230.000 ha de terres agricoles seront équipées en micro-irrigation
Convention de partenariat entre le ministère de l’Agriculture, CAM et l’Amiag pour l’irrigation en goutte-à-goutte de près de 230.000 hectares. Le point sur un procédé révolutionnaire qui permettra d’économiser au moins 40% d’eau annuellement.
Aziz Akhannouch avait officiellement lancé mercredi 15 octobre à El Jadida la campagne agricole 2014-2015. Dans la même journée, le Groupe Crédit Agricole du Maroc a signé une convention de partenariat avec le ministère de l'Agriculture et de la pêche maritime et l'Association marocaine de l'irrigation par aspersion et goutte à goutte (Amiag). L’objectif est de financer des projets de reconversion collective à l'irrigation localisée, appelée micro-irrigation ou goutte-à-goutte. 230.000 ha ont été identifiés.
Cette convention de partenariat vise l'accompagnement et le financement de projets de reconversion collective à l'irrigation localisée dans tous les périmètres irrigués. Pour l’heure, 230.000 hectares on été identifiés à Doukkala, Tadla, Loukkos, le Gharb, Tafilalt, Souss, Al Haouz et la Moulouya, explique à Médias 24 El Mostafa Chehhar, Directeur du pôle vert du groupe Crédit Agricole du Maroc (CAM).
A travers cette convention, CAM s’engage à accompagner financièrement la conversion et l'équipement de cette superficie en systèmes économes d'eau.
A titre comparatif, un barrage agricole moyen peut irriguer entre 50.000 et 60.000 hectares. Cela signifie que cette nouvelle convention équivaut à environ 4 barrages.
Les projets financés feront l'objet d'un contrat entre la société prestataire membre de l'Association marocaine de l'irrigation par aspersion et goutte-à-goutte et des groupements d'agriculteurs (associations ou coopératives).
En effet, le ministère invite les agriculteurs à s’organiser en groupement d’utilisateurs. Il procèdera ensuite à l’étude technique de l’installation de la mini-irrigation dans la région concernée, et fera appel à la candidature des prestataires, c’est-à-dire aux sociétés membres de l’AMIAG.
Suite à l’ouverture des plis et à l’approbation de la société retenue, un contrat commercial entre l’association et le prestataire est signé, avec la supervision des services régionaux d’irrigation du ministère de l’Agriculture.
Les projets retenus sont subventionnés à 100% par le Groupe CAM, qui se fera ensuite rembourser par le Fonds de développement agricole (FDA). CAM s'engage à travers cette convention à s'investir par son conseil, son expertise et son parrainage dans l'accompagnement des sociétés membres de l'AMIAG, tout en leur octroyant des conditions préférentielles et en exigeant peu de garanties.
En somme, un montage sécurisé pour toutes les parties qui permettra surtout d’économiser beaucoup d’eau et d’atteindre les objectifs du Plan national de l’économie d’eau. Enfin, l’agriculteur n’aura plus affaire à plusieurs intervenants et aura à l’avenir la possibilité de prendre un crédit plus facilement.
«Il faut coordonner les efforts, avoir des objectifs communs. Grâce à la mobilisation de toutes les parties prenantes, nous arrivons à faire des montages dans l’intérêt de tout le monde», estime M. Chehhar.
La micro-irrigation peut aider à réaliser d'importantes économies d'eau
La micro-irrigation consiste à distribuer l’eau par un réseau de canalisations sous faible pression, apportant l’eau à un voisinage immédiat des plantes cultivées.
Si elle est correctement conçue, installée et contrôlée, la micro-irrigation peut aider à réaliser d'importantes économies d'eau, mais aussi d’engrais puisque celui-ci peut être ajouté directement dans l’eau.
En revanche, cette technique demeure peu répandue (moins de 2% des surfaces cultivées au niveau mondial) étant donné que le coût initial d’installation est relativement élevé.
Au Maroc, le coût d’un hectare peut varier, selon le système adopté ou le type de culture…les prix varient de 10.000 DH pour une installation (très) basique à près de 36.000 DH pour une grande superficie avec une technologie plus avancée. Le prix moyen est de 25.000 DH par hectare.
Malgré cet investissement qui semble conséquent, et notamment, pour les grandes superficies, l’amortissement peut se faire au bout de quelques années puisque la micro-irrigation permet d’économiser au moins 40% d’eau annuellement, ce qui réduit la facture d’eau et améliore le revenu de l’agriculture.
