Le Maroc compte 50.000 mosquées dont le budget est de 2 milliards de DH/an
Lors de la présentation du budget sectoriel de son ministère, Ahmed Taoufik, ministre des Habous et des affaires islamiques, est revenu, notamment, sur le bilan 2014 relatif aux travaux afférents aux mosquées ainsi que les projets envisagés pour l’année prochaine.
50.000, c’est le nombre de mosquées que compte le Maroc, d’après les dernières estimations du ministère des Habous et des affaires islamiques
Pour l’année 2015, le ministère disposera d’une enveloppe de 2 milliards de DH [i] dont les deux tiers (1,385 milliard de DH) seront dédiés à la gestion des mosquées et à la rémunération du personnel. Le reste, à savoir 635 millions de DH, sera consacré aux travaux de construction, équipement et réhabilitation des mosquées.
Durant l’année 2014, Le ministère a lancé les travaux de construction, réhabilitation, restauration et équipement de 79 mosquées pour une enveloppe de 405 MDH. Le nombre des mosquées en voie d’achèvement et qui seront bientôt accessibles aux public est de 118 mosquées pour un coût total de 562.1 MDH.
Construction de nouvelles mosquées
112.1 MDH ont été alloués à la construction de onze nouvelles mosquées dans les zones urbaines tandis que 6.4 MDH ont déjà été dépensés pour finaliser la construction de deux grandes mosquées.
La zone rurale n’est pas en reste puisque trois nouvelles mosquées seront construites avec un montant de 12 MDH.
Le ministère programme également la construction de 20 mosquées chaque année dans des quartiers jugés isolés. Au titre de l’année en cours, des bienfaiteurs ont construit 14 mosquées de ce genre. Le ministère, quant à lui, en a construit 6 pour un montant estimé à 63.4 MDH.
Avec ce programme, considéré comme des plus urgents par le ministère, ce dernier ambitionne d’éradiquer graduellement et définitivement des lieux qui ne conviennent pas à la prière.
Réhabilitation des mosquées endommagées
En 2010, le nombre de mosquées fermées en attendant leur réfection était de 2.427. En 2014, 684 mosquées ont été réhabilitées ce qui a réduit le nombre de mosquées fermées à 1.743. Selon le rapport du ministère, pour que ce chiffre soit encore revu à la baisse, il faudrait débourser la modique somme de 3,2 milliards de DH.
La réhabilitation des mosquées recouvre également un volet environnemental. A ce sujet, des efforts ont été déployés par le ministère des Habous et des affaires islamiques en collaboration avec le ministère de l’Energie, des mines de l’eau et de l’environnement. Le premier a participé, à hauteur de 7 MDH, dans le programme d’épuration des conduites d’eau de 167 mosquées. La contribution du département chargé de l’environnement, pour sa part, est estimée à 5 MDH.
Enfin, le ministère a conçu un programme portant sur le suivi et le contrôle, au cas par cas et de manière périodique, de la situation de différentes mosquées. A ce jour, seulement 600 mosquées sont concernés par ce programme qui coûe 13 MDH.
Restauration des mosquées historiques
L’année 2014 a connu la restauration de deux mosquées historiques ce qui a coûté au ministère 18 MDH.
Il est à rappelé que, depuis 2004, 399 MDH ont été dépensés par le ministère pour la restauration de 57 mosquées historiques. Ce chiffre équivaut à 30% du nombre global des grandes mosquées historiques.
L’équipement et l’ameublement
592 mosquées ont bénéficié du programme d’équipement et d’ameublement auquel le ministère a procédé au titre de l’année en cours. 258.400 mètres carrés de salles de prière ont été tapissées pour un cout s’estimant à 37 MDH.
Le ministère s’active également à l’étranger, surtout en Afrique. Durant l’année en cours, il aura déboursé pas moins de 17 MDH aux fins de réparation, d’équipement ou d’ameublement de mosquées en Guinée, Gabon, Tchad en passant par la Cote d’ivoire ou le Mali.
L’optimisation de l’efficacité énergétique des mosquées
Les mosquées ont été intégrées dans le programme national qui vise à réduire, de 12 à 15% et jusqu’en 2020, la consommation d’énergie par les établissements publics.
A cette fin, les ampoules classiques seront remplacées par les ampoules à diode électroluminescente, plus économiques et plus endurantes. En plus, les mosquées seront dotées de plaque à énergie solaire qui alimentera les chauffe-eaux.
Ce programme, qui connait la collaboration du ministère avec l’Aderee [1], a fait l’objet d’une étude préliminaire sur un échantillon de 3 mosquées. L’agence a conclu que la réduction de la consommation pouvait atteindre, dans certains cas, un taux de 40%.
La généralisation du dispositif anti-incendie
Dans ce sillage, un accord a été conclu entre le ministère et la direction générale de la protection civile, stipulant la mise en œuvre d’un dispositif de prévention contre les risques d’incendie.
Aux termes de cet accord, les mosquées du royaume seront munies de tuyaux anti-incendie, d’extincteurs mobiles et portatifs et de systèmes automatisés pour l’évacuation des personnes en danger.
Le recensement des Zaouia et mausolées
Pour la première fois, des statistiques complètes ont été dressés pour le recensement des «Zaouia» et mausolées au Maroc. Toutefois, la teneur de ces statistiques n’a toujours pas été dévoilée par le ministère qui prévoit, en outre, la conception d’une carte nationale de ces édifices considérés comme une composante essentielle du champ religieux.
Des avancées sur le plan juridique
Ces activités ne vont pas d’elles-mêmes et doivent être régies par des normes juridiques appropriées. En l’occurrence, la construction et l'aménagement des lieux de culte musulman sont régis par le Dahir portant loi N°1.84.150 du 2 Octobre 1984. Texte qui a été complété par le Dahir 1.14.121 du 23 Juillet 2014 relatif au contrôle de l’état des édifices de mosquées.
Comme son intitulé l’indique, ce texte fixe de manière stricte les règles et les personnes compétentes pour le contrôle de l’état des mosquées. A travers les dispositions qui s’y déploient, cette nouvelle loi vise à mettre en place des mécanismes efficaces de prévention.
À ce titre, les mosquées seront soumises à des expertises techniques périodiques exercées par des bureaux d’études spécialisés. En cas de risque d’effondrement, une commission régionale instituée en vertu du même texte, est tenue de décider la fermeture immédiate de la mosquée. Après quoi elle devra prendre les mesures nécessaires pour endiguer tout dégât collatéral. De même, en vertu du même dahir, des mesures spécifiques sont applicables dès lors que l’édifice en question est considéré comme patrimoine historique.
Enfin, si la commission décide de démolir la mosquée dont le risque d’effondrement est avéré, les titulaires de baux Habous ont le droit de préférence en cas de reconstruction de la mosquée. En revanche, si la démolition est définitive, les titulaires des baux, Habous ou non, ont droit à réparation.
[1] L’Agence Nationale pour le Développement Des Energies Renouvelables et de l’Efficacité Energétique
[i] 2.020.940.000,00 DH plus exactement
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