Pour sauver les oliviers d’Oujda, des citoyens s’organisent en association
L’affaire de l’abattage des oliviers dans la ville d’Oujda prend une dimension politique qui dépasse et de loin le périmètre urbain de la capitale de l’Oriental. C’est désormais un bras de fer entre des élus d’une part et d’autre part une communauté de citoyens et une société civile pugnaces.
Le maire a cru pouvoir bannir l’olivier de la ville d’Oujda. Un groupe de citoyens très exigeants et activistes veut le faire reculer et entend le contrôler au jour le jour. En d’autres termes, ce qui se joue à Oujda est pédagogique pour l’ensemble du Maroc. La démocratie locale, la gestion des villes, leur gouvernance ne s’amélioreront que lorsque les citoyens feront entendre leur voix. Aux élections mais pas seulement.
Le groupe des défenseurs de l’olivier «Touche pas à mon olivier» va se constituer en association.«Citoyen et environnement oriental» pourra désormais se battre à armes égales avec la municipalité d’Oujda et même remettre en cause sur le terrain de la justice certains de ses arrêtés.
Malgré la décision du maire Omar Hjira de surseoir provisoirement le 16 octobre dernier, à l’exécution de son arrêté prévoyant l’abattage des oliviers de la ville avant fin 2014, le groupe «Touche pas à mon olivier» continue sur sa lancée. Il a déposé une requête et ses statuts auprès des services de la wilaya d’Oujda pour poursuivre son action citoyenne sous la forme d’une association.
Interrogé par Médias 24, Samir Osman un des administrateurs du groupe, apporte son éclairage sur les intentions futures de l’association. Il assure que si l’arrachage sauvage et clandestin des oliviers a presque cessé depuis 15 jours, c’est seulement grâce au travail de harcèlement de son groupe à coup de publications de vidéos et d’images gênantes pour le conseil municipal.
Cette mobilisation locale a largement porté ses fruits et prouve que l’engagement des citoyens dans le futur passera surtout par les réseaux sociaux.
M. Osman pense que le succès inespéré du groupe doit être capitalisé en prenant la forme d’une association pour être davantage prise au sérieux. Rappelons que ce mouvement né sur Facebook a réussi à constituer une opposition de choc à l’arrêté polémique du maire de la ville.
Le temps est venu de se battre sur un terrain juridiquement balisé et d’égal à égal car l’arrêté municipal suspendu temporairement sera peut-être réactivé par le maire d’ici la fin de l’année 2014.
Le pharmacien Osman met en cause les décisions annoncées par Omar Hjira le 16 octobre dernier qui n’ont toujours pas été mises en oeuvre. Il cite notamment la promesse municipale non tenue de consacrer un budget de 2 MDH pour transférer et remplacer les oliviers vers des endroits moins nocifs pour la santé des habitants.
Même s’il assure que les déracinements d’oliviers ont presque cessé, il affirme que la municipalité a été dépassée par l’arrachage clandestin même après avoir décidé d’interdire l’abattage des oliviers. Affirmant que depuis le 16 octobre dernier, plusieurs centaines d’arbres ont été abattus impunément par des vendeurs clandestins, il nous renvoie aux images d’une vidéo tournée ce mercredi 26 novembre d’un impressionnant stock de bois trônant devant le four à pain «Habous» de la ville.
Face à une commune «désemparée qui ne maîtrise plus la situation», les administrateurs du groupe de défense de l’olivier ont planché sur des pistes de travail pour pallier les défaillances municipales. Soulignons que malgré nos nombreuses tentatives téléphoniques de le contacter, le maire Omar Hjira est resté injoignable pendant toute la journée d’aujourd’hui.
Les programme de l’association « Citoyen et environnement oriental » (CEO) porte sur 10 points:
- Une caravane médicale pour les allergiques sponsorisé par les laboratoires médicaux.
- Replanter des arbres dans les écoles grâce au sponsoring des eaux et forets et du MEN
- Répertorier tous les arbres de la ville d’Oujda grâce à l’aide de l’Université Mohamed 1er
- Proposer une loi imposant la plantation d'arbres aux promoteurs (Agence urbaine)
- Déposer une Action en justice contre l'arrêté municipal polémique
- Installer des capteurs de pollen avec l’appui du Ministère de la santé
- Installer de points de mesure de pollution urbaine
- Signaler systématiquement les dysfonctionnements flagrants de la gestion des ordures
- Instaurer une cellule de veille des dégradations d'infrastructure urbaine
- Mettre en place un site internet informatif qui publie régulièrement ses activités
Cette plate-forme de travail née suite à l’engagement d’un simple groupe de contestataires va se transformer en un mouvement structuré qui permettra de porter le combat sur le terrain législatif et judicaire. Ils se réservent la possibilité d’attaquer devant le tribunal administratif l’équipe municipale d’Oujda si le maire décidait à l’issue du 31 décembre prochain de remettre en application son arrêté.
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