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Inondations. Les dégâts étaient-ils inévitables? Des ingénieurs répondent

Les inondations meurtrières qui ont ravagé ce week-end le sud du Maroc ont causé le décès de 32 personnes dont 24 dans la province de Guelmim, selon le dernier bilan officiel. Ces pertes humaines auraient-elles pu être évitées? Le Maroc dispose-t-il de système d’alertes aux crues?  

Inondations. Les dégâts étaient-ils inévitables? Des ingénieurs répondent
Hamza Mekouar
Le 25 novembre 2014 à 17h52 | Modifié 25 novembre 2014 à 17h52

«Quand nous avons affaire à des intempéries exceptionnelles comme ce fus le cas ce week-end, les dégâts peuvent être atténués grâce à des dispositifs de secours et d’alerte rapide», explique cet ingénieur des travaux publics spécialisé dans les barrages.

Quels sont ces dispositifs de secours? «Il existe des systèmes automatisés de prévision et d’alerte aux crues qui identifient les risques et alertent la population», précise pour sa part Rachid Bennani, ingénieur dans le domaine des ressources en eau à CID Maroc, entreprise leader de l'ingénierie marocaine.

«Pour ce faire, chacune des Agences des bassins hydrauliques du Maroc doit recenser les points d’inondations (appelés points noirs, NDLR), ensuite mesurer les débits de crue via des logiciels pour connaître les zones menacées», ajoute-t-il.

Ainsi, dès lors qu’elle dispose de ces informations, l’agence en question peut prendre des mesures structurelles comme proposer des projets d’aménagement de cours d’eau: barrages, canalisations pour maîtriser le flux, endiguements, curage pour remuer le fond du lit des cours d'eau…

L’agence peut aussi prendre des mesures non structurelles, comme la mise en place d’une station d’annonce de crues dans les zones menacées par les inondations. Pour faire court, la station mesure le débit en amont des zones menacées et permet de détecter la genèse d’une crue. Dans ce cas, l’agence lance une alerte et les autorités évacuent les zones menacées.

La première région à s’être dotée de ce type de système est la localité d’Ourika, au lendemain des inondations qui avaient ravagé la vallée en 1995 et qui avaient fait des centaines de morts. Ce système de prévention et d’alerte générale «made in Japan» a coûté 50 millions de DH et a permis par la suite qui d’éviter de nombreuses catastrophes.

Le bassin du Bouregreg dispose lui-aussi d’un système de gestion performant qui permet de suivre en amont les crues. «Ce système équipé de 128 radars est opérationnel depuis 2011 et a coûté 14 millions de DH dans le cadre d’un financement franco-marocain» nous confie Abdelaziz Zerouali, directeur de l’Agence du Bassin Hydraulique du Bouregreg.

Guelmim, où les intempéries exceptionnelles ont fait le plus de dégâts (24 morts, selon le dernier bilan), «les trois principaux Oueds sont équipés de stations d’alerte», selon Mhamed El Fasskaoui, directeur de l'Agence du bassin hydraulique du Souss. Mais selon lui, les inondations qui ont ravagé la région ce week-end ne venaient pas des Oueds, mais des talwegs (lignes qui rejoignent les points les plus bas du lit d'un cours d'eau), lesquels ne sont pas équipés de systèmes d’alerte. « Il en existe une centaine dans la région, et les équiper toutes serait extrêmement coûteux. En plus, il faut mobiliser du personnel et du matériel de mesure et de suivi pour chaque talweg, ce qui est techniquement impossible», souligne Mhamed EL Fasskaoui.  

Outre la prévision des crues par les Agences des bassins hydrauliques du Maroc, les sociétés d’assainissement et les communes sont de leur côté en charge de la gestion des inondations dans les villes comme Casablanca et Rabat, où il arrive que les rues et les artères se transforment  en fleuves.

« A Rabat, les inondations sont exclusivement dues à des problèmes d’assainissement pluvial, c’est-à-dire que le réseau d’assainissement pluvial est sous-dimensionné. A Casa, les inondations sont également dues à une insuffisance du réseau pluvial », explique M. Bennani.

Comment y remédier ? « Il faut agrandir les canalisations existantes qui sont bien souvent trop étroites. Ces travaux sont onéreux mais importants», explique un ingénieur des travaux publics.

« A Casablanca, les inondations urbaines sont également dues à l’oued Bouskoura qui se met de temps en temps en crue et occasionne des dégâts dans la zone de la route d’El Jadida», poursuit M. Bennani.

Longtemps attendue, la construction d’un tunnel pour acheminer les eaux de l’oued Bouskoura vers l’océan a été récemment lancée. « Nous sommes en train d’installer un radar à Bouskoura pour déterminer en temps réel le débit qui va transiter vers le tunnel», souligne le DG de l’Agence du Bouregreg. 

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Hamza Mekouar
Le 25 novembre 2014 à 17h52

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