Emouvant. Des bénévoles associatifs racontent leurs expériences
Qu’ils soient médecins, étudiants ou cadres, ces acteurs contribuent à sortir les populations les plus vulnérables de leur enclavement.
Elle s’appelle Farida Azmi, cadre dans une grande société industrielle, elle est revenue en fin de semaine dernière de sa troisième caravane avec la Banque alimentaire du Maroc.
Une action organisée dans la province de Tata et dont ont bénéficié près de 300 familles. «Lorsque nous nous sommes rendus sur place, nous avons remarqué que seules 5 familles avaient bénéficié de petits paniers contenant les vivres distribués par l’Etat», témoigne Farida Azmi, avant de poursuivre: «dès notre arrivée, nous avons été accueillis par le moqadem et le président de la commune. Les habitants du village étaient très heureux de nous accueillir, et ont apprécié le fait que nous avons passé entre 14 et 15 heures en route pour arriver à destination.»
Fort d’une expérience de 10 ans dans le domaine humanitaire, Hicham Nejjari est le président de l’association Jeunes de l’Atlas. Son association accompagne régulièrement les caravanes de la Banque alimentaire.
Depuis deux ans, la fondation créée par Karim Tazi a assuré l’appui technique et le matériel nécessaire à l’association qui a vu le jour le 14 avril 2004 à Taroudant.
«Durant les cinq premières années de l’existence de notre association, nous organisions des événements diversifiés qui allaient de l’organisation de ftours aux activités de sensibilisation. Le travail que nous avons effectué durant cette période nous a permis d’identifier un certain nombre de besoins précis, notamment en ce qui concerne les enfants. C’est ainsi que nous avons créé, en 2010, l’association Anaruz (qui signifie «espoir» en amazigh) pour travailler avec les enfants du milieu rural. Dont la première action a été le lancement du Bibliobus, afin de rapprocher le livre des enfants issus du milieu rural», nous raconte Hicham Nejjari.
L’association compte sur un réseau de 200 bénévoles, et se donne pour mission de réaménager les écoles situées dans les régions reculées. «Il est nécessaire, pour la réussite des projets que nous menons, d’intégrer l’ensemble de la population. Pour remettre à niveau les écoles rurales (restauration des portes et fenêtres, remise en état des toilettes…etc.) la population compte sur le soutien de professionnels bénévoles (soudeurs, menuisiers…etc.).»
Si en temps normal, les projets de ce genre se déroulent sans incidents, Hicham Nejjari met en garde contre certaines pratiques: «il faut garder à l’esprit que la politique est très présente dans les villages et endroits reculés. Il nous est déjà arrivé de faire l’objet d’une volonté de politisation de notre action par les élus locaux. Certains représentants membres de partis politiques n’hésitent pas à vouloir s’attirer les éloges à partir des actions que nous menons, surtout à l’approche des échéances électorales. Voilà pourquoi nous évitons de travailler avec les communes et préférons organiser nos actions en collaboration avec les associations locales.»
Niveau animation, les jeunes bénévoles marocains font montre d’un grand esprit de partage et de dévouement, à l’image de Driss Alaoui, président de l’office national des cadres pédagogiques. Il collabore régulièrement dans les caravanes de la banque alimentaire.
«Lors de nos déplacement, nous organisons plusieurs séries d’évènements, à destinations des jeunes et des adultes», nous déclare Driss Alaoui. «Les animations destinées aux enfants se décomposent sont de plusieurs formes. Il peut s’agir d’activités ludiques avec un clown, ou pédagogique lorsqu’on organise des quizz et des distributions de récompenses et de cadeaux aux gagnants», nous raconte l’associatif.
Et de poursuivre: «il y a une certaine particularité entre les événements que nos organisons dans les villes et dans les villages. En milieu rural, très souvent, les personnes âgées se joignent aux jeux du quizz avec les enfants. Ce moment de partage intergénérationnel montre que contrairement à l’idée répandue, les chefs de famille dans le monde rural ne sont pas plus autoritaires que les urbains. C’est aussi un message que nous véhiculons à travers nos actions; celui que l’enfant doit être encouragé.»
Cette solidarité, on la ressent également dans le témoignage de Farida Azmi. «Pendant les quelques jours que dure la caravane, les bénévoles sont invités à partager le quotidien des habitants. Lors d’une action que nous avons organisée, nous étions logées dans une tente avec plusieurs autres bénévoles et des femmes du village. Durant toute la nuit, elles nous ont parlé de leur calvaire quotidien, de l’absence d’eau potable, de la difficulté d’accéder à l’école. Bref, de la dure vie qu’elles mènent», témoigne-t-elle. « On en revient changé, car on commence à tout relativiser!»
Wafaa Naji, une ancienne étudiante de l’ENCG nous livre, de son côté, son témoignage très humain d’une expérience qu’elle a vécue lors d’une caravane humanitaire dans l’Atlas.
«Avec une amie, nous avons transporté le panier de vivres d’une dame âgée jusqu’à sa maison très modeste perchée au sommet d’une montagne. A notre arrivée, elle a vivement insisté pour qu’on reste un moment chez elle. Elle a sorti le peu de nourriture qui lui restait, et l’a partagé avec nous», raconte Wafaa Naji avant de conclure: «il faut relativiser la valeur des choses. Bien que ce que cette vieille dame a partagé avec nous n’était pas d’une grande valeur, pour elle, ces verres de lait étaient tout ce dont elle disposait. Il y a des leçons à en tirer.»
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