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Le climat des affaires dans les provinces du sud vu par un banquier

Après la tenue du forum de la CGEM à Laâyoune, Ahmed El Jamri président régional de la Banque populaire recense pour nos lecteurs les problèmes handicapant le climat d’affaires des provinces du sud.

Le climat des affaires dans les provinces du sud vu par un banquier
Samir El Ouardighi
Le 31 mars 2015 à 17h20 | Modifié 11 avril 2021 à 2h36

Depuis 1976, la Banque Populaire est immergée dans les provinces du sud. C’est dire que dans cette banque, on connaît bien la région.

Pour lui, «le samedi 28 mars, jour de l’annonce des 6,2 milliards de DH d’investissements, est une date historique car pour la première fois, les opérateurs privés se sont rendus en masse pour investir dans cette région du Maroc».

Le président de la Banque populaire de Laâyoune (BPL) veut mobiliser tous les moyens matériels, humains et financiers pour accompagner les provinces du sud vers une transformation économique majeure.

S’il se félicite de cette première, cela n’empêche pas Ahmed El Jamri d’affirmer que cet objectif ne pourra pas se réaliser rapidement sans un effort certain pour améliorer le climat local des affaires.

Plusieurs obstacles comme le foncier, la fiscalité ou le transport doivent être réglés d’urgence pour que d’autres investisseurs suivent le mouvement enclenché par les opérateurs de la CGEM.

«Le problème du foncier se pose surtout dans la ville de Laâyoune où l’essentiel des terrains ne sont pas immatriculés à la conservation foncière (…) l’exemple le plus frappant est la distribution par la société publique El Omrane de lots de terrain non enregistrés ».

Le flou fiscal constitue aussi un frein pour l’ensemble des entreprises désirant investir dans la région. «Depuis le discours du défunt Roi Hassan II sur l’exonération de l’impôt sur les sociétés des entreprises opérants localement, les opérateurs privés réclament tous un code des investissements. Pour clarifier la situation fiscale, les nouveaux entrants ont besoin de savoir s’ils seront exonérés de l’IS à vie, pour 20 ans ou selon les tranches du chiffre d’affaires réalisé».

Rappelons que le Code général des Impôts ne prévoit qu’un taux réduit d’IS et rien d’autre. Dans la pratique, aucun impôt n’est payé, ni TVA, ni IS, ni IR.

Malgré une volonté de faire du Maroc un hub vers l’Afrique, les ardeurs des investisseurs sont refroidies par un réseau inefficace de communication routière et aérienne.

«Au regard de l’étendue géographique d’une région constituant 59% du territoire national, le manque d’autoroutes et la rareté des liaisons aériennes handicapent toutes velléités d’investissements d’opérateurs marocains ou étrangers ».

Le problème des infrastructures est essentiel et tout reste à faire pour valoriser les potentialités régionales. «Il n’existe aucune clinique dans les provinces du sud alors que le développement du tourisme est lié à l’équipement sanitaire».

Après avoir énoncé les freins à l’investissement, M. Al Jamri déclare que le forum de Laâyoune initié par la CGEM, la BP et le ministère de l’Intérieur aura pour vertu de relever le niveau des exigences structurelles. «Investir, c’est un message d’avenir et notre établissement s’inscrit dans cette dynamique car aucune autre banque ne s’est autant impliquée dans cette stratégie de développement».

Le président de la banque populaire de Laâyoune (BPL) rappelle que l’année 2014 a été marquée par la réalisation de performances remarquables de son activité bancaire.

Le climat des affaires dans les provinces du sud vu par un banquier

Depuis la récupération des provinces du sud en 1976, cette banque qui a été la première à s’y implanter (photo de la première agence ci dessus) est devenue la locomotive bancaire régionale avec une croissance commerciale ininterrompue.

La BPL a connu une progression des dépôts de 33% par rapport à 2013 pour un montant à fin 2014 de 3,948 MMDH, soit un gain de part de marché de 13 points, c’est-à-dire  54,3% contre 41,6% à fin 2013.

Les crédits à l’économie se sont élevés à 2,959 MMDH, soit un accroissement annuel de 4% et une part de marché appréciable de 68% suite à une dynamique de financement de l’économie régionale.

Le marché du financement a bénéficié aux grandes entreprises, aux PME-PMI et aux particuliers avec une prédominance pour les secteurs de l’énergie, de la pêche et du commerce.

Grâce à son réseau bancaire de 26 agences, la BP est un pionnier. Le taux régional de bancarisation est de 60% contre 40% au niveau national et le nombre de clients porteurs de cartes bancaires de 72.143 à fin 2013.

La convention de financement signée le 28 mars dernier entre la CGEM et la Banque Populaire va consolider la dynamique des investissements en encourageant les initiatives croisées entre ces provinces et les régions du nord du Royaume.

Hormis les 6,2 MMDH d’investissements annoncés par la CGEM, Ahmed El Jamri révèle que sa banque va financer d’autres investissements pour un montant s’élevant à plusieurs centaines de millions de dirhams.

Le leader bancaire régional qui compte 90.000 clients dont 17.200 sociétaires veut profiter du large éventail d’atouts géographiques en contribuant au développement des initiatives privées.

Pour ce faire, la Banque populaire a inauguré en mai 2014 un nouveau siège ultra-moderne à Laâyoune pour accompagner l’essor des provinces du sud et renforcer sa proximité avec ses clients.

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Samir El Ouardighi
Le 31 mars 2015 à 17h20

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