La Banque mondiale recommande d’investir plus dans la santé
Jean-Pierre Chauffour, économiste principal pour le Maroc à la Banque mondiale, explique pourquoi le capital humain est une pièce importante dans l’évaluation de la richesse immatérielle du pays. En dépensant plus dans la santé, le Maroc accroîtra sa richesse immatérielle.
Evoquée lors du discours royal du 20 août 2014, la définition exacte de la richesse immatérielle soulève plusieurs interrogations.
Les critères de la Banque Mondiale sont pourtant bien définis. Ils ont été élaborés d’après deux rapports publiés par l’organisme international en 2005 et 2011. Ces rapports répondent, respectivement, aux questions sur les richesses des nations, et sur leur évolution.
« Un troisième rapport est actuellement en cours de préparation », nous apprend Jean-Pierre Chauffour, représentant de la Banque mondiale et économiste principal pour le Maroc, qui s’exprimait lors d’un débat sur le capital humain tenu à l’Ecole nationale de Santé publique de Rabat.
L’intérêt d’identifier la richesse immatérielle trouve son essence dans le fait que le PIB ne peut être un indicateur fiable pour le calcul de la richesse. En effet, l’approche patrimoniale ne s’intéresse qu’au stock de biens disponibles.
De plus, la croissance peut cacher une dégradation de la richesse. « A titre d’exemple, un accident de voiture entraine automatiquement des dépenses liées au dédommagement, à la réparation, etc. Ces montants viennent accroitre le PIB, alors qu’en réalité, c’est une fausse croissance » indique le spécialiste de la Banque mondiale.
Ainsi, la richesse totale est définie par la Banque mondiale comme étant « la consommation nationale soutenable à travers le temps » ou en d’autres termes la possibilité qu’a un Etat de soutenir sa propre consommation en cas d’absence de ressources extérieures.
La richesse totale est composée de 4 grandes rubriques, subdivisées en plusieurs sous-catégories :
-la richesse produite qui regroupe l’ensemble des structures, machines, équipements et développements urbains. Ce capital se déprécie au fil du temps ;
-la richesse naturellequi compte évidemment l’ensemble des ressources naturelles du pays ;
-le capital financier,calculé sur la base du stock d’actifs, diminués de l’endettement.
Le capital intangible (ou immatériel) est ce qui résulte de la différence entre la richesse totale et l’ensemble des 3 rubriques.
Le capital humain, une composante importante du capital immatériel
La richesse immatérielle se subdivise, selon la définition donnée par la Banque mondiale, en 3 sous-catégories :
-le capital institutionnel,
-le capital social,
-le capital humain.
Ce dernier paramètre englobe la dimension sanitaire. En effet, il prend en compte :
-l’espérance de vie (déclinée sous une forme comptable d’amortissement du capital humain),
-l’efficacité productive du capital humain (vigueur, force de travail, etc.),
-la capacité d’apprentissage et de création (rendement du capital humain),
-la capacité d’affronter le stress (l’adaptabilité).
Concernant le Maroc, la Banque mondiale estime que le pays dispose d’une richesse immatérielle totale élevée, malgré la faible importance de son capital humain, et suggère entre autres, pour y remédier :
-d’augmenter les dépenses de santé,
-de faciliter l’accès aux soins,
-d’améliorer la gouvernance,
-de renforcer l’efficacité du système.
Ces mesures doivent être accompagnées de réformes axées sur la croissance économique afin d’augmenter le retour sur investissement.
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