Fitch ratings maintient la note du Maroc
Le Maroc conserve son Investment grade décerné par Fitch Ratings. L’agence a reconduit la notation de la dette souveraine du Maroc avec perspectives stables, confirmant le BBB- pour la dette non garantie à long terme en devises et le BBB pour la dette non garantie à long terme en monnaie locale.
La notation BBB- du Maroc s’explique par les facteurs suivants :
- La stabilité politique et macro-économique du Maroc dans un environnement régional et mondial volatile. La croissance du PIB a bien résisté malgré la faiblesse de la demande extérieure de l'Europe, partenaire économique clé du Maroc, écrit l’agence.
Fitch rappelle les déficits jumeaux ont atteint un pic en 2012 mais depuis cette date, la tendance est à la baisse, soutenue par "une forte volonté politique de réforme, comme illustré par la suppression progressive des subventions budgétaires sur l'énergie".
- Fitch prévoit que le déficit du gouvernement central va réduire à 5% du PIB en 2014 et 4,5% en 2015 (NDLR : les prévisions officielles tablent sur 4,9% et 4,3%), principalement en raison de la baisse des dépenses sur les subventions et de la maîtrise des dépenses courantes.
Suite à la réforme des subventions, le déficit budgétaire est beaucoup moins dépendant de la volatilité des prix du pétrole.
- Fitch prévoit que le déficit du compte courant se réduira à 6,7% du PIB en 2014 puis 5,8% en 2015 et 4,9% en 2016 (contre 7,6% en 2013 et 9,7% en 2012), en raison de la rigueur budgétaire, la montée en puissance des exportations industrielles (notamment les métiers mondiaux du Maroc) et un environnement global amélioré. Les réserves officielles de change se renforcent.
- La croissance de la production non-agricole s’est accélérée à 4% en 2014 (contre 2,3% en 2013), soutenue par l'expansion des nouveaux secteurs industriels, le secteur du tourisme (+8% d'arrivées au cours des sept premiers mois de l'année) et une certaine reprise de la demande intérieure.
Fitch prévoit que la croissance va monter à 4,3% en 2015 puis à 4,8% en 2016, soutenue par des réformes et une amélioration de l'environnement mondial. Le risque principal serait le maintien d’une conjoncture morose en Europe, qui représente 80% des touristes étrangers, 66% des exportations et 72% des transferts de fonds au Maroc.
- Le Maroc continue de bénéficier d'un fort soutien officiel externe dont le renouvellement récent de la ligne de précaution du FMI ainsi que les dons des pays du Conseil de coopération du Golfe pour une valeur de 5 milliards de dollars (5% du PIB).
-Les indicateurs structurels sont généralement plus faibles que ceux des pays qui ont la même notation : indice du développement humain, PIB par habitant médian, indicateurs de gouvernance et climat des affaires.
Ce qui peut influer la notation à l’avenir :
En positif:
- Réduction substantielle des déficits jumeaux du Maroc
- Meilleure trajectoire de croissance qui faciliterait une augmentation des revenus par habitant et une amélioration des indicateurs sociaux (par exemple, le chômage des jeunes et la pauvreté)
En négatif:
- Une éventuelle incapacité à réduire le déficit budgétaire
- Faible croissance et une forte hausse de la dette extérieure nette face à des chocs externes, tels que la performance plus faible que prévu de la zone euro
- Instabilité sociale.
Fitch s’attend à une stabilisation de l’endettement et à une baisse des déficits jumeaux, avec reconstitution progressive des réserves de change. L’agence supposeégalement la poursuite des réformes dans un contexte de stabilité politique et sociale.
Fitch table sur une reprise économique progressive dans la zone euro, et une baisse des prix du pétrole qui atteindraient 95 dollars le baril en 2016.
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