CAN 2015. La presse internationale juge la décision de la CAF
Si des voix se sont élevées pour dénoncer le manque de cohérence du Maroc suite à sa demande de report de la Coupe d'Afrique des nations, d’autres ont approuvé sa décision.
La seule fois où la presse mondiale s’est autant s’intéressée au football africain, c’est quand un bus de la sélection togolaise a été mitraillé à la frontière entre le Congo et l'Angola à deux jours du démarrage de la CAN 2010.
Quatre ans après cet événement tragique, elle fait de nouveau ses choux gras du football africain.
Ainsi, la décision de la CAF de dessaisir le Maroc de la compétition « a eu le droit à un sujet dans le journal de 20 heures de TF1, la première chaîne de télévision française, et fait la Une de L'Equipe du 12 novembre ce qui n’est quasiment jamais arrivé depuis la création en 1946 du grand quotidien sportif », écrit judicieusement RFI.
De son côté, Le Monde rappelle que les autorités marocaines ont accueilli des rencontres de l’équipe nationale de Guinée, interdite de matchs à Conakry par la CAF, pour des raisons sanitaires. Et le Maroc est le seul pays à avoir maintenu « par solidarité » des liaisons aériennes vers les pays frappés par le virus Ebola.
Enfin, le Maroc a maintenu l'organisation de la Coupe du monde des clubs de foot du 10 au 20 décembre, un mois avant la CAN. Le quotidien français dit « de référence » ajoute que « la Guinée est par ailleurs le seul pays – parmi les trois majoritairement touchés par le virus – encore susceptible de se qualifier pour la compétition ».
Le journal sud-africain SuperSport reste sur le même ton et se demande comment le Maroc peut justifier sa demande de report de la CAN, alors qu’il accueillera quelques semaines plus tôt la Coupe du monde des clubs.
La Gazzetta dello Sport se montre plus catégorique : pour le plus grand et le plus ancien quotidien sportif italien, la décision de la CAF de disqualifier l’équipe marocaine n’est pas contestable dans la mesure où cette dernière n’a pas participé aux éliminatoires, ajoutant que « les sanctions qu’encoure le Maroc sont logiques puisque le pays a failli à ses engagements ».
« Le Maroc craint de se faire éliminer prématurément dans la compétition »
Du côté de la presse algérienne, on évoque la crainte du Maroc de se faire éliminer prématurément dans la compétition (surtout par l’équipe algérienne) et le risque de créer un traumatisme national, comme au Brésil lors du dernier Mondial et la correction historique qui lui a été infligée par l’intraitable équipe allemande.
C’est le cas du quotidien El Watan qui assure que « parmi les raisons non avouées, beaucoup estiment que c’est purement une décision politique de peur de rater cette édition sur leur terre. En effet, disposant d’une sélection nationale de niveau moyen, les autorités marocaines craignaient tout bonnement une humiliation sur leur terre, avec les Lions de l’Atlas qui occupent le 88e rang mondial, et la 24e place à l’échelle africaine, bien loin derrière l’Algérie en tête du classement continental avec sa 15e place mondiale au classement FIFA ».
« Les raisons invoquées par le Maroc sont légitimes »
Plusieurs médias ont en revanche approuvé la décision marocaine, dictée par les raisons sanitaires.
C’est le cas de la BBC Sport, qui souligne que les raisons invoquées par le Maroc sont légitimes et qu’il a le droit de renoncer à l’organisation de la compétition s’il estime que l’épidémie d’Ebola représente une menace pour la santé de sa population.
On retrouve le même son de cloche du côté de Soccer Laduma. « Le Maroc donne la priorité à la sécurité de ses citoyens, et pour être honnête, c’est ce qui compte le plus au final ».
Dans un édito paru dans Goal, le journaliste Ed Où approuve lui-aussi la décision marocaine. « Je compatis avec le Maroc et comprends sa position. Pourquoi doit-il céder à la demande de la CAF de maintenir la compétition sur ses terres, alors que ses propres experts affirment qu'il existe un risque lié à l’épidémie d’Ebola ? ».
Coup de projecteur sur le passée tumultueux de la CAN
Pour finir, Sofoot profite de l’occasion pour rebondir sur le passé tumultueux de la plus prestigieuse compétition sportive en Afrique. « Le Maroc souhaitait reporter la CAN 2015 à cause d'Ebola, la CAF a préféré lui retirer l'organisation et lui interdire d'y participer. Un nouvel épisode dans la longue liste de forfaits et de suspensions qui colle à la Coupe d'Afrique des nations, faisant écho à l'histoire mouvementée du continent et de son football », écrit le magazine, qui fait un savoureux classement des forfaits et suspensions qui ont marqué l’histoire de la compétition.
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