Le Maroc attaqué par un journal égyptien pour la date de l’Aïd
Il ne s’agit pas de critique, mais d’une attaque en bonne et due forme. Le journal égyptien Sada El Balad s’est livré à une attaque en règle contre le Royaume qui a eu l’outrecuidance de fêter l’Aïd le dimanche 5 octobre.
“C’est de l’ignorance. Elle est provoquée par le nombre croissant de laïcs dans ce pays. Le Maroc a brisé l’unité du monde musulman. Il fallait suivre l’Arabie saoudite. L’Aïd des Marocains est illicite.“ Telles sont quelques uns des violentes accusations portées contre le Royaume dans un journal égyptien de premier plan.
On le sait, le monde musulman reste divisé sur la date des fêtes religieuses, le problème se pose chaque année. En ce mois d’octobre 2014, la plupart des pays musulmans fêtent l’Aïd le samedi 4 octobre. Le Maroc et la Mauritanie le 5 octobre. Et le Pakistan le lundi 6 octobre.
De ces trois pays, l’honorable journal du pays du Nil choisit le Maroc. C’est sur lui qu’il braque ses canons. Malgré les 6.000 km de distance.
Il aurait pu choisir comme sujet l’absence de consensus dans la fixation des dates des fêtes religieuses, problème récurrent dans le monde musulman. Non, il choisit le Maroc.
Et c’est déjà curieux.
L’article est mis en ligne à 07.43 le dimanche, heure égyptienne. A cette heure là, le Maroc dort encore. Mais le journal explique à ses lecteurs que le Maroc vient de fêter l’Aïd et que la prière a déjà été présidée par le Souverain.
L’article commence par une affirmation invérifiable et, nous le savons bien, infondée: “le Maroc a fêté l’Aïd le dimanche, ce qui a provoqué un état de polémique et de ressentiment au sein des musulmans“.
Trois experts ouléma sont ensuite invités à étayer cette affirmation. Un Alem d’Al Azhar, le second d’un Centre d’études islamiques, et la troisième, enseignante à Al Azhar. A la lecture de ces déclarations, on est autant consterné pour la grande Egypte que pour l’institution d’Al Azhar.
Le Maroc doit suivre l’observation saoudienne, lit-on avec étonnement, surtout lorsque l’on sait que cela n’a pas toujours été le cas en Egypte. Tout ce qui est basé sur une observation au Maroc n’est pas licite, ajoute-t-on. Le consensus a été brisé, ajoute un autre. La date marocaine “est illicite“, accuse celui là. Seule l’observation saoudienne est licite, car c’est en Arabie saoudite que se déroule le pèlerinage, ajoute-t-il. Il s’agit d’une décision étrange, sans fondement et qui consiste à interpréter l’islam selon les états d’âme et sentiments de chacun et non selon la réalité, poursuit-il.
Enfin, une enseignante ou présentée comme telle, affirme que c’est une situation qui illustre l’état d’ignorance dans lequel se trouve le Maroc.
En conclusion, le choix du sujet et l’angle sous lequel il a été attaqué par le journal, est très étrange et ressemble à une attaque délibérée, un article de commande. Pour cette attaque, trois experts ont été sollicités et ils ont répété les mêmes propos de condamnation, sans que l’on sache si cette condamnation est le fait d’Al Azhar ou une manipulation du journaliste.
Pour ce qui concerne Al Azhar, on se demandait s’il allait garder un certain leadership sunnite. Là, on a eu la réponse.
Pour ce qui concerne l’Egypte, on voit bien que la révolution a permis d’obtenir une seule forme de liberté d’expression: celle qui consiste à diffamer le Maroc.
Pour ce qui concerne l’Islam, nous préférons l’Islam marocain et à ce titre, nous aurions beaucoup à dire.
Pour ce qui concerne les avancées de la science et la rigueur de l’observation de la Lune, le Maroc est salué internationalement et dans tout le monde musulman.
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