Accélération industrielle, des secteurs prêts, d’autres pas encore
Le rêve de Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, prend forme mais certains projets d’écosystèmes prendront plus de temps que prévu. Après avoir épuisé les pistes matures, le plan d’accélération industrielle a besoin d’implication des fédérations sectorielles pour être élargi.
Dans quelques semaines, voire quelques jours, l’Etat s’apprête à célébrer la mise en place de l’écosystème du secteur de la chimie et parachimie.
OCP mènera la danse avec un projet industriel locomotive basé à Jorf Lasfer. Il est vrai que le plan de développement industriel d’OCP est, initialement, indépendant de la stratégie MHE, mais il s’y intègre parfaitement.
Le géant du phosphate compte parfaire son programme industriel à l’horizon 2020 avec une capacité regroupant des plateformes de productions d’engrais et d’acides.
Les phosphates ne sont pas les seuls à afficher une telle maturité industrielle. Le secteur du textile est également prêt. La convention installant les 7 écosystèmes du secteur est également prévue avant la fin de l’année. L’association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith) s’y est prise un peu plus tôt.
Bien avant l’arrivée de MHE au gouvernement, l’association avait fait appel au cabinet McKinsey pour définir les filières à potentiel tant sur le marché national qu’à l’export.
Mais pour mieux préparer son dossier, l’association se fait actuellement accompagner par le cabinet de conseil Ucotra, désigné par le ministère de l’industrie lui-même pour préparer le dossier des écosystèmes.
Rappelons que les professionnels de ce secteur vont s’engager sur un chiffre d’affaires global de 55 milliards de DH, dont 35 milliards à l’export et 20 milliards sur le marché local, ainsi que la création de 100.000 emplois directs à l’horizon 2020.
Et la question qui se pose est celle de savoir si cet objectif est réalisable? Réponse de Mohamed Tazi, directeur général de l’Amith, "oui il l’est", tout en nuançant, "si l’Etat respecte ses engagements surtout s’il a le courage et la fermeté pour régler le problème de l’informel".
Pour l'agroalimentaire, MHE prendra son mal en patience. La filière se cherche toujours. La Fédération nationale de l’agroalimentaire (Fenagri) vient à peine de lancer une étude (des sources parlent de McKinsey encore une fois) pour cadrer son potentiel et le positionnement de ses industries. Il faut donc compter un délai de 12 à 18 mois pour pouvoir présenter un écosystème ficelé. Sachant que la Fenagri n’intègre pas une filière que la copie initiale de Mckinsey, livrée en 2005 à Salaheddine Mezouar, alors ministre de l’Industrie, définissait comme la filière où le Maroc d’un vrai potentiel de démarcation.
En effet, la branche de la transformation des produits de la mer n’est pas du ressort de la Fenagri. Elle est dans le périmètre de la Fédération des nationale des industries de transformation et de valorisation des produits de la mer (Fenip). Selon Hassan Sentissi, son président, "la filière n’a pas été sollicité par la Fénagri". Et à lui de préciser "nous attendons que le chef du gouvernement tranche sur notre tutelle car nous avons demandé à être placés sous la tutelle du ministère de l’industrie au lieu de celui de l’agriculture et la pêche".
Enfin côté aéronautique, le tableau n’est pas encore clair. La filière a le vent en pompe et génère des investissements étrangers attestant de l’attractivité du pays.
Toutefois, rien ne filtre sur son d’écosystème. Hamid Benbrahim El Andaloussi, président de Gimas (Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales) se dit "en parfaite conformité avec la stratégie des écosystèmes du ministère de l’industrie" en ajoutant que la filière "est même en avance". Mais dès qu’il s’agit de décliner les contours de l’écosystème du secteur, le président du groupement se fait silencieux.
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