Près de 158.000 “esclaves” au Maroc!
Selon un rapport publié par l'ONG Walk Free, l'esclavage moderne touche 35,8 millions de personnes à travers le monde, un chiffre en hausse de 20% par rapport à 2013. Le Maroc compte 158.000 esclaves, ce qui le place à la 55e position sur les 167 pays couverts par l’étude.
En une année, la population réduite en esclavage « moderne » a triplé au Maroc, passant de 50.000 à 158.000 victimes, soit 0,48% de la population marocaine. Les chiffres sont de l’ONG australienne Walk Free, qui publie son rapport 2014 recensant toutes les formes d'exploitation humaine dans le monde et établissant le classement des pays.
Dans sa version dite « moderne », l’esclavage prend plusieurs formes : traite d’êtres humains, travail forcé, servitude domestique, mendicité forcée, exploitation sexuelle, mariage forcé ou arrangé...
En nombre absolu, c’est-à-dire sans prendre en compte le nombre d’esclaves par rapport à la population, le royaume arrive à la 29e position. Au niveau de la région MENA, il est 10e, derrière l’Algérie et devant la Jordanie. Le Qatar est premier de la région, en raison de ses milliers de travailleurs migrants souvent d’origine asiatique, exploités sur des chantiers ou comme domestiques dans des familles. Le richissime émirat est suivi par la Syrie et les Emirats arabes unis, alors qu’en bas du classement se trouve Israël.
Au Maroc, il manque des lois pour criminaliser l’esclavage
Le rapport met aussi en avant les efforts des pays pour lutter contre l’esclavage moderne et dresse un classement des pays qui ont mis en place des lois pour criminaliser certaines formes d’esclavage moderne. Dans ce classement, le Maroc arrive à la 156e place.
Et pour cause, « les services d’assistance sont faibles et la législation marocaine reflète l'absence de soutien social ou juridique pour les victimes, une population actuellement non reconnue », note le rapport, sans fournir plus de détails sur les formes d’esclavage présentes au Maroc.
Cela pourrait néanmoins être le phénomène des «petites bonnes», la mendicité forcée ou le mariage forcé.
Cinq pays regroupent près des deux tiers des victimes
L’organisation a comptabilisé 35,8 millions de personnes réduites en esclavage, un chiffre en hausse de 20% par rapport à 2013. Cette forte hausse n’est pas due à une explosion du nombre de cas, mais plutôt à une meilleure méthodologie utilisée par l’ONG.
Cinq pays regroupent près des deux tiers des victimes : l’Inde arrive largement en tête avec 14,3 millions de victimes, devant la Chine, (3,2 millions), le Pakistan (2,1), l’Ouzbékistan (1,2) et la Russie (1,1). Suivent le Nigeria, la République démocratique du Congo, l’Indonésie, le Bangladesh et la Thaïlande.
La Mauritanie connait la plus forte proportion de victimes
Si l’on examine le pourcentage de la population réduite en esclavage, la Mauritanie connait la plus forte proportion de victimes d’esclavage moderne (4%) : «L’esclavage est enraciné dans la société mauritanienne (…), le statut d’esclave est héréditaire», souligne le rapport.
Elle est suivie par l’Ouzbékistan (3,97%), où chaque automne, plusieurs millions d’Ouzbeks sont contraints par le gouvernement de participer à la récolte du coton, dont le pays est un des plus grands producteurs. Viennent ensuite Haïti, le Qatar, l’Inde, le Pakistan, la RDC, le Soudan, la Syrie, et la Centrafrique.
L’Islande et le Luxembourg sont les deux pays les plus exemplaires
En bas du classement, l’Islande et le Luxembourg sont les deux pays les plus exemplaires, avec seulement 100 victimes chacun, suivis par l’Irlande (moins de 300 victimes). Même si l’Europe dispose de la proportion de personnes exploitées la plus faible (1,6%), elle compte quand même 566.200 victimes, souvent d’une exploitation sexuelle ou économique. La Bulgarie, la République Tchèque et la Hongrie arrivent en tête des mauvais pays européens, mais c’est la Turquie qui compte le plus grand nombre de cas (185.500), dont notamment des mariages d’enfants, du travail forcé et de la prostitution.
Basée en Australie, la fondation Walk Free publie depuis 2013 un classement annuel sur l’esclavage. Cette ONG de défense des droits de l'homme est soutenue par l'ancienne secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et par le philanthrope et co-fondateur de Microsoft Bill Gates.
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