L’économie d’eau, priorité du PMV
Plus globalement, l’économie d’eau est l’un des principaux axes du Plan Maroc Vert. Le département de l’Agriculture a en effet élaboré une stratégie pour l’économie d’eau et sa valorisation en agriculture irriguée. L’objectif fixé est d’équiper en irrigation localisée près de 50% de la superficie totale aménagée au niveau national.
Pour cela, le Programme national d’économie d’eau en irrigation (PNEEI) s’inscrit dans les mesures transverses du Plan Maroc Vert. Il consiste en une conversion massive de l’irrigation de surface et par aspersion à l’irrigation localisée, sur une superficie de près de 550.000 ha pendant une période de 10 ans; soit un rythme d’équipement moyen de près de 55.000 ha/an.
Depuis le lancement du PMV en 2008 à ce jour, les superficies équipées en goutte-à-goutte ont enregistré une augmentation de 127% pour passer à 410.000 hectares. Ce qui nous rapproche des objectifs du Plan national de l’économie d’eau.
Dès les années 1950, le Maroc s’est lancé dans politique de construction et d’édification de barrages qui a permis d’accroître considérablement les surfaces irriguées. Mais encore faut-il rationaliser l’utilisation de l’eau, car avec des systèmes d’irrigation comme le gravitaire et l’aspersion, une partie importante des ressources est gaspillée.
À découvrir
à lire aussi
Article : Mines. Où se concentre la nouvelle richesse minière du Maroc ?
Porté par la flambée des cours des métaux et la mise en service de nouveaux sites miniers en 2025, le secteur minier marocain hors phosphates a accéléré sa cadence. Alors que le plan gouvernemental vise à atteindre 15 milliards de DH à l’horizon 2030, le secteur est d’ores et déjà en passe de franchir le cap historique du milliard de dollars de revenus dès cette année. Tour d'horizon complet.
Article : Label Vie-Retail Holding. Les dessous d’une fusion inédite qui veut redessiner le retail marocain
C’est une opération peu commune sur la place casablancaise : Label Vie, société cotée, doit être absorbée par Retail Holding, sa maison mère non cotée, appelée à devenir la nouvelle entité boursière du groupe. Derrière ce montage technique, l'ambition est plus large : transformer un ensemble d’enseignes en plateforme intégrée, capable de peser davantage au Maroc comme à l’international.
Article : Avec le Waldorf Astoria, Rabat veut changer de rang dans le tourisme haut de gamme (opérateurs)
L’arrivée du Waldorf Astoria marque un tournant dans le repositionnement touristique de la capitale, estiment la ministre de tutelle ainsi que les présidents, actuel et ancien, des CRT de Casablanca et de Rabat. Entre montée en gamme, attractivité accrue et effet d’entraînement sur l’ensemble du secteur, ce projet cristallise de fortes attentes chez les opérateurs concernés.
Article : Dans son bras de fer avec la BMCI, Abdelmalek Abroun obtient la suspension d’une saisie immobilière
Premier effet tangible du redressement personnel de Abdelmalek Abroun : le tribunal de commerce de Rabat a suspendu une vente aux enchères engagée par la BMCI sur un bien immobilier du dirigeant du groupe Abroun Gold TV Sat. Détails exclusifs.
Article : Au port de Casablanca, la congestion s’aggrave et inquiète toute la chaîne logistique
Au port de Casablanca, la congestion s’est installée dans la durée, entraînant une forte hausse des coûts pour les opérateurs et des temps d’attente particulièrement élevés pour les navires. Selon des sources jointes par nos soins, le phénomène est désormais visible à l’œil nu, avec des files qui débordent largement du périmètre portuaire. Le point.
Article : Football. La Ligue professionnelle et le casse-tête juridique de l'interdiction de déplacement des supporters
Après les incidents survenus en marge de plusieurs rencontres, la Ligue nationale de football professionnel (LNFP) a décidé de restreindre les déplacements de supporters visiteurs lors des prochaines journées de Botola. Présentée comme une réponse sécuritaire à la recrudescence des violences, cette mesure soulève aussi une question juridique sensible : jusqu’où une instance sportive peut-elle limiter la liberté de circulation des citoyens ?