Les Marocains, parmi les plus motivés par l’apprentissage du français
Le français a le vent en poupe en Afrique et notamment au Maroc qui fait partie des pays où l’on trouve le plus d’inscrits pour apprendre la langue de Molière. En 2060, nous serons plus de 750 millions à parler français.
Les « an » et les « on » restent encore un mystère abyssal pour de nombreux Maghrébins ; la langue de Molière projetée dans les rues marocaines s’apparente davantage à des interprétations personnelles particulièrement inspirées, et pourtant c’est bien dans cette région du globe que la francophonie se porte le mieux ! En effet, selon le dernier rapport quadriennal de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), la langue française peut encore compter sur de beaux jours en Afrique et dans la région Mena.
Les données récoltées entre 2010 et 2014 indiquent ainsi que le Maroc se situe dans la tranche confortable des 26 à 65 % de francophones, au même titre que ses voisins tunisiens ou algériens, mais bien devant l’Egypte où seulement 5% de la population parle français. Ces chiffres remarquables renvoient à une réalité marocaine complexe, où la langue française, - résidu historique -, grignote toujours plus de part de l’espace public, sans pour autant se hisser au rang d’idiome officiel.
Autre spécificité de l’Afrique du Nord et de la zone Mena : ces régions s’illustrent par leur capacité à réunir la majorité des apprenants de la langue. L’essentiel des élèves - soit 22 millions sur les 24 millions à travers le globe – se concentrent en effet dans six pays : le Maroc, l’Algérie, l’Egypte, la Tunisie, la Mauritanie ainsi que la Syrie.
Dans le Royaume, comme pour certains pays limitrophes, la langue française est ainsi employée comme langue d’enseignement pour certaines matières (scientifiques notamment) dans le cadre des études supérieures. C’est également au Maghreb que se trouve la part la plus importante, soit 44%, des « apprenants inscrits dans les instituts français », signe s’il en faut d’un désir explicite d’apprendre et de pratiquer cette langue.
Si le Maghreb fait office de bon élève, c’est l’Afrique dans son ensemble qui assure l’avenir de la francophonie. Le rapport de l’OIF souligne en effet que le continent rassemble 54,7 % des francophones devant l’Europe et ses 36,4 %. L’Afrique subsaharienne enregistre à elle seule un bond de 15% au cours de ces quatre dernières années, pendant lesquelles la francophonie se targue d’avoir globalement progressé de 7%.
Le français ferme le top 5 des langues les plus usitées à travers la planète, derrière le mandarin, l’anglais, l’espagnol, l’arabe ou encore le hindi, « suivant les estimations » précise le rapport. Le secrétaire général de l’OIF, Abou Diouf, complète ces listes en affirmant que le français représente « la 4e langue d'internet, la 3elangue des affaires, la 2e langue d'information internationale dans les médias, la 2e langue de travail dans la plupart des organisations et la 2e langue la plus apprise dans le monde ».
« En se basant sur les projections démographiques de l'ONU, la population des pays ayant le français comme langue officielle dépassera celle des pays réunis par d'autres langues officielles communes: l'allemand, le portugais, l'espagnol, et même l'arabe », apprend-on dans ce rapport. Selon ces estimations, les francophones pourraient être 767 millions à l’horizon 2060.
Malgré ces bons indices, la francophonie reste un « géant aux pieds d’argile » selon Clément Duhaim, Administrateur général de l’OIF, cité par AFP. « S'il n'y a pas d'infrastructures scolaires, pas de formation d'instituteurs [...] les jeunes pourraient se détourner rapidement du français », craint-il.
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