son enracinement.
Les deux volets de cette édition, le forum et les spectacles, se déclineront au rythme de l'évocation des pérégrinations et des œuvres emblématiques que furent celles de Hassan Wazzan et de Sidi Ahmed Tijani, fondateur de la Tariqua Tijania, dont se réclament un très grand nombre d'adeptes, notamment en Afrique de l'Ouest.
Le forum dirigé par le philosophe Ali Benmakhlouf, sera animé par une pléiade d'intellectuels parmi le plus illustres de notre temps, invités à débattre outre de la relation de Fès avec son sud africain, des défis et enjeux auxquels le continent africain est, dans sa grande diversité, confronté.
Cette édition connaitra la participation d'une palette d'artistes et de stars de renommée internationale, dont Oumou Sangaré, la grande diva du Mali, la grande vedette Emiratie Hussain Al Jassmi, Ballaké Sissoko et ensemble de kora de Bamako- Mali, les Masques de la lune- Burkina Faso, les Enfants de Doudou N'diaye Rose et la danse Simb des Lions Sénégal, Coumbane Mint Amartichitt- l'art des griottes de Mauritanie, Chérifa- chant tamazight du Moyen-Atlas- Maroc et Malick Sow, maitre Tijani de Tivouane- Sénégal, outre des artistes du Maroc.
Depuis son coup d'envoi en octobre 1994, le Festival des musiques sacrées du Monde continue d'être un véritable appel à la paix des âmes et à l'harmonisation dans la diversité des cultures spirituelles, qui se donnent rendez-vous en un seul espace.
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