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SFR préfère Madagascar au Maroc, les outsourceurs relativisent

Le départ partiel de l’opérateur télécom français n’inquiète pas outre mesure le président de l’AMRC Youssef Chraïbi. Trois sous-traitants marocains travaillent pour SFR.

SFR préfère Madagascar au Maroc, les outsourceurs relativisent

Le 13 mai 2015 à 17h17

Modifié 13 mai 2015 à 17h17

Le départ partiel de l’opérateur télécom français n’inquiète pas outre mesure le président de l’AMRC Youssef Chraïbi. Trois sous-traitants marocains travaillent pour SFR.

La nouvelle a été révélée par le Canard enchaîné : l’opérateur de téléphonie mobile français SFR va transférer sa hotline marocaine vers Madagascar. Le journal évoque même un chiffre : 1.000 emplois supprimés.

Malgré nos tentatives d’obtenir confirmation de cette information auprès de l’opérateur télécom français, le service de communication de SFR n’a souhaité ni infirmer ni confirmer son retrait partiel du Maroc.

Le président de l’association marocaine de la relation client (AMRC) Youssef Chraïbi explique toutefois que cette décision n’aura pas grande incidence sur le secteur car « le secteur de l’offshoring emploie plus de 65.000 personnes au Maroc ».

Youssef Chraibi avance que si ce chiffre se confirmait, cela représenterait un manque à gagner de 200 MDH pour les trois sous-traitants marocains qui travaille avec l’opérateur français.

Une perte peu conséquente au regard des 8 MMDH de revenus annuels que génère cette industrie à l’export pour le Maroc, selon lui.

Pour Youssef Chraibi, cette décision n’est pas nouvelle car l’opérateur français s’est déjà désengagé du Maroc pour s’installer au Sénégal : « Ce n’est en aucun cas un retrait total de SFR du Maroc ».

Il souligne que l’émergence de ce secteur au Maroc n’a pas fait disparaitre le secteur en France et que son développement vers des destinations low-cost comme Madagascar ne détruira pas d’emplois au Maroc.

« Le Maroc conservera son positionnement nearshore haut de gamme car même s’il n’a jamais été le plus compétitif en termes de coûts, il continue de drainer 50% de l’offshore francophone globale ».

Refusant de parler de désaffection, il avance que le secteur est encore en croissance et qu’il créé des emplois nets chaque année au Maroc. « Une croissance toujours présente de l’ordre de 5% depuis 2 ans, 5% contre plus de 10% pendant les 10 dernières années ».

Afin d’enrayer un éventuel mouvement de retrait, l’installation de zones franches défiscaliséesest en tête de liste des recommandations du secteur de l’outsourcing car «  paradoxalement, les zones dédiées aux professionnels de l’offshoring ne sont pas des zones offshore ».

« L’approche de fidélisation des acteurs installés est préférable à celle qui préconise l’acquisition de nouveaux acteurs, en leurs faisant des promesses, qui ne sont pas toujours tenues comme les retards de remboursement de la TVA, de l’ANAPEC et du Trésorier Payeur. »

Pour fixer les opérateurs étrangers, il avance que des mesures adaptées ont été récemment mises en place comme la baisse des coûts télécoms pour les liaisons internationales, et un accord avec l’OFPPT concernant des formations en langues.

Conscient que cette manne en termes d’emploi et de richesse n’est pas acquise définitivement, il ne se dit pas inquiet pour autant car le phénomène d’externalisation s’intensifiera dans les années à venir au profit du Maroc qui est un des leaders en termes de qualité offerte.

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