Tourisme : les grands chantiers de 2015
Renforcement de la compétitivité, accès au crédit, classement des établissements, promotion à l’international et formation professionnelle sont les principaux points évoqués dans le projet de loi de Finance 2015. L’année prochaine s’annonce particulièrement chargée pour le ministre du Tourisme Lahcen Haddad.
Renforcement de la compétitivité du tissu d’acteurs. Une des priorités du ministère est la refonte de loi n°31-96 portant statut des agences de voyage et celle de la loi n°61-00 portant statut des établissements touristiques. Régies par un dahir qui date de 1997, les agences de voyages peinent à se mettre dans l’air du temps. «Il ne suffit pas d’avoir 200.000 DH et de disposer un diplôme pour être agent de voyages», clame Omar Sabri, secrétaire général de la Fédération nationale des agences de voyages. Pour l’heure, aucun débat n’a encore eu lieu avec les professionnels du secteur.
Idem pour la loi sur les établissements touristiques, approuvée le 11 septembre en conseil de gouvernement. En plus d’avoir étendu le périmètre de classement aux maisons d’hôtes, riads, kasbahs, gîtes, pensions, bivouacs, voire à l’hébergement chez l’habitant, le texte introduit des référentiels de l’OMT dans l’évaluation de la qualité délivrée, dont les audits « mystères » appelés à dissuader les opérateurs récalcitrants. Reste à savoir si les opérateurs daigneront se conformer aux nouvelles exigences dans le délai fixé par la loi (24 mois à compter de son adoption).
Facilitation du financement des projets touristiques. Annoncé le 29 septembre, lors des Assises du tourisme, le fonds de garantie, encore en cours d’études, devrait voir le jour en 2015, en partenariat avec notamment le ministère des Finances et le Groupement professionnel des banques du Maroc. Son objectif : faciliter aux PME l’accès au financement bancaire, jugé par les professionnels comme le principal handicap au développement du secteur touristique.
«Le crédit accordé par les banques ne dépasse guère 40 % du coût d'investissement global avec des garanties contraignantes. En plus de l'hypothèque totale, alors que le crédit ne correspond qu'à la moitié de l'investissement, il faut obligatoirement apporter la caution personnelle, qui pose un gros problème pour l'investisseur, car elle met en danger sa famille », nous avait déclaré un grand opérateur installé à Casablanca.
Diversification du portefeuille produit. «La Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT) poursuivra son plan d’action basé sur le développement des concepts produits pour un meilleur positionnement des territoires concernés par les projets structurants, l’élaboration de rapports de planification stratégique et l’identification du foncier», indique le PLF.
Huit territoires touristiques, sur seize régions administratives, ont été identifiés avec des produits adaptés à leurs besoins et leur potentiel, sauf que l’on peine encore à financer les contrats-programme régionaux, signés… en 2013. Aux dernières Assises, il a été décidé d’attendre la loi sur la régionalisation, qui devrait, selon le département du tourisme, faciliter leur mise en œuvre. Mais cela ne résout pas le problème de fond(s).
Renforcement de la promotion et de la commercialisation. L’Office national marocain du tourisme (ONMT) aura droit à un budget plus conséquent en 2015 grâce à la taxe aérienne, nous explique Lahcen Haddad. «On n’a pas encore le montant précis que rapportera la taxe, mais la moitié des recettes ira à l’ONMT», déclare le ministre à Médias 24. L’Office dirigera son viseur vers d’autres marchés, comme la Russie, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Espagne ou encore le continent américain. Le tout avec une nouvelle approche marketing orientée digital.
Capital humain. «L’année 2015 sera marquée par la poursuite de la mise en place des écoles de formation hôtelière et touristique d’excellence et la mise à niveau des ateliers pédagogiques, équipements et infrastructures de formation», annonce le texte. Une convention pour la création de l'Ecole supérieur de management hôtelier (ESMH) a été d’ailleurs signée le 29 septembre pour définir les conditions et les modalités de partenariat pour la création et la mise en place de cette école à Tamensourt.
À découvrir
à lire aussi
Article : Mines. Où se concentre la nouvelle richesse minière du Maroc ?
Porté par la flambée des cours des métaux et la mise en service de nouveaux sites miniers en 2025, le secteur minier marocain hors phosphates a accéléré sa cadence. Alors que le plan gouvernemental vise à atteindre 15 milliards de DH à l’horizon 2030, le secteur est d’ores et déjà en passe de franchir le cap historique du milliard de dollars de revenus dès cette année. Tour d'horizon complet.
Article : LabelVie-Retail Holding. Les dessous d’une fusion inédite qui veut redessiner le retail marocain
C’est une opération peu commune sur la place casablancaise : Label Vie, société cotée, doit être absorbée par Retail Holding, sa maison mère non cotée, appelée à devenir la nouvelle entité boursière du groupe. Derrière ce montage technique, l'ambition est plus large : transformer un ensemble d’enseignes en plateforme intégrée, capable de peser davantage au Maroc comme à l’international.
Article : Avec le Waldorf Astoria, Rabat veut changer de rang dans le tourisme haut de gamme (opérateurs)
L’arrivée du Waldorf Astoria marque un tournant dans le repositionnement touristique de la capitale, estiment la ministre de tutelle ainsi que les présidents, actuel et ancien, des CRT de Casablanca et de Rabat. Entre montée en gamme, attractivité accrue et effet d’entraînement sur l’ensemble du secteur, ce projet cristallise de fortes attentes chez les opérateurs concernés.
Article : Dans son bras de fer avec la BMCI, Abdelmalek Abroun obtient la suspension d’une saisie immobilière
Premier effet tangible du redressement personnel de Abdelmalek Abroun : le tribunal de commerce de Rabat a suspendu une vente aux enchères engagée par la BMCI sur un bien immobilier du dirigeant du groupe Abroun Gold TV Sat. Détails exclusifs.
Article : Au port de Casablanca, la congestion s’aggrave et inquiète toute la chaîne logistique
Au port de Casablanca, la congestion s’est installée dans la durée, entraînant une forte hausse des coûts pour les opérateurs et des temps d’attente particulièrement élevés pour les navires. Selon des sources jointes par nos soins, le phénomène est désormais visible à l’œil nu, avec des files qui débordent largement du périmètre portuaire. Le point.
Article : Football. La Ligue professionnelle et le casse-tête juridique de l'interdiction de déplacement des supporters
Après les incidents survenus en marge de plusieurs rencontres, la Ligue nationale de football professionnel (LNFP) a décidé de restreindre les déplacements de supporters visiteurs lors des prochaines journées de Botola. Présentée comme une réponse sécuritaire à la recrudescence des violences, cette mesure soulève aussi une question juridique sensible : jusqu’où une instance sportive peut-elle limiter la liberté de circulation des citoyens ?