Abdellatif Chentouf, nouveau président du Club des magistrats, dévoile son plan d’action
Le président du Club des magistrats, fraîchement élu, souhaite que la profession soit associée au fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature. Il entend aussi défendre les acquis sociaux de ses pairs et faire mieux connaitre les actions du club aux médias à la société civile.
Une nouvelle ère s’annonce dans le milieu des magistrats. Déjà, cette année, certains d’entre eux sont sortis de leur mutisme séculaire pour exprimer leur point de vue. Le projet de réforme de la justice et notamment le projet de loi organique sur le statut de la magistrature et celui sur le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, ont fait couler beaucoup d’encre.
Une organisation professionnelle s’est particulièrement distinguée, celle du Club des magistrats, avec d’une part des sorties médiatiques fustigeant leur tenue à l’écart des discussions autour de la charte et surtout la radiation du juge Mohamed Anbar, ancien vice-président.
Depuis le 18 octobre, les instances du club des magistrats ont été renouvelées. Le juge Abdellatif Chentouf a été élu président de l’organisation. Il était en lice avec trois autres postulants, les magistrats Adil Fath, Siham Bensous et Mustapha Sunni Alami. Sur les 600 juges participant au scrutin, Abdellatif Chentouf a remporté la moitié des voix.
« L’élection des instances du club des magistrats dans les délais est en soi une victoire », lance d’emblée le juge Abdellatif Chentouf, président fraîchement élu à la tête de l’association pour un mandat de trois ans. Désormais, nos juges parlent en termes de stratégie et de plan d’action.
« Les instances auront un programme de travail qui s’articulera autour de l’amélioration des acquis. Les juges donneront leur avis sur tous débats publics touchant au domaine judiciaire » explique Abdellatif Chentouf. Sur le plan juridique, les efforts focaliseront sur l’application de la constitution et tout particulièrement sur la loi organique relative au Conseil supérieur de la magistrature.
A ce sujet, les juges comptent participer « au mode de fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature, une fois constitué. En l’occurrence, nous travaillerons sur les critères individuels statutaires des magistrats pour tout ce qui concerne les mutations, les rémunérations… », indique-t-il
De nombreux dossiers sont à l’ordre du jour. « Les questions d’ordre social vont être prises en compte. Elles ont trait notamment à l’extension de la couverture de l’assurance maladie ou encore au développement des prestations des œuvres sociales », explique le juge Chentouf.
Autre chantier : la communication. « Nous essayerons d’ouvrir le dialogue avec les ONG, les associations de la société civile et les medias. Ces derniers ont un rôle important à jouer dans le contrôle de la séparation des pouvoirs judiciaire, législatif et exécutif », précise-t-il. « Nous consoliderons les liens afin de lever tous malentendus », dit-il.
En interne, « les structures propres au club des magistrats évolueront vers plus de professionnalisme, surtout en matière de procédure administrative », conclut-il.
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