Beaucoup de bruit autour de l'oeuvre “Silence”
Programmée dans le cadre de l’exposition «Femina» en France, l’œuvre de Zoulikha Bouabdellah a été retirée à sa demande craignant de susciter des réactions inappropriées.
Mise à jour : 30 janvier 2015
L'oeuvre "Silence" de l'artiste franco-algérienne Zoulikha Bouabdellah sera finalement réinstallée au Pavillon Vendôme de Clichy-la-Garenne, selon une information du quotidien francophone, Libération.
28 tapis de prières identiques, alignés et découpés en leurs centres pour accueillir 28 paires d’escarpins dorés. Cette œuvre iconique intitulée «Silence» et signée de la plasticienne franco-algérienne Zoulikha Bouabdellah ne sera désormais plus présentée en Haut-de-Seine, en France, dans l’exposition «Femina ou la réappropriation des modèles », à la demande de l’artiste.
Dans cette exposition, ouverte au public depuis dimanche 25 janvier au pavillon Vendôme de Clichy-la-Garenne, en lieu et place de cette scénographie, figure un panneau sur lequel le spectateur apprend que Zoulikha Bouabdellah et Christine Ollier, une des commissaires de l’exposition, «ont choisi de retirer la pièce «Silence» afin d’éviter toutes polémiques et récupération au sujet de cette installation qui ne représente aucun caractère blasphématoire».
Cette décision polémique soulève de nombreuses interrogations quant à l’état des libertés dans une France qui a marché unie et unanime le 11 janvier dernier pour se dresser contre la montée du fascisme, de la radicalisation et de l’extrémisme. Pour de nombreux commentateurs, l’artiste a préféré l’autocensure par crainte…
Ce geste «cache une censure plus grave encore» s’insurge Christine Ollier dans une lettre ouverte, publiée sur le site spécialisé L’œil du photographe. Celle-ci dénonce de nombreuses pressions exercées par «une association de confession musulmane» et adressées à certains «responsables de la mairie, pour obtenir le retrait de l’œuvre. La mairie a cédé à ces pressions et s’est désolidarisée de l’exposition si l’œuvre devait être présentée», souligne la commissaire d’exposition. Et d’ajouter sans ambages que «quelles que soient les motivations de l’artiste et des commissaires, le résultat est catastrophique»…
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