L’industrie automobile 1er secteur exportateur en 2014
Avec six constructeurs présents et plus de 450 professionnels présents, la 4e édition des Automotive Meetings de Tanger (AMT) confirme les bonnes tendances de l’industrie automobile marocaine.
Les constructeurs Tata, Renault, Peugeot, Citroën, Nissan et Ford sont présents à Tanger cette semaine aux 4èmes AMT. Si le Malaisien Proton n’est finalement pas venu, en revanche Fiat-Chrysler s’est invité comme sponsor en dernière minute.
Le constructeur italo-américain (Fiat, Chrysler, Lancia, Jeep et Maserati) indique qu’il est là «d’abord pour présenter l’offre de sa filiale d’équipements automobiles Magnetti Marelli» spécialisée dans les éclairages et les instruments de mesures, compte-tours et compteurs kilométriques.
Le ministre de l’Industrie Moulay Hafid Elalamy qui a prononcé un discours et tenu une longue séance d’échanges avec la presse n’est pas loin de penser que «le secteur automobile est parti pour être premier secteur exportateur marocain en 2014», les chiffres définitifs restant à confirmer. Signe des temps, le premier employeur privé du pays s’appelle Sumitomo avec 16.000 salariés et huit usines.
Sumitomo premier employeur privé du pays et Fiat-Chrysler en observateur
Depuis 2013 avec 31,3 MMDH de chiffres d’affaires, le secteur automobile est deuxième dans la liste des secteurs exportateurs avec une croissance attendue supérieure à 20% en 2014. Cela rapprocherait les performances de Renault-Maroc et des équipementiers à près de 38 MMDH.
Du côté du président de l’Association marocaine de l’industrie et de la construction automobile (Amica), Hakim Abdelmoumen, on n’a aucun doute sur les résultats à fin 2014: «L’automobile est premier secteur exportateur» a-t-il indiqué dans son discours introductif à ces journées B to B qui se prolongent jusqu’au vendredi 31 octobre.
Hakim Abdelmoumen ne veut pas encore parler de réussite, «mais de début de réussite». Il rappelle le chemin accompli depuis la dernière édition des AMT : La montée en puissance de Renault, l’arrivée d’une douzaine de nouveaux équipementiers, la mise en place du Fonds de développement industriel (FDI), l’organisation de la filière en métiers et le succès du premier salon de la sous-traitance automobile tenu à Tanger en avril dernier.
Le patron de TMSA Fouad El Brini qui coiffe le port de Tanger Med, la Tanger Free Zone et la nouvelle Tanger Automotive City (TAC) rappelle tout ce qui n’existait à Tanger il y a 10 ans: ni Tanger Med, ni usine Renault, ni Institut de formation aux métiers de l’automobile, ni TAC.
Au niveau national, le secteur automobile marocain compte aujourd’hui près de 160 unités industrielles et plus de 85 000 emplois.
Ecosystèmes, top 35 et... astres
L’objectif de ces AMT est de construire des «écosystèmes efficients» selon ses organisateurs. Moulay Hafid Elalamy a souligné que «l’argent du FDI irait aux entreprises qui créent de l’emploi et qui contribuent à la consolidation des écosystèmes».
L’Amica et le ministère ont déterminé une dizaine de filières qu’il s’agit de développer dont la logistique, l’approvisionnement en matières premières et la maintenance.
Plasturgie, câblage, emboutissage, sièges, systèmes de sécurité et électronique existent à des degrés divers et il s’agit aussi de les renforcer. Les responsables de l’Amica estiment «à 400 M d’euros le volume d’achats à l’étranger qui peut être économisé».
A Tanger, ce mercredi, cinq contrats de développement des écosystèmes de câblage, des intérieurs de véhicules et sièges, de l’emboutissage, des batteries et des mesures transverses ont été signés entre les professionnels et le ministère de l’Industrie, en présence du ministre des Finances Mohamed Boussaïd.
13 nouvelles conventions d’investissements pour la création de nouvelles unités industrielles ont été signées avec Lear, Faurecia, Delphi et GMD et des nouveaux arrivants sur marché marocain tels que Alfa Gomma (fil électrique) et Acome (tuyaux hydrauliques). Montant global : 1,4 MMDH.
Un accord entre l’OFPPT et l’Amica a également été paraphé concernant la formation professionnelle.
Absent des écrans du secteur automobile jusqu’à il y a deux ans, le Maroc se situe désormais dans le top 35, au 30ème rang, devant les industries automobiles suédoise et portugaise. Le Maroc dispose d’une capacité de production de 435.000 véhicules, 360.000 sur Tanger et 75.000 sur la Somaca. 230.000 véhicules devraient être produits en 2014 et 250.000 en 2016, contre 156.000 en 2013.
«L’automobile devient un vrai secteur industriel sur lequel le Maroc peut s’appuyer» a indiqué le ministre de l’Industrie. «Il y a un moment où l’on peut dire que les astres s’alignent». L’automobile, nouvelle étoile du paysage industriel marocain?
Sur 500.000 emplois attendus du Plan d’accélération industrielle 2014-2020, 96.000 doivent provenir du secteur automobile. A ce jour, la création de 56.000 emplois est engagée.
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