Paris débloque 6,1 MDH pour son lycée et son école de Tanger
Le lycée Regnault et l’école Berchet vont bénéficier de travaux de mise aux normes. Les deux établissements sont centenaires et connaissent une forte demande.
Un budget de 4,45 MDH sera alloué ce printemps pour mettre aux normes le lycée Regnault de Tanger qui a fêté en 2013 son centenaire. Berchet aura 100 ans en 2017. Un avis d’appel public à la concurrence a été publié en ce sens le mois dernier.
L’établissement qui accueille près de 500 élèves va connaître une mise aux normes électriques et de sécurité incendie pour trois de ses bâtiments principaux. Des planchers vont être renforcés et des menuiseries remplacées. L’étanchéité et l’amélioration de l’isolation thermique de plusieurs bâtiments est également prévue.
Patrimoine éducatif et architectural
Véritable monument d’architecture néo-mauresque avec des touches plus modernes dans sa partie de la salle des pas perdus, le lycée français de Tanger est situé au cœur de la ville, à moins de 100 mètres de l’avenue Mohammed V sur la rue Allal Ben Abdallah.
L’établissement a une longue histoire d’excellence avec des lauréats aussi fameux que l’ancien ministre et banquier Mourad Chérif ou l’écrivain et romancier Tahar Ben Jelloun.
L’école primaire Adrien Berchet, située à environ 500 mètres du lycée, place Al Madina, connaîtra également quelques travaux. Là aussi, remise aux normes des réseaux électriques et incendie et remplacement de menuiseries vieillissantes sont au programme. L’école des plus jeunes bénéficie d’un budget plus réduit, 1,65 MDH.
La façade de l’école Berchet constitue également un petit monument de l’architecture du début du siècle dernier avec ses arcs voûtés. Elle accueille 472 élèves dont 238 jeunes français.
Outre l’âge, ces deux bâtiments scolaires français qui dépendent de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) font l’objet d’une utilisation « intensive ».
Outre les cours dispensés aux écoliers, collégiens et lycéens, Berchet et Regnault accueillent à longueur d’année les adhérents de l’Institut français pour les cours de langue. Par ailleurs, Regnault comme Berchet affichent complet depuis des décennies.
Les places y sont rares et chères, entre 25 et 50.000 DH par élève par an selon le niveau et la nationalité. Marocains et Français paient moins cher que des Belges ou des Libanais.
La forte demande pour Regnault comme pour Berchet n’a pourtant jamais poussé les responsables français au Maroc à envisager une extension de la capacité d’accueil ou la création d’un campus plus important. Dans les années 1980, des menaces avaient pesé sur la survie à terme des établissements français de Tanger.
La demande pour les établissements français est exponentielle
Il y a cinq ans, un établissement de l’OSUI (Office scolaire et universitaire international), l’école du Détroit, a ouvert ses portes dans le quartier de Boubana et a très vite rencontré un succès grandissant. L’établissement qui applique les programmes de l’école publique et laïque française est pédagogiquement contrôlé par l’administration française. Une année de scolarité y coûte entre 35 et 55.000 DH par an et par élève selon le niveau.
L’explosion des investissements français dans la région depuis 10 ans a contribué à maintenir une forte demande pour Berchet et Regnault tout en permettant à l’école du Détroit de satisfaire une demande plus importante chaque année.
Cette année, « le Détroit accueille 773 élèves et compte en accueillir 840 à la rentrée 2015-2016 » indique son directeur Eric Porée. Le Détroit accueillait 450 élèves en 2010. « Nous investissons constamment, chaque année, pour améliorer nos infrastructures » souligne son directeur.
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