Souvenirs. Avec Bamous, le Maroc était devenu une nation de football
L’ancien capitaine et numéro 8 de l’équipe du Maroc de football le général de brigade Driss Bamous est décédé jeudi 16 avril à l’âge de 72 ans. Il a été inhumé vendredi à Rabat.
L’ancien joueur des FAR et officier est né en 1942 et avait mené les Lions de l’Atlas à la coupe du monde de football au Mexique en 1970 avec classe et brio. En 1964, il avait participé aux Jeux Olympiques de Tokyo. Il venait de rejoindre l’équipe de football des FAR une année auparavant.
Une icône nationale
Agé de moins de 10 ans à l’époque à la fin des années 1960, j’ai eu le privilège de voir jouer quelques-uns des matches de qualification de l’équipe du Maroc pour Mexico 1970 au stade d’Honneur de Casablanca en compagnie de mon père, d’un cher oncle et de mon frère aîné.
J’avais l’âge où l’on commençait à peine à avoir de la mémoire. Huit, neuf ans. Mais je n’oublie pas l’ambiance de folie qui régnait les jours de matches au Maârif, l’entrée du stade, les marchands de pépites, de glaces et de sandwichs «saucisse», les après-midi ou les soirs de matches lorsque l’équipe du Maroc jouait à Tunis ou à Dakar.
En 1968 et en 1969, pendant la période des matchs de qualification, le stade d’Honneur était pour nous le centre du monde.
En juin 1969, le Maroc se qualifiait pour la phase finale du Mondial prévue en juin 70 au Mexique.Le centre du monde allait basculer du stade d’Honneur et du Maârif à Léon au Mexique en juin 70. C’est l’exploit et le voyage que réussit à faire vivre aux Marocains cette équipe menée par Bamous avec Allal, Ghazouani, Faras et Filali à ses côtés.
On était fiers, on découvrait le bon football marocain, le Mexique, Pelé, la finale Brésil-Italie.
Il me reste un fort souvenir des matches de l’équipe du capitaine Bamous contre l’Allemagne, le Pérou et la Bulgarie disputés au Mexique. Le Maroc qui ouvre le score contre l’Allemagne. La bérézina contre le Pérou. La résignation face à la Bulgarie. Les premiers téléviseurs en noir et blanc venaient d’arriver au Maroc depuis à peine trois ou quatre ans. Du moins chez nous à la rue de Normandie à l’époque.
Les jours de match de juin 1970, c’étaient parents et amis dans le salon, bruits et cris dans la maison. Les épouses et mères assuraient le service, levaient les bras au ciel devant tant de grabuge, de cris, de jurons parfois. L’ambiance frisait parfois la crise cardiaque. En tous les cas l’expression revenait souvent.
A l’époque, Beckenbauer ne nous impressionnait pas outre mesure. Nous avions Bamous au centre du terrain. Capitaine efficace et rassurant.
Près de l’exploit
Lors de son premier match à Léon le 3 juin, le Maroc frisa l’exploit. Menant 1-0 contre l’Allemagne grâce à Hommane, les attaquants Sieller puis Muller ramènent le score à 1-2. Mais un score pareil face aux coéquipiers de Franz Beckenbauer laissait tous les espoirs permis.
De manière réaliste, une qualification au tour suivant restrait possible: le Maroc avait déployé un bon jeu et il restait encore deux matches à jouer.
Le second match du Maroc le 6 juin contre le Pérou fut une mini-déroute: 3-0 et un attaquant, Cubillas, dont on se rappelle le nom. Il avait marqué par deux fois.
Le troisième match vit le Maroc affronter la Bulgarie le 11 juin et la rencontre s’achever sur un score de 1-1. Marocains et Bulgares terminèrent 3èmes ex-aequo de leur groupe. Ils étaient éliminés, l’Allemagne et le Pérou qualifiés.
Le Maroc quittait la compétition la tête haute cependant. Bamous, les goals Allal et Hazzaz, Ghazouani, buteur contre les Bulgares, Homane, Filali, Faras et les autres étaient nos héros. Ils en avaient l’étoffe et on ne les a pas oubliés.
Le Maroc devenait une nation du football international. Bamous et les siens avaient fait du Maroc la seule équipe qualifiée au Mondial Mexico 70, la deuxième équipe depuis l’Egypte en … 1934. A la fin des années 1960, années des qualifications pour le mondial mexicain, les pays africains et arabes sortaient à peine de l’ère des protectorats et des colonies.
Les rouges et Verts seront accueillis en grande pompe à Casablanca et à Rabat. Driss Bamous sera promu colonel des FAR (Gendarmerie). Il continue à jouer au football jusqu’en 1973, mettant fin à une carrière de joueur débutée en 1963. Il sera promu colonel major puis général de brigade en 2003.
De 1963 à 1973, Bamous aura remporté sept titres de championnat, deux coupes du Trône et participé à deux finales de la fameuse coupe Mohamed V, rendez-vous estival des fans de foot au stade d’Honneur.
Bamous occupera la présidence de la FRMF de 1986 à 1992. A ce titre, il accompagnera les Lions de l’Atlas à la phase finale de la coupe du Monde … au Mondial du Mexique en 1986. En 1988, alors que le Maroc organise la coupe d’Afrique, les Lions de l’Atlas atteignent la demi-finale.
En 1998, il reviendra brièvement à la direction technique de l’équipe nationale avant le Mondial 1998 en France et après les médiocres résultats à la CAN 98. Il fallait mettre un sage, un médiateur, entre Henri Michel et les joueurs.
Qu’il repose en paix.
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