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CULTURE

Nabil Ayouch, loin des clichés

Rétrospective. Que ce soit dans les chevaux de Dieu, Ali Zaoua ou son dernier long métrage Much Loved, le cinéaste franco-marocain s’attaque à des sujets sensibles, des réalités sociales parfois oubliées, quitte à secouer des spectateurs.   

Nabil Ayouch, loin des clichés
Hamza Mekouar
Le 21 mai 2015 à 13h41 | Modifié 21 mai 2015 à 13h41

Avant même sa sortie en salles, le nouveau long métrage de Nabil Ayouch soulève un tollé. Certains crient au scandale et décrient la «vulgarité gratuite» d’un film qui «nuit à l’image du pays». D’autres saluent son audace et son réalisme. 

Audace et réalisme, c’est de cela qu’il s’agit dans l’œuvre du cinéaste franco-marocain considéré comme l’un des plus brillants de sa génération. Loin de la carte postale, Ayouch porte un regard lucide et aiguisé sur des sujets parfois hautement délicats, quitte à choquer une partie des spectateurs.

Scénarios millimétrés, mises en scène précises et percutantes…que ce soit dans Mektoub, Ali Zaoua ou les Chevaux de Dieu, les thèmes choisis par le cinéaste internationalement reconnu sont traités dans un souci constant de vérité quasi documentaire. Et dans sa quête de réalisme, ce « documentariste instinctif et étonnant »1 n’hésite d’ailleurs pas à engager des acteurs non-professionnels pour les rôles principaux.         

Réalisateur « engagé dans une voie artistique passionnelle », ses films s’inscrivent dans une «stratégie de combat menée au nom de la liberté et de la tolérance»2

Au cœur de la fabrique des kamikazes

Dans les chevaux de Dieu, film choc sorti en 2012 et sélectionné pour représenter le Maroc aux Oscars, Nabil Ayouch plonge au cœur de la fabrique des kamikazes dans le bidonville de Sidi Moumen. Et nous fait découvrir de l'intérieur comment le désarroi moral est instrumentalisé par le fanatisme, à travers l’histoire d’une bande de jeunes qui se feront endoctriner jusqu’à devenir des chevaux de Dieu, kamikazes au service du Jihad…

Le cinéaste dira dans une interview qu’il voulait comprendre comment les enfants de ce quartier ont pu devenir les kamikazes responsables des attentats de mai 2003 de Casablanca.

Un conte émouvant sur la misère enfantine

Dix ans auparavant, Nabil Ayouch sort Ali Zaoua prince de la rue, une fresque émouvante sur la condition et la misère enfantine. Pour la première fois, un film montrait sans concession, sans langue de bois, mais sans misérabilisme aucun, le quotidien des enfants des rues de Casablanca. 

Deuxième long métrage de Nabil Ayouch, ce film multi-primé et sélectionné lui aussi pour les Oscars repose sur une troupe de très jeunes acteurs amateurs, à l’exception de Saïd Taghmaoui, seul acteur professionnel du film. 

Un premier long métrage audacieux

En 1997, alors qu’il n’avait pas 30 ans, Ayouch réalise Mektoub, son premier long métrage. Là encore, le cinéaste fait preuve d’audace en s’inspirant d'un fait divers qui avait défrayé la chronique marocaine au début des années 1990: l’affaire du commissaire Tabit, coupable de multiples violences à caractère sexuel et condamné à mort en 1993. En substance, le réalisateur n’hésite pas à dénoncer les inégalités, l'abus de pouvoir et la corruption qui règne au Maroc.

L’essayiste et critique Denise Brahimi voit dans Mektoub une œuvre «riche et complexe(…) ce qu'il y a de meilleur dans le cinéma marocain(…), une représentation lucide et sincère des effets produits par l'enrichissement rapide, spectaculaire, d'une certaine couche de la population et par le passage brutal, sans transition, du stade féodal encore proche au règne sans partage de la bourgeoisie urbaine». 

Mektoub fut auréolé d'un grand succès au Maroc et d’une sélection aux Oscars au titre de meilleur film étranger. Une première pour un film en provenance du Maghreb.                                                                          

 

1, selon Azoury Philippe, critique de cinéma à Libération,

2, Leslie Bentchakal pour le Figaro,

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Hamza Mekouar
Le 21 mai 2015 à 13h41

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