Développement. Le Maroc atteindra 90% des OMD fin 2015
Scolarisation au collège, inégalités sociales et place des femmes sont les domaines où le pays est loin des objectifs du millénaire pour le développement.
Depuis l’adoption par le Maroc de la Déclaration du millénaire en 2000, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) réalise des rapports nationaux tous les 2 ou 3 ans pour suivre les engagements du pays en la matière.
A partir des projections établies suite au bilan de 2012, le Maroc ne réalisera pas totalement les objectifs du développement (OMD). Ceux-ci devraient être atteints à plus de 90% à la fin 2015.
Eradication de l’extrême pauvreté et de la faim et recul de la pauvreté absolue
L’extrême pauvreté et la faim sont presque éradiquées au Maroc depuis le début des années 2000. Le Maroc a pratiquement mis fin à l’extrême pauvreté: 0,28% de la population vivait avec moins de 1$ par jour en 2011, contre une valeur cible de 1,8% des OMD à l’horizon 2015. Même constat pour la pauvreté alimentaire : en 2011 0,5% de la population était en situation de pauvreté alimentaire (atteinte d’un niveau minimal d’apport calorifique), contre une cible de 2,3% en 2015 des OMD.
Le taux de pauvreté absolue a été réduit de plus de la moitié entre 2001 et 2011. A cette date, 2 millions de Marocains vivaient avec moins de 2,15 $ (10,5 DH) par jour. En revanche la pauvreté relative - mesurée à 60% de la médiane des dépenses de consommation par habitant - a faiblement diminué, passant de 22% de la population en 1990 à 19,4% en 2007.
L’accès des populations aux services sociaux de base a connu une cadence rapide. Le pourcentage des bénéficiaires de l’électrification rurale s’établir à 98% en 2012 contre 9,7% en 1994 et celui de la desserte en eau potable à 93% contre 14% en 1994.
Malgré tout, des inégalités sociales en hausse
Les inégalités sociales manifestent une rigidité à la baisse. Entre 1990 et 2011, aucun indicateur révélateur des inégalités de consommation n’a évolué, certains ayant même augmenté. Les 10% des ménages les plus aisés représentaient encore le tiers des dépenses de consommation (33,8% en 2012 contre 31,7% en 1990 !), et les 10% les moins aisés représentaient 2,6% de ces dépenses (même chiffre en 1990).
L’inégale survie dans le système éducation-formation serait la principale source d’inégalités : 31% de l’inégalité totale est due à la différence entre les niveaux de formation des individus.
L’inégalité des chances est également un facteur prééminent pour expliquer les disparités salariales. 26% de ces disparités ne sont expliquées ni par l’éducation, ni par l’expérience ou les capacités, et donc par d’autres facteurs discriminants comme l’entregent ou la condition sociale.
Enfin l’étude sur la mobilité sociale révèle le caractère structurel de ces inégalités : seules 17,9% des femmes voient leur situation socio-professionnelle améliorée par rapport à celle de leur père contre 43,7% chez les hommes. De même la mobilité sociale est plus répandue parmi les citadins (51%) que parmi les ruraux (15%).
Et des disparités régionales
Si les OMD sont une cible à atteindre au niveau national, le HCP a introduit des indicateurs de pauvreté au niveau régional, ce qui permet de faire ressortir les niveaux d’évolution par région.
Or celles-ci connaissent des rythmes très variés pour l’atteinte des OMD. Les régions de Meknès-Tafilalet, Taza-Al Hoceima-Taounate, Doukala-Abda et Gharb-Chrada-Beni Hssen qui sont aujourd’hui les plus pauvres (avec un taux de pauvreté relative allant de 8% à 10% de la population) ont connu un rythme de réduction de la pauvreté relative d’environ -50% entre 1990 et 2012, en-deçà de la cible de -66%.
Dans ces régions, tous les indicateurs de développement indiquent une rupture avec la moyenne nationale. Le Gharb présente le plus fort taux d’habitat sommaire (20% de la population contre 6% à l’échelle nationale). Le taux d’alphabétisation y est aussi le plus faible (75% contre 85% à l’échelle nationale). La région de Taza présente le plus faible taux d’accès au réseau d’assainissement (24% de la population contre 60% à l’échelle nationale). La mortalité infantile y explose (45‰ contre 36‰ à l’échelle nationale).
La scolarisation au primaire quasi-généralisée en 2012
Les effectifs de l’enseignement primaire ont enregistré une croissance continue. En 2012, on comptait 4.016.934 élèves au primaire soit un taux net de scolarisation des enfants âgés de 6 à 11 ans de 97% contre 87% en 2004, et 60% en 1994. Le taux d’achèvement du scolaire est passé de 76% en 2008 à 86% alors que la charte avait prévu un taux d’achèvement de 90% à cette date.
Le taux de scolarisation au niveau collégial est encore alarmant, avec un niveau de 54% en 2012 contre 43% en 2008, alors que la cible pour 2015 est un taux de scolarisation des 12-14 ans de 100%. Le taux d’achèvement n’y est que de 65% en 2011.
En creux, ces scores positifs mais insuffisants expliquent que le taux d’alphabétisation reste bien en dessous de la cible visée par les OMD. De 85% en 2012 (avec une forte disparité hommes/femmes) auprès des 15-24 ans, il devrait attendre moins de 90% en 2015, contre une cible de 100% prévu par les OMD.
Hommes et femmes ne sont toujours pas logés à la même enseigne
Des progrès remarquables ont été faits en 20 ans pour éliminer les disparités entre les sexes dans l’enseignement. Entre 1990 et 2012, le taux de parité du primaire est passé de 66% à 91%, celui du supérieur de 56 à 91%. L’inégalité face à l’alphabétisation se réduit, puisque pour 100 garçons entre 15 et 24 ans alphabétisés, on compte pratiquement 85 filles alphabétisées contre 65 en 1990. Il apparaît également que les filles ont un taux d’achèvement du collège supérieur à celui des hommes puisque la parité garçon/fille passe de 78% au collège à 92% au lycée. Le bilan est plus contrasté néanmoins entre la ville et la campagne, où la parité au collège n’est que de 57% et au lycée de 64%.
En revanche, peu de progrès ont été réalisés en matière d’emplois en 10 ans. Les taux de féminisation de la population active occupée selon le statut socio-professionnel sont restés relativement stables entre 2000 et 2012. Les femmes représentent 20% de la population salariée en 2012, contre 22% en 2000, et 8% des employeurs, contre 6,6% en 2000.
Au niveau de la lutte contre les violences faites aux femmes, le chiffre unique dont on dispose pour 2009 donne froid dans le dos : le taux de prévalence de la violence à l’égard des femmes y étaient de 63%, soit 2 femmes sur 3 victimes de violence.
à lire aussi
Article : Au-delà du bilan Akhannouch, lecture des indicateurs du marché du travail
Sous le gouvernement Akhannouch, le marché de l’emploi reste le principal point de fragilité de l’économie. Ce problème est ancien mais s’aggrave au fil du temps. Médias24 confronte les engagements du gouvernement à ses réalisations et analyse, au-delà du mandat, plusieurs indicateurs du marché du travail sur une longue période.
Article : Secteur minier. Après une année 2025 record, 2026 s'annonce déjà comme un cru très prometteur
2025 restera comme un millésime d'exception pour les mines marocaines. Cours au plus haut, volumes en hausse, nouveaux projets en maturation... Le secteur profite pleinement d'un cycle mondial porteur. Et 2026 s'annonce tout aussi favorable, sous l'effet de plusieurs signes.
Article : Ordre des experts-comptables. Élections sur fond de réflexion sur l’ouverture du capital
Le 21 mai 2026, les experts-comptables élisent les membres du Conseil national et des conseils régionaux de leur Ordre pour les trois prochaines années. Au-delà de ce renouvellement, la profession réfléchit à faire évoluer son cadre, notamment sur la question de l’ouverture du capital des cabinets. Détails.
Article : Le trafic aérien en hausse de 11,15% à fin mars 2026
L'Office national des aéroports (ONDA) a annoncé que le trafic aérien commercial dans les aéroports du Royaume a enregistré 8.913.041 passagers à fin mars 2026, soit une croissance de 11,15% par rapport à la même période de l'année précédente.
Article : Mondial 2026. Le double pivot, pierre angulaire du projet Ouahbi
Les deux milieux de terrain devant la défense constituent l’élément central du dispositif tactique du sélectionneur national. Un principe qui assure l’équilibre des Lions de l’Atlas, conditionne la récupération du ballon et la première phase de construction. Mais qui n’est pas sans risque.
Article : SIAM 2026 : malgré un taux de couverture de 60%, 450 communes rurales restent exclues des services financiers selon Bank Al-Maghrib
À Meknès, le directeur général de Bank Al-Maghrib, Abderrahim Bouazza a indiqué que 450 communes rurales restent sans services financiers malgré une couverture de 60%. Il a aussi annoncé l’équipement de 50 coopératives en TPE et rappelé que 25% des programmes d’éducation financière ont ciblé le monde rural